‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 228 sur 265 · LIVRE VII. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAGES

bourg voisin de Busiris n'en parvenaient pas moins déjà à les gravir jusqu'à ce sommet \ adresse que dès lors, sans doute, ils ne manquaient pas de déployer pour de l'argent aux yeux des étrangers, comme plus tard aussi les Arabes, au moyen âge-. Les prêtres égyptiens assuraient que la profondeur des fondations des pyramides égalait la bauteur de celles-ci au-dessus du soP.

Là aussi, des voyageurs grecs et romains s'appliquèrent à perpétuer le souvenir de leur visite par des inscriptions, gravées dans le revêlement des pyramides^ avec lequel elles ont disparu. Cependant, des voyageurs européens en lurent et copièrent encore quelques-unes, au xiv'' siècle : ainsi les suivantes , copiées en 1336 par Guillaume de Baldenscl :

Vidi pyramidas sine te, dulcissime frater,

Et tibi, quod potui, lacrymas hic mœsta profudi,

Et nostri memorem liictus hic scripsi querelam.

Puis :

Sic nomen decimi anni pyramide alta ?

Pontificis comitisque tuis Trajane triiimphis Lustris sex intra censoris, consulis esse ^ ?

Il existe un certain nombre d'autres inscriptions, gravées sur la griffe d'un lion colossal à tête d'homme, près

1 Pline, Hist. nat., XXXVI, 76 : Vico adposito, quem Tocant Busirim, in eo sunt adsueti scandere illas.

2 Abdallalif ayant appris que, dans un village voisin, il y avait des gens habitués à monter sur le sommet des pyramides, nous en fîmes venir un qui, pour une bagatelle, monta jusqu'en haut, etc. (Letronne, Recueil, p. 492.)

3 Aristide, Orat., XLVIII, p. 363 J.

* Voir aussi un distique grec, recueilli par le scoliaste de Clément d'Alexandrie, éd. Klolz, IV, p. 113.

delà pyramide de Cliéphren, masse qui a été retirée, de notre temps seulement, des sables qui la couvraient ^

Un but favori de pérégrination ultérieure , pour les voyageurs romains et grecs, c'étaient les ruines gigantesques de Thèbes,dont le vaste champ s'étendait, des deux côtés du Nil, sur un espace de 15 kilomètres du nord au sud. Germanicus aussi les visita en l'an 19, et peut-être le jeune prince comprit-il Tavertissement sérieux que contenait, également pour le peuple-roi, le grand spectacle d'une telle splendeur éteinte ; car, ce qu'un vieux prêtre égyptien lui lut , sur sa demande, des hiéroglyphes qui restaient encore sur ces monuments, lui apprit que l'antique royaume de Thèbes n'avait pas eu moins de grandeur et de puissance que l'empire romain et celui des Parthes en avaient de son temps. C'est avec une armée de sept cent mille hommes, y lisait-on, que le roi Rhamsès avait parcouru et subjugué la Libye, l'Élhiopie et une grande partie de l'Asie, et les tributs imposés, dans cette marche conquérante, aux peuples vaincus, en or et argent, chevaux et armes, ivoire et encens, blé et produits de toute nature, y étaient également consignés ^.

Germanicus contempla aussi la statue vocale de Memnon , statue qui , paraît-il , ne tarda pas à attirer l'attention des voyageurs plus vivement que tous les autres débris de Thèbes, peut-être même que toutes les autres merveilles de l'Egypte, sans exception^-

1 C. I. Gr., Iir, App., 4700, b-l.

2 Tacite, Annales, II, 60; Strabon, XVII, 1, 46, p. 816.

3 Pour ce qui suit dans le texte, voyez Letronne, la Statue vocale de Memnon.

Philostrate , auteur dont l'exactitude est partout ailleurs très-sujette à caution, a laissé, dans son Apollonius de Tyane (VIT, 4, éd. K, p. 107),

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