LIVRE VI. — LES SPECTACLES
Pour compléter la liste que nous allons essayer de dresser nous-môme, nous avons consulté la bibliothèque de M. 0. Jahn , particulièrement riche en monographies concernant les ruines d'Italie, sur lesquelles d'utiles rensei- . gnements nous ont été communiqués en outre par l'architecte Rod. Bergau et le docteur 0. Hirschfeld. Quant aux données sur les amphithéâtres d'Espagne, nous en sommes principalement redevable à M. le professeur Emile Hubner.
Le défaut d'espace ne nous permettant pas d'entrer dans de grands détails descriptifs, nous nous bornerons le plus souvent, dans l'énumération qui va suivre, à l'indication des sources et documents dans lesquels ils abondent.
Rien ne prouve l'existence d'aucun amphithéâtre en pierre antérieur à celui que Statilius Taurus, le premier, fit construire, en l'an de Rome 725, dans cette ville même. Il est aujourd'hui généralement reconnu que les amphithéâtres d'Étrurie n'ont pas été bâtis par les Étrusques , comme on l'avait cru, mais bien par les Romains ^ On a cru pouvoir faire remonter l'origine de l'amphithéâtre de Pompcji aux premiers temps de l'établissement de cette colonie par Sylla, en arguant de la forme des lettres et de quelques archaïsmes d'une double inscription qui s'y trouve^; mais cette opinion est réfutée par Garrucci et d'autres savants, des observations desquels il résulte que l'usage de ces formes vieillies a partiellement survécu à la répubhque. Cependant la date de l'an de Rome 685, pour l'achèvement de cet édifice, ne repose que sur une conclu-
1 Garrucci, Bull. JSap., I, p. 145, etc.
2 C. /. L., 1247. — Henzen, Ann. d. I., 1859, p. 211.
sion , tout aussi incertaine , tirée par Garrucci d'une autre inscription. L'amphithéâtre de Pouzzoles ne paraît pas, d'après le même, antérieur au temps des Fiaviens. En général, il n'est pas d'inscriptions desquelles on puisse conclure à la construction d'amphithéâtres avant Auguste. Mais, sous son règne, il y en avait déjà dans plusieurs villes d'Italie, comme on le voit par la recommandation de Vitruve (I, 7), d'ériger près du cirque les temples d'Hercule, dans celles qui étaient encore dépourvues de gymnases et d'amphithéâtres. Dans beaucoup de ces villes, cependant, les jeux de gladiateurs se donnaient encore , de son temps ; au forum ^ Alexandrie, en Egypte, aussi eut, dès l'an de Rome 730, son amphithéâtre, que Strabon y vit en cette année et mentionne, de même qu'un autre à Nysa , en Carie 2, ce qui prouve qu'ils n'avaient point tardé à se propager hors d'Italie.
Nous allons, maintenant, passer en revue les amphithéâtres de toutes les parties de l'empire romain, en commençant par l'Italie et les autres provinces occidentales.
1 Vitruve, V, 1 : In Italiœ urbibus (forum) non est eadem ratione faciendum ideo quod a majoribus consuetudo tradita est gladiatoria munera in foro dari.
2 Strabon, XVII, p. 795 ; XIV, p. 643.