‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 115 sur 217 · XII · texte numérisé non relu

XII

4 G'e9t ce qui a fait dire à Horace (Sat., I, 1, 76) :

Quo fit ut omnis

Votiva pateat veluti descripta tabella Vita senis.

Voir aussi Raoul-Rochelle, ouvrage précité.

il s'était caché, une chapelle dédiée à Jupiter Sauveur, et qu'un autel, avec des ornements en marbre, représentant le danger qu'il avait couru, y fut érigé par son ordre1. En général, de pareilles représentations d'aventures personnelles par des images n'avaient probablement rien d'extraordinaire. Dans le roman d'Apulée, la fiancée, qui s'est sauvée des mains des brigands, avec le secours de l'âne, se propose de faire dresser, dans l'atrium de sa demeure, une image de cet heureux événement2. Dans la maison de Trimalcion, Pétrone 3 parle d'une colonnade dont plusieurs faces étaient couvertes de peintures représentant des scènes de l'Iliade et de l'Odyssée, un combat de gladiateurs et tous les événements de la carrière du maître du logis, en partie présentés sous une forme allégorique. On l'y voit encore enfant sur un marché d'esclaves, un caducée à la main, pour indiquer le futur favori de Mercure, puis introduit à Rome par Minerve. Viennent ensuite des images, toutes signées, où l'on voit comment il apprend à lire, comment il devient caissier, etc. A l'extrémité du mur, Mercure, le prenant par le menton, le hisse sur une tribune élevée ; la déesse de la Fortune, avec sa corne d'abondance, est à ses côtés, et près d'elle se tiennent les trois Parques, filant de l'or. Or il y a lieu de présumer que là, comme partout dans ce roman, on ne retrouve que la description de ce qui était la mode dans certains cercles de la société du temps, ou, pour le moins, d'admettre que de pareilles aberrations du goût n'étaient pas précisément inouïes.

Quant aux événements, exploits et actes les plus mémo-

1 Tacite, Hist., III, 74.

2 Apulée, Métam., VI, p. 129.

3 Satir., ch. xxix.

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