LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN
à Barcelone, on n'a pas trouvé moins de treize socles appartenant à des statues , dont trois lui avaient été érigées par les conseils communaux de trois villes d'Espagne, une par les sévirs des Augustales de Barcelone, dont il avait été collègue, une par un collège, deux par des sévirs en particulier, quatre par des amis, et une par un affranchi1. Des personnes haut placées témoignaient de la même manière leur estime à des gens de moindre condition. Le consulaire Émilien Strabon avait déclaré, dans une lettre au conseil communal de Garthage, son intention d'ériger, dans cette ville, une statue à Apulée, qui en exprima sa reconnaissance dans les termes les plus vifs2.
Enfin, il est certain que c'était chose fréquente, dans tous les tempsj de voir des particuliers chercher à s'immortaliser eux-mêmes, de leur vivant, par des statues, ce qui, comme on l'a déjà fait remarquer, était d'ailleurs permis à Rome, avant l'année 45, même dans des endroits publics. De même que c'était le sénat, dans cette capitale, à partir de la date mentionnée, c'était, dans les autres villes, le conseil communal qui devait autoriser l'érection publique des monuments privés et assigner respectivement à ceux-ci leur place. Dans une ville du midi de l'Espagne, le conseil communal, indépendamment d'un régal public (cœnse publicse), ordonné en l'honneur d'un membre nommé à vie du collège des Augustales, assigna à ce membre une place pour y faire élever des statues tant à lui-même qu'à sa femme et à ses enfants, ce qui eut lieu effectivement3. Il va sans dire que toute per-
' G. I. L., II, 4536 à 48.
* Apulée, Florides, III, 16.