‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 99 sur 217 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

But et emplois «le l'art plastique et de la peinture.

§ 1. — L'art décoratif.

Alliance des arts figuratifs avec l'architecture. — Décoration artistique des places et des édifices publics dans les villes de la Grèce et de l'Italie. — Statues de rois et de généraux. — Statues des génies protecteurs des villes. — Décoration artistique des maisons particulières, des parcs et des jardins , dans les derniers temps de la république et sous l'empire. — Usage général de cette décoration et universalité de l'art qui s'appliquait à la répandre. — Large emploi de matériaux à bon marché. — Application de l'art plastique à des substances. molles. — Peintures appliquées au stuc. — L'usage général de la décoration artistique persiste jusque dans les derniers temps de l'antiquité. — Ornementation du mobilier et des monuments funèbres.

Le développement d'activité vraiment prodigieux de l'architecture, sur un domaine de cette immensité, suffisait déjà pour déterminer un emploi extrêmement étendu de tous les arts figuratifs, auxquels on recourait partout, dans une large mesure, pour l'ornement et la décoration de l'extérieur et de l'intérieur des bâtiments de tout genre. Nulle part, à Rome moins que partout ailleurs, on ne voyait s'élever un édifice public, de quelque

importance, dont l'ornementation n'offrît aussi de l'emploi au ciseau du sculpteur en pierre, au travail duquel venaient s'associer, selon les besoins, le stucateur, le ciseleur, le sculpteur en bois, le fondeur, le peintre et le mosaïste. Des statues, posées isolément ou en groupes, remplissaient les frontons et la toiture, les niches,, les interstices des colonnes et les limons supportant les escaliers des temples, les théâtres, comme celui de Scaurus, dans lequel il n'y avait pas moins de trois mille statues en bronze *, les amphithéâtres, les basiliques et les thermes ; elles contribuaient de même à l'ornement du portail et de la balustrade des ponts et des arches de toute espèce, à celui des grandes portes d'entrée des villes, ainsi qu'à celui des viaducs. Les arcs de triomphe, surtout, étaient habituellement couronnés de statues équestres, de trophées, de quadriges et de chars à six chevaux, conduits par des déesses de la Victoire 2. Des reliefs et des médaillons ornaient les frises, des reliefs ou des peintures, les panneaux; les voûtes et les plafonds resplendissaient d'ornements en stuc ou de peintures à vives couleurs, les parquets, de brillantes mosaïques. Toutes les membrures architecturales, les piliers, le seuil et les "linteaux des portes, les fenêtres et leurs moulures, voire même les gouttières, étaient couverts d'ornements plastiques, que l'art y répandait, à pleines mains, de sa corne d'abondance.

On se fait difficilement une idée de la multitude d'éta-

1 Marquardt, Manuel, IV, 545. — Voir, par exemple, Henzen-Orelli, 5128 (Falerii) : Statuas... ad exornandum theatrum ; ibidem, 5320 (Rusicade) : Praeter HS X m. n... in opus cultumve theatri... statuas duas.

2 Donaldson, Arch'Uectura numismatica, particulièrement les n«8 55 à 58, 00 à 00, 73, 77 et 79 à 83.

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