CHAPITRE IV
Voyag^es des touristes dans le monde romain.
Fréquence de ces voyages. — Ils tournent dans le cercle des pays du monde connu des anciens. — Persistance des fables reçues sur tout ce qui était au delà. — Faible extension des voyages, même dans les limites du monde alors connu. — Contrées principalement visitées par les touristes de l'époque, dans les directions du Midi et de l'Orient surtout.
Nous venons de voir de quelle nature étaient les principaux mobiles des pérégrinations, à cette époque, et de démontrer par là, en même temps, combien et avec quelle facilité on y voyageait. Maintenant, ne nous occupons plus que de celles que Ton entreprenait pour le plaisir de courir le monde, par amour du changement et de la variété des impressions nouvelles, pour s'instruire ou pour se divertir, genre de voyages qui paraissent aussi n'avoir été, à cette époque, guère moins fréquents que dans les temps modernes. Pline l'Ancien dit de la nature humaine qu'elle est avide de nouveautés et de pérégrinations ^ Grand était le nombre de ceux qui aimaient à parcourir des villes qu'ils ne connaissaient pas, à explorer une mer nouvelle
1 Hominum natura novitatis ac peregrinationis avida {H. N., XVII, 66). — Voir aussi Sénèque, à Hclvie, chap. vi.