‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 23 sur 265 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

de ces empereurs» qu'il y eut 13,000 victimes d'une catastrophe pareille. Les tribunes du grand cirque, au temps de César, présentaient une longueur totale de 8 stades, ou 1,473 mètres, et un développement sur lequel il y avait place pour 150,000 spectateurs. L'accroissement de la population et la passion toujours aussi croissante pour les jeux du cirque y déterminèrent, à plusieurs reprises, des constructions nouvelles et l'élargissement des anciennes. C'est par Néron que la première grande reconstruction paraît avoir été entreprise, à la suite du terrible incendie de l'an 64, qui éclata au cirque et le détruisit probablement presque en entier. Ce prince fit aussi combler le fossé qui entourait l'hippodrome et profita de l'espace, qu'il gagna ainsi, pour augmenter le nombre des places^ que Pline l'Ancien dit avoir été de 250,000, déjà sous le régne de Titus^. Une nouvelle reconstruction, également à la suite d'un incendie, fut commencée par Domitien, puis continuée et achevée par Trajan^ Parmi les restaurations et les agrandissements postérieurs, quelques-uns seulement ont été mentionnés à l'occasion dans les écrits du temps. Toutes ces reconstructions avaient fini par porter, au quatrième siècle, le nombre des places à 385,000.

Les tribunes les plus basses et les plus voisines de la lice étaient affectées aux sénateurs, celles du degré immédiatement supérieur aux chevaliers; toutes les autres étaient abandonnées au troisième ordre. Il n'y avait point, au cirque, de places séparées pour les femmes, comme aux autres spectacles; elles y étaient assises au milieu des hom-

1 Pline, Hist. nat., VIII, 7, 21. .

^ Ibid., XXXVI, 24, 101.

3 Tel paraît du moins être le sens d'un passage de Pausanias (V, 12, 4), bien que cela ne soit pas très-clairement exprimé.

-i() MOEURS ROMAINES.

mes. L'empereur et sa lamille avaient leurs places auprès des sénateurs; là se trouvaient aussi les loges que plusieurs empereurs se firent construire.

L'ornement principal de cet édifice, magnifiquement aménagé sous tous les rapports, ainsi que richement décoré, c'était l'obélisque qu'Auguste y avait fait ériger, au milieu de l'hippodrome, et auquel Constance en joignit un second, plus grand encore ^ Extérieurement, tout le cirque était entouré d'un vestibule à corridors, dans lequel étaient pratiqués les portes d'entrée et les escaliers, disposés de telle façon que des milliers de personnes pussent entrer ou sortir commodément et sans qu'il y eût presse. Ce vestibule contenait en outre des boutiques, des magasins d'étalage, des salles pour la conversation et toute sorte d'établissements à l'usage du public , avec les logements des entrepreneurs ou débitants au-dessus. Aussi régnait-il toujours là une animation aussi bruyante que variée, mais dont l'es allures n'étaient rien moins que décentes. Des marchands y détaillaient leurs denrées, et ce sont leurs échoppes qui paraissent avoir surtout alimenté les commencements du grand incendie néronien^; les gargotes y fumaient^; des baladins y faisaient leurs farces devant une tourbe de spectateurs du plus bas peuple"*; des astrologues de carrefour % du temps d'Ennius déjà, et d'autres devins

1 II se trouve mainienanl sur la place du Latran; l'autre, sur la place del Popolo.

2 Initium in ea parte circi ortum, quae Palatino Cœlioque montibus contigua est; ibi, per tabernas, quibus id mercimonium inerat, quo flamma alitur, simul coeptus ignis et statim validus ac vento citatus longitudinem circi corripuit. (Tacite, Annales^ XV, 38.)

■'' Popa Licinius nescio quis de circo. (Cicéron, Prù Milone, chap. xxiv.) ^ Triviales ex circo ludios. (Suétone^ Auguste, chap. lxxiv.) ^ De circo astrologos. (Cicéron, Div. I, 58, 132.)

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