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du riche éclat des Heurs, ou exécuter, sur d'autres barques, les danses les plus extravagantes, au son des flûtes'.
On trouve encore, dans le cabinet réservé du Musée Bourbonien, de ces scènes du Nil, que l'obscénité des sujets ne permettait pas de placer ailleurs^. Les barques sont faites d'un seul bloc (monoxyla), La mosaïque de Palestrine aussi contient la représentation d'une orgie avec une joueuse de flûte, sous un berceau de vigne dont le feuillage est tendu d'une rive à l'autre du canal.
Mais, quelle que fût la profusion de spectacles et d'excitations de tout genre offerte par Alexandrie et les environs, cette ville ne pouvait captiver longtemps les voyageurs qui, comme Germanicus, visitaient l'Egypte pour apprendre à en connaître les antiquités. C'est que la capitale du pays, avec tout le mouvement et la vie qui y régnaient, appartenait tout entière au présent. Or, il suffisait d'une excursion à l'intérieur faite par terre, à dos de chameau, d'Alexandrie même^, ou par le fleuve, qu'on pouvait remonter, comme le fit Germanicus de Canope"*, sur une barque du Nil, pour transporter le voyageur du milieu du tumulte et du bruit , de l'éclat et des splendeurs , dans la région du silence et une solitude , où tout autour de lui respirait la plus haute antiquité. Le but le plus proche, pour les voyageurs hors de la catégorie de ceux qui allaient religieusement, de place en place, examiner toutes les curiosités, l'une après l'autre ,
1 Slrabon, XVII, 15-18, p. 799, etc.
■^ Ainsi celle qui est décrite dans le Bull. Nap., III, 82. — Voir aussi, dans le même recueil, année 1856, p. 61, et 1857, p. 34.
3 Philostrate, Apollonius de Tyane, V, 43; éd. Kayser, p. 104. — Vilinéraire d'Anionin, p. 155, Wess, indique les relais de la route d'Alexandrie à Memphis.
* Tacite, Annales, II, 60.
44â MŒURS ROMAINES.
devait ôtrc Memphis, non parce que cette ville était alors encore la seconde de l'Egypte, pour l'étendue et la population y mais à cause de la grande célébrité des monuments de ce siège de l'antique royauté ^ Les palais des plus anciens Pharaons y étaient, il est vrai, des ruines; les rangées de sphinx conduisant au temple de Sérapis, à demi ou complètement ensevelies dans les sables mouvants ; mais les injures des siècles mêmes n'avaient pu entamer les pyramides. On les voyait, de bien loin déjà, se dresser comme des monts, sur un plateau de rocher élevé et solitaire, à l'ouest de la ville, du milieu de collines de sable accumulées par le vent et difficiles à franchir ^» Leur aspect, alors, différait un peu de celui qu'elles présentent aujourd'hui; les blocs de pierre, étages par degrés, étaient munis d'un revêtement complet^; leurs côtés formaient ainsi quatre plans inclinés, parfaitement unis et recouverts d'hiéroglyhes\ jusqu'au sommet en pointe. Les gens du
1 Strabon, XVII, 1, 32, p. 807, etc.
2 Tacite, l. c.
3 Comme l'a parfaitement prouvé Lelronne, dans les Mélanges d'érudition, p. 377 : sur le revêtement des pyramides de Gizeh. La démolition de ce revêtement ne remonte pas au delà de la première moitié du quatorzième siècle; à la grande pyramide elle était, d'après le témoignage d'un pèlerin français, déjà très-avancée en 1395. On regardait généralement, peut-être suivant une tradition des Juifs alexandrins, les pyramides comme des greniers construits par Joseph, d'où l'étymologie rapportée au mot irupoç (froment). Cyriaque d'Ancône put, déjà en 1440, faire l'ascension de la grande pyramide jusqu'au sommet. Le revêtement de la seconde existait encore en grande partie en 1638, d'après le témoignage du voyageur anglais Greaves; celui de la troisième, appelée la rouge par les Arabes, encore à la fin du quatorzième siècle, ou au commencement du quinzième.
* Abdallatif, au commencement du treizième siècle, dit que les copies des inscriptions existant sur les deux grandes pyramides rempliraient plus de dix mille pages. — Voir d'ailleurs Hérodote, II, 125, 5, et Diodore, I, 64.