‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 141 sur 265 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

qu'une seule mention distincte, qui se rapporte au règne de Gordien ^

Des autruches figuraient déjà dans les premières grandes chasses [venationes] du cirque^. Commode les abattait à la course avec des flèches tournées en croissant^. Le premier Gordien, étant édile, fournit pour son sixième spectacle, entre autres bêtes, trois cents autruches de Mauritanie, teinles en rouge*.

Après l'autruche, des grues dressées sont les seuls oiseaux mentionnés dans les spectacles de ces véneries^. Quant aux perroquets et à] d'autres oiseaux rares et de beau plumage, on se bornait à les exposer aux regards du peuple et on s'en servait probablement aussi pour l'ornement du forum, lors des spectacles^.

Telles étaient, que nous sachions, les seules espèces d'animaux exotiques qui fussent employées à Rome, dans la vénerie officielle, avant l'édilité de Scaurus. Il nous reste, maintenant, à parler aussi des espèces d'Europe.

Ours. — On en tirait de la Lucanie^, de la Fouille et

1 Voir sa biographie, chap. xxxiii :

Belbi, id est hysenee decem.

2 Plaute, Persttj II, 2, 17 :

Vola curriculo

Istuc marinus passer per circum solet.

3 Hérodien, I, 15, 5. — Voir aussi Dion Cassius, LXXII, 20. * Vie de Gordien I, chap. m.

5 Dion Cassius, LXVI, 25.

6 Varron, R. R., III, 9, 7 : Gallinâe rusticœ.... in ornalibus publiais poni soient cum psiltacis ac merulis albis, item aliis id genus rébus inusitatis.

7 Varron, VI, éd. de Deux-Ponts, p. 89. — Livre des spectacles de Martial, 8. — Galien, De aliment. facultatibuSy 3, 2; éd. Kuhn, VI,

de la Dalaiatie'. En 61 av. J.-G. cependant, L. Domitius Ahénobarbus, édile curule, en fournit aussi le premier cent de la Numidie, où l'ours était commun alors, comme l'attestent une foule de passages des auteurs anciens ^ et paraît Ta voir aussi parfaitement admis ^ depuis, le célèbre Cuvier. Les jeux ne consommaient guère moins d'ours que de bêtes félines d'Afrique. Ainsi P. Servilius, comme préteur, donna trois cents ours pour cet usage; Caligula et Néron en fournirent chacun quatre cents, Commode en tua cent et Gordien I en procura jusqu'à mille en un seul jour, indépendamment de cent animaux d'Afrique^.

Les taureaux, dont il est très -souvent fait mention, étaient naturellement d'un usage fort commun. Depuis Fan 79 av. J.-C. on les mit souvent aux prises avec l'éléphant^; dans les temps postérieurs, plus particulièrement avec des hommes \

Des combats de soixante sangliers , lâchés les uns contre les autres, sous Septime Sévère, en 202 après J.-C, de cent cinquante sous les Gordiens et de mille sous Probus, sont mentionnés par un historien du premier de ces règnes^ et les biographes des empereurs suivants, dans l'Histoire Auguste,

Le gibier ordinaire et toute sorte de bêtes fauves apprivoisées, compris sous la dénomination générale d'animaux

1 Symmaque, Lettres, X, 13, 15 et 20.

2 PUne, H. N., VIII, 131; Martial, I, 104, 5; Juvénal, IV, i99; Dion Cassius, LUI, 27, etc.

3 Tite-Live, XLIV, 18; Dion Cassius, LUI, 27, LIX, 1, LXI, 9, et LXII, 18; Vie de Gordien I, chap. m, et Vie de Probus, chap. xix.

^ Livre des spectacles, 17.

5 Varron, R. R., III, 5, 3.

6 Dion Cassius, LXXVI, 1.

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