‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 114 sur 217 · LIVRE IX. LES BEAUX-ARTS DANS i/EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. LES BEAUX-ARTS DANS i/EMPIRE ROMAIN

arguments1. De même qu'il y avait des actes d'accusation en peinture , il y avait aussi des demandes d'aumône peintes. Les naufragés et les imposteurs qui prétendaient avoir fait naufrage portaient ordinairement sur eux des images du sinistre dont ils se disaient les victimes, peint sur un fond de mer gros bleu2. On suspendait aussi de pareilles images dans les temples, en guise de tableaux votifs, notamment dans les sanctuaires d'Isis, patronne de la navigation. On sait, dit Ju vénal3, qu'Isis fait vivre les peintres. Nous ne mentionnerons ici qu'en passant les innombrables ex-voto d'images et de bas-reliefs, dans lesquels on s'appliquait à représenter, le plus exactement possible, avec toutes ses particularités, la périlleuse aventure de laquelle le donateur avait eu la chance de se tirer4. Ces ouvrages, comme ceux dont il vient d'être fait mention, étaient sans doute, en grande majorité, fournis par des gens faisant métier de l'art, plutôt que par des artistes proprement dits; mais il devait y avoir de nombreuses exceptions, car les riches et les grands faisaient, naturellement, exécuter aussi de pareils travaux par de bons artistes. Tacite, par exemple, rapporte que Domitien, après avoir été fort en péril, dans l'assaut du Capitule, pendant la nuit du 18 décembre 69, fit construire, sur l'emplacement de la demeure d'un servant du temple, dans laquelle

1 Quintilien, VI, 1, 32.

2 Raoul-Rochette, p. 329, 1.

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