LIVRE VI. — LES SPECTACLES
de boules ovales, que l'on avait soin de descendre successivement après chaque tour.
Le nombre des courses, de sept tours chacune, variait. Dans les premiers temps de l'empire encore, le programme, ordinairement, comprenait de dix à douze courses par jour. En l'an 37, Caliguia ordonna, pour la première fois, lors de l'inauguration d'un temple érigé à la mémoire d'Auguste , une suite de vingt courses pour le premier jour et de vingt-quatre pour le second.
Ce nombre , avec lequel le spectacle remplissait toute la journée, du matin au soir, ne tarda pas à devenir la règle, et depuis Néron même, comme il paraît, une règle fixe, ne comportant une réduction que dans les fêtes secondaires : à celle de Carna et de Lorius par exemple, où l'on se bornait à douze courses'. Le nombre de vingt-quatre courses fut dépassé dans des spectacles extraordinaires, comme lorsqu'il y avait coïncidence de deux fêtes sur un même jour. Ainsi au quatrième siècle, l'anniversaire de la naissance de Trajan et celui de la victoire de Constantin sur Licinius tombant tous les deux le 8 septembre, et les deux anniversaires de la naissance de Nerva et de Constance II, le 8 novembre, on solennisa la réunion de ces deux fêtes en doublant aussi, c'est-à-dire portant à quarante-huit, le nombre des courses^. Pour trois autres jours de fête, particulièrement tenus en honneur, on admit respectivement trente et trente-six courses, à savoir : trente pour le 13 novembre [Jovis epulum) et pour le 25 décembre {natalis invicti, id est SoHs], qui devint plus tard la fête du Christ, trente-six pour le 22 octobre
1 D'après les Fastes de Philocale, C. I. L., p. 334, etc.
2 Mommsen, C. I. L., p. 387, etc.
[ludormn SoHs dies extremus)^ . Cependant, il faut croire que l'on abrégeait, au besoin, la durée de chaque course, quand il y en avait plus de vingt-quatre, ce nombre ne devant pas laisser beaucoup de marge dans une journée môme des plus longues, lorsqu'il s'agissait de courses pleines.
Les courses ordinaires se faisaient avec des attelages de deux ou quatre , plus rarement de trois chevaux. Les débutants commençaient par s'essayer avec deux chevaux, témoin cette épitaphe :
IIoc rudis aurigee requiescunt ossa sepulcro
Nec tamen ignari flectere lora manu.
Jam qui quadrijugos auderem scandere currus
Et tamen a bijugis non removerer equis^.
f Mais les virtuoses se disputaient le prix de la course \ avec des chars attelés de six, sept et huit chevaux^. Néron parut même, à Olympie, avec un attelage de dix chevaux, avec lequel il remporta le prix, bien que l'issue de la course n'eût été rien moins qu'heureuse ^ Les chars, dont nombre d'images, que nous a léguées l'antiquité, font connaître la forme, étaient petits et très-légers. Dans les quadriges, l'attelage préféré pour les courses, les chevaux étaient tous les quatre attelés de
1 Aussi d'après les Fastes de Philocaie.
^ Anthologie latine, éd Meyer, 1428 : Eutycheti aurigœ ann. XXII. Flavius Rufinus et Semp. Diofanes servo b. m. f.
3 Henzen, 6179 et 7429 (p. .509).
'' Et « quamvis id ipsum in rege Mithridate carminé quodam suo reprehendisset » fait observer Suétone, NéroUf chap. xxiv. — Mithridate. s'il faut en croire Appien (XII, 112), allait même à seize chevaux, et un camée, décrit dans le Recueil de Caylus (I, t. 371, 1), représente un conducteur avec une palme, sur un char allelé de vingt chevaux.