C. I. L., II
sonne, sur le terrain qui lui appartenait, était libre de faire ériger tout monument qu'il lui convenait d'y placer. Régulus avait fait couvrir d'immenses colonnades un très-vaste espace, dans son jardin au-delà du Tibre, dont il avait de plus fait border la rive de ses statues, pour témoigner, suivant l'expression de son antagoniste aigri, Pline le Jeune1, de sa prodigalité, au milieu de sa profonde avarice, et triompher de sa mauvaise réputation par ses fanfaronnades. A son fils, mort en l'an 104, encore enfant, il fit élever une multitude de statues et de portraits, pour lesquels il mit en réquisition tous les ateliers , afin de se procurer cette image chérie dans tous les genres, en peinture et à l'encaustique, ainsi que de bronze, d'or et d'argent, d'ivoire et de marbre2. Parmi les monuments privés comme parmi les monuments publics, il se trouvait, sans doute, un plus grand nombre d'images de défunts que de vivants. Hérode Atticus honora non-seulement sa défunte épouse, Annia Régilla, par une foule de monuments3, mais fit en outre élever partout, dans les champs, les bosquets, près des sources et sous les ombrages des platanes, à ses pupilles, Achille et Polydeuce, après leur mort, des statues de marbre, qui les représentaient chassant, s'apprêtant pour la chasse, ou s'en reposant. Des inscriptions se répandaient en malédictions contre quiconque mutilerait ou déplacerait ces figures4. Une partie des monuments concernant les défunts ornaient naturellement leurs tombes. Parmi ces tombeaux aussi, il y en avait de publics,
1 Lettres, IV, 2, 5.
2 Ibidem, 1,1.
3 Kiel, Hérode Aiticus, dans Y Encyclopédie de Stuttgardt, l*, 2101.
4 Philostrate, Vies des Sophistes, II, 1, éd. Kayser, p. 241 ; voir aussi G. I. G., 989, etc.