LIVRE VJ. — LES SPECTACLES
plus de produire leur effet. On trouve encore dans le musée bourbonien, à Naples, beaucoup de ces armes de gladiateurs, provenant surtout des fouilles de Pompéji^ Elles sont en partie travaillées avec beaucoup d'art et ornées de ciselures en relief, et comprennent non-seulement des casques, avec ou sans visière, et des glaives, mais aussi des baudriers, des brassards et des cuissards, ainsi que d'autres pièces d'armure.
Les béros de l'arène n'étaient pas , à Rome , moins populaires que ceux de l'hippodrome; comme ceux-ci, ils ne vivaient pas seulement dans la bouche du peuple, mais avaient leurs disciples, leurs admirateurs et leurs émules dans les régions plus élevées de la société. Plusieurs empereurs même, comme Titus 2, Adrien^ et d'autres encore, s'appliquèrent à se rendre habiles dans le maniement des armes de la gladiature , bien que Commode fût le seul qui alla jusqu'à se produire publiquement dans les combats de l'arène'. Domitien se plaisait à la chasse des bêtes féroces ^ sur TAlbanum^ et son exemple ne resta pas sans imitation^. Lucius Vérus mena de front , en Syrie , la chasse et les exercices de la gladiature^, et Ton fit un reproche à Didius
1 Le musée des Antiques de Madrid et d'autres collections en possèdent également. — Voir aussi Adr. de Longpérier, Revue archéologique, Vlll, planche 165, et le monument de Marc-Antoine Exochus, dans Fabretti, col. Traj., 256. ^
2 Dion Cassius, LXVI, 15.
3 Vie d'Adrien, chap. xiv : Gladiatoria quoque arma tractavit.
* Vie de Commode^ chap. viii et xi. — Voir aussi Clod. Albin. chap. VI, et Dion Cassius, LXXII, 17, etc. ^ Suétone, Domitien, chap. xix.
6 Juvénal, IV, 99.
7 Vie de Marc-Antonin, chap. viii : Veriis armis se gladiatoriis et venalibus exercuit.
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il4 MOEUUS ROMAINES.
Jiilianus de son habileté dans ces derniers'. A l'instar de Caligula-, Caracalla et Géta, n'étant encore que Césars, frayaient avec des gladiateurs et des cochers du cirque''. Ce dilettantisme avec les armes de la gladiature était d'ailleurs un goût que l'empire avait hérité de la république. Cicéron'* cite, d'après Lucilius, un certain Quintus Vélociiis comme un bon Samnite ', et Jules César préposa des chevaliers et des sénateurs romains à la direction des exercices de ses gladiateurs^'. Il y eut même des femmes qui supportaient bravement la pression de la visière du casque et des autres pièces de l'armure sur leurs formes déUcates, et qui s'essoufflaient à porter, avec l'observation de toutes les poses et règles prescrites par l'escrime, d'après le commandement du professeur, des coups d'estoc et de taille contre un poteau'. Les bonnes fortunes des gladiateurs n'étaient pas bornées au cercle des femmes de leur condition^; le fer, comme nous l'avons déjà dit, avait pour les plus grandes dames un irrésistible attrait , qui leur faisait voir un Hyacinthe dans chaque combattant de l'arène''.
^ Vie de Didius JuUanus, chai). ^^ '• Quod armis gladiatoriis exercitus esset.
■^ Dion Cassius, LIX, 5. — Suétone, Caligula, cliap. uv.
•! Dion Cassius, LXXVI, 7.
4 De oratore, III, 23, 86. — Voir aussi Pro Sext., IV, \).
'-> * Gladiateur armé comme l'étaient les Samnites. *
'< Suétone, César, chap, xxvi.
7 Juvénal, VI, 246, etc.
^ Martial, V, 24, 10 : Hermès cura laborque ludiarum.
y Juvénal, VI, 78-113. — Pétrone, chap. cxxvi : Arenarius aliquas accendit, aut perfusus pulvere mulio, aut histrio. — Plutarque, Galba, chap. IX, 1, — Vie de Marc-Antonin, chap. xix : Faustinam, Marci uxorem, quum gladiatores transira vidissel, unius ex his amore succensam. — Ibid. : Satis constat apud Cajetam condiciones sibi nauticas et gladiatorias elegisse.