‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 118 sur 217 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS l'eMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS l'eMPIRE ROMAIN

nant sept cents portraits d'hommes célèbres, on peut admettre que les livres devaient être, ordinairement, précédés du portrait de Fauteur, pour le moins. Martial1 fait mention d'une petite édition en parchemin de Virgile, ornée d'un pareil portrait, et probablement les ophthalmiesque, d'après Galien2, les peintres gagnaient en peignant sur du parchemin blanc, ne laissaient-elles pas d'avoir quelque rapport avec la peinture de ces frontispices et autres illustrations coloriées des livres du temps. On ornait les bibliothèques non-seulement des bustes, mais aussi de portraits peints des auteurs en renom. Pline le Jeune commanda chez un ami, dans une ville de la haute Italie (du pays des Insubres), pour la bibliothèque d'un autre ami, des portraits de Cornélius Népos et de T. Catius, qui, tous les deux, y étaient nés; il prie le premier de charger, autant que possible, un artiste digne de confiance du soin de copier les portraits pouvant y exister de ces deux écrivains3. On avait, sans doute, au moins dans chaque ville d'importance majeure, le choix entre plusieurs peintres et, par conséquent, ce qu'il fallait pour le porter sur un artiste éprouvé \ Martial se fit peindre pour faire plaisir -à un ami, Gécilius Secundus, qui commandait sur le Danube5 ; quant à son portrait pour la bibliothèque de Stertinius Avitus, ce pourrait bien aussi avoir été un portrait peint6. Il mentionne, en outre,

2 Ed. Kuhn, III, 776 (De usupart. corp. hum., X, ch. m).

3 Pline le Jeune, Lettres, IV, 28.

4 Scribonius Largus, Ep. ad. C. Jul. Callist., éd. Rhode, p. 4 : Quum intérim nemo ne imaginem quidem suam committat pingendam, nisi probato prius artifice per quœdam expérimenta atque ita electo.

5 Martial, VII, 84. — Voir aussi Mommsen, Hermès, III, 79, n. 1. ti Le même, IX, prœf.

des portraits du poëte tragique Mémor, de Césonius Maximus, de Gamonius Rufus enfant, mort depuis à l'âge de vingt ans, de Marc-Antoine Primus, dont il ceignit le portrait d'une couronne de violettes et de roses : tous ces portraits ne représentaient, paraît-il, que le buste1. La mère du sophiste Alexandre Péloplaton était, d'après ses portraits, d'une rare beauté ; elle ressemblait à l'Hélène d'Eumèle2. Les plaisanteries de Lucien aussi, quand il se moque de la sottise des gens qui recommandaient aux peintres de les embellir, de diminuer un peu le nez, par exemple, ou de rendre la teinte des yeux plus noire, et ainsi de suite, comme faisaient surtout les darnes, autorisent la supposition d'un usage généralement répandu de la peinture de portraits3.

Les images de personnes à placer dans des endroits non couverts, des lieux publics surtout, ne pouvaient être que des figures plastiques. Une partie notable, de celles-ci , ainsi que les socles, pourvus d'inscriptions, d'une autre partie bien plus considérable encore, se sont conservées; et l'impression de ces restes, extrêmement nombreux, combinée avec les rapports des auteurs du temps, fait concevoir de la multitude incroyable, de la variété générique et de la diversité d'origine de ces monuments, une idée tout autre et bien plus haute que les maigres données,

1 Martial, IX, 9, 74, 76; VII, 44 ; X, 32.

2 Philostrate, Vies des sophistes, II, 5.

3 Lucien, Quom. hist., 13 ; Pro imaginibus, 6.

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