‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 173 sur 265 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

pas moins beii porté chez les médecins du temps, qui ne conservaient quelquefois, en le prenant, aucun de leurs autres noms'; Harless^ énumère treize, Fabricius^ huit médecins du nom d'Asclépiade. On connaît aussi deux Antigène médecins, le second contemporain de Galien. Apulée''*, enfin, parle d'un esclave nommé Thémison, assez fort en médecine; or c'est là encore le nom d'un célèbre médecin d'autrefois, qui revient dans les temps postérieurs^.

Concours et prix de l'Ag'on Capitolinus.

Indépendamment des prix de gymnastique et d'hippodrome, l'Agon Capitolinus en avait de plus relevés pour l'éloquence et la poésie grecques et latines , pour les représentations et déclamations scéniques, ainsi que pour toutes les principales branches de l'art musical des anciens, telles que le chant, la flûte et la cithare, l'instrument des trois

1 Comme, par exemple, dans une inscription de l'an 147 de notre ère, du C. 1. G., 4766, et une autre du même recueil, III, add. 4778 d.

2 Medicorum veterum Asclepiades dictorum lustratio historica, Bonn, 1828, 4.

3 Bihlioth. gr., XIII, p. 89, etc.

^ ApoL, 461.

5 Lipsius, EL, I, 18 : Themispnes aliquot inter primores medicos : ideo medicorum pueri amabant id nomen.

espèces de musiciens appelés psilocitharistae , chorocitharistae et citharoedi, selon qu'ils avaient pour spécialité le solo, ou le concerto, ou chantaient aussi en s'acconipagnant de la guitare. Plusieurs de ces concours, notamment ceux d'éloquence, de cithare sans accompagnement de chant et de cithare chorale, ainsi que les courses de jeunes filles, étaient tombés en désuétude, à l'époque où Suétone écrivit ses biographies des Césars, vers l'an 120 de notre ère^ Les autres se maintinrent plus longtemps. Voici ce que les auteurs et les inscriptions du temps nous apprennent sur ces concours, avec les noms et les exploits de quelques-uns des vainqueurs :

Éloquence latine. — La louange de Jupiter Capitolin y était le thème constant (Quintilien, III, 7, 4). Palfurius Sura eut une fois l'honneur d'y remporter le prix. (Suétone, Bomitien^ chap. XIII.)

Toésie grecque. — C'est dans l'intention de concourir pour ce prix que le poëte Diodore voulait faire le voyage d'Alexandrie à Rome (Martial, IX, 40) en 94 après J.-G.

Toésie latine. — Le poëte Collinus, chanté par Martial (IV, 54), paraît y avoir remporté le prix, en l'an 86. C'est probablement en 90 que Stace échoua dans ce concours (Morcelli, De agone capit., p. 16). Les arguments tirés de Vecloga ad uxorem de ce poëte par Imhof, pour l'année 94 , ne sont pas concluants. Le rhéteur P. Annius Florus eut aussi le malheur d'échouer dans un des trois premiers concours de poésie latine. Il assure que l'auditoire était unanime pour que la couronne lui fût décernée , mais que sa qualité d'Africain l'empêcha de l'obtenir (fragm. dans Jahn, éd. J. Flori, p. XLI), « invito quidem Cœsare et resistente, non quod sibi puero invideret sed ne Africa coronam magni Jovis attingeret. » Peut-être la pièce de vers avec laquelle il concourut était-elle son poëme sur le triomphe de Dacie , le triomphe de Domitien sans doute, plutôt que celui de Trajan ; elle paraît ainsi avoir été composée en 94 , ou même dès 90 , à la veille du triomphe. En 110, le prix de poésie latine fut décerné, à l'unanimité.

1 Suétone, Domitien, chap. iv.

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