‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 110 sur 217 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN

pulcres, comme le prouve notamment aussi le maintien de l'usage de ce genre de décoration, dans les caveaux des tombes chrétiennes ; elle servait même certainement, dans bien des cas, à la décoration des murs extérieurs. Même les tombeaux « badigeonnés », dont parle l'Évangéliste, étaient sans doute aussi surpeints1. Les colombaires (columbaria) aussi, ces grands caveaux contenaut de longues rangées, superposées par étages, de niches pour des urnes cinéraires, lieux de sépulture des petites gens, ainsi que des esclaves, partant des plus humbles et des moins fortunés , sont parfois très-agréablement ornés , comme des chambres d'habitation, de peintures murales, faisant quelquefois un assez bon effet sur les espaces libres des piliers et des murs qu'elles remplissent. Quand une nouvelle urne était déposée dans la niche achetée pour en garder le dépôt, les personnes qui portaient le deuil du mort devaient encore éprouver un certain contentement à regarder la parure qu'ils avaient procurée, avec leurs petites épargnes, à sa dernière demeure. Il y avait là des scènes mythologiques, des images de la vie quotidienne, des paysages, des sujets d'animaux, de fleurs et de fruits; là, Hercule abattait d'une flèche le vautour attaché au foie de Prométhée; Ulysse* regardait d'un air ému son chien mourant, Argos; de grotesques pygmées prenaient la fuite devant un crocodile; des jongleurs dansaient au son des castagnettes; une girafe, la clochette au cou, était promenée par son gardien, comme à l'amphithéâtre, et ainsi de suite2.

1 Semper, le Style, I, 452.

2 0. Jahn, Peintures murales du columbarium de la villal Pamfili dans les Dissertations de l Académie bavaroise ,1857, t. VIII (en allem.).

§2. — L'art monumental.

Monuments personnels. — Age des 9tatues honorifiques à Rome. — Images représentant des événements de l'histoire,. — Images de circonstance. — Images concernant les marches triomphales, les hûchers impériaux, les débats judiciaires. — Images pour les naufragés. — Images votives. — Autres représentant des aventures personnelles. — Images peintes pour la durée. — Peinture de portraits. — Portraits des empereurs. — Portraits de princesses de l'Orient en quête d'un mari. — Portraits de particuliers.

— Portraits dans les livres et dans les bibliothèques. — Emploi général de la peinture de portraits.

L'art plastique employé à figurer des personnes. — Bustes et statues des empereurs; propagation universelle et culte de ces monuments. — Destruction des monuments d'empereurs tombés en abhorration, de ceux de Domitien en particulier. — Conservation des monuments d'empereurs, assurée principalement par la consécration. — Rapidité avec laquelle on érige des monuments aux empereurs, dans tout l'empire romain. — Ils sont érigés tantôt par les soins des fonctionnaires, tantôt par ceux d'associations provinciales ou des communes, tantôt par des particuliers. — Statues d'Adrien en Grèce et d'Auguste à Rome. — La transformation de monuments anciens en monuments consacrés à des empereurs est presque sans exemple.

— Monuments dédiés aux membres de la maison impériale, aux plus hauts fonctionnaires de l'État, aux gouverneurs des provinces, à des Romains considérés dans les provinces, ou même à des fonctionnaires subalternes.

— Les honneurs de la statue dans les municipes. — Personnes honorées de plusieurs statues. — Érection de statues aux frais des personnes qui en étaient honorées. — Statues d'étrangers. — Vote de. statues par les conseils communaux, de même que par le sénat à Rome. — Statues publiquements érigées à des défunts. — Lieux de l'érection à Rome. — Monuments privés. — Statues que l'on s'érigeait à soi-même. — Monuments privés érigés à des défunts, particulièrement en guise de mausolées.

Avec cette prodigieuse activité de la sculpture et de la peinture, appliquées à la décoration, marchait de front un autre emploi de ces deux branches de l'art, celui qui tend aux créations monumentales proprement dites, c'est-

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