‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 100 sur 217 · LIVRE IX. — LKS BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LKS BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN

blissements et d'édifices publics qui sortirent de terre, simultanément ou successivement, comme par un effet de magie, dans le cours des premiers siècles de notre ère, à Rome seulement. Déjà cette succession continuelle de grandes entreprises, se pressant les unes les autres , suffisait à procurer une occupation large et durable, indépendamment de celle qu'elles assuraient aux architectes et aux autres professions concernant l'industrie du bâtiment, à toute une armée d'artistes, de peintres et de sculpteurs , ainsi que d'ouvriers de toutes les industries qui demandent de l'art. Agrippa qui, pendant son édilité de l'an 33 avant J.-C, s'occupa de constructions grandioses, pour approvisionner d'eau la ville de Rome, établit dans cette seule année, d'après Pline l'Ancien !, 700 bassins, 500 fontaines à tuyaux et 130 réservoirs ou châteaux d'eau {pastel la), dont plusieurs magnifiquement ornés. Il employa, en outre, 400 colonnes de marbre et 300 statues, partie de bronze, partie de marbre, à la décoration de ces ouvrages. Les créations postérieures du môme genre ne le cédaient probablement pas à celles d'Agrippa. Claude aussi pourvut à la distribution des eaux de l'aqueduc, par lui construit, dans une multitude de bassins, très-richement ornés2. Le bassin d'Orphée, dans la cinquième région, et celui de Ganymède, dans la septième, tiraient sans doute leurs noms des sculptures qui les ornaient3. Domitien, entre autres manies,* eut celle de mul-

1 Hist. nat., XXXVI, 121.

2 Suétone, Claude, ch. xx. — G. I. L., II, 3240 (Ilugo-Tarraconensis) : Lacus eu m suis ornamentis. — Voir aussi, sur ces créations d'Agrippa, Jordan, Topographie de la ville de Rome, II, 58, etc. (en allemand).

3 Preller, Régions, 130, etc., 136 (en allem.).

tiplier tellement, dans tous les quartiers de Rome, les arcs de passage et de triomphe, offrant les plus grandes dimensions, avec des quadriges et des insignes triomphaux, qu'ils devinrent un objet de risée *. Une image de la porte triomphale, également décrite par Martial, qui avait été construite, après le retour de Domitien de la guerre des Sarmates, en janvier 93, montre bien la magnificence de ces bâtiments. Des bustes en médaillon y ornaient les espaces au-dessus du cintre, des bas-reliefs ou des sculptures en ronde bosse , l'entablement et l'attique ; deux quadriges, attelés d'éléphants et conduits chacun par une figure colossale, représentant l'empereur lui-même, couronnaient le bâtiment2. Indépendamment de débris considérables, en partie mis à découvert par les fouilles opérées sur l'ordre de Napoléon Ier, des images gravées sur des médailles font soupçonner de quelle extrême richesse devait être, également, la décoration plastique du Forum de Trajan et de ses différentes parties, comme la basilique Ulpienne, l'arc de triomphe et le temple érigé par Adrien à son prédécesseur, constructions dont le magnifique ensemble éclipsait tous les autres monuments de Rome 3.

En général, les places publiques, à Rome et dans les autres villes, ne manquaient pas plus que les édifices des ornements de la plastique ; mais, naturellement, ceux-ci consistaient dans les premières, principalement ou exclusivement, en statues posées librement et en plein air. L'é-

1 Suétone, Domitien, en. xm. — Pline, Hist. nat., XXXIV, 127 : Attolli super caeteros mortales... et arcus significant novicio invento.

2 Donaldson, Arch. num., n° 57. — Martial, VIII, 65.

3 Donaldson, n° 7, 58, 66, etc., ainsi que Dierauer, Histoire de Trajan, 133, etc.

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