‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 27 sur 217 · LIVRE VIII. — LE LUXE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LE LUXE ROMAIN

mencé les âges antérieurs; ils ne firent qu'élargir le domaine des cultures nouvellement adoptées,' de la propagation successive desquelles finit cependant par résulter, naturellement, dans le cours des siècles, une transformation complète du caractère de la végétation du midi et de la région moyenne de l'Europe.

Il y eut, en Italie, un temps où les habitants ne faisaient encore que du labourage, et où la culture de la vigne n'avait pasencorepénétré chez eux. Elle vint seulement avec les premières des expéditions maritimes que les Grecs dirigèrent sur cette contrée ; mais elle réussit si bien sur les coteaux de la basse Italie que, déjà au cinquième siècle avant Jésus-Christ, Sophocle put appeler l'Italie la terre de prédilection du dieu Bacchus. C'est aussi des Grecs que les Romains reçurent la culture de l'olivier, et, si la donnée du chronologiste Fenestella, que Pline nous a transmise, est exacte, ce ne fut même qu'à l'époque des Tarquins1, tandis que le figuier paraît remonter en Italie aussi haut* que la colonisation grecque elle-même. Au temps de Varron, on mangeait à Rome des figues de Chios, de la Lydie, de Ghalcis, d'Afrique et d'autres provenances encore, toutes étrangères2. Jusque sous le règne de Tibère, des figuiers furent transplantés directement de la Syrie en Italie. Les dénominations des noix, des amandes et des châtaignes ont flotté longtemps incertaines en Occident, où on les confondait souvent, tant que Ton ne pouvait s'y procurer que par la voie du commerce ces fruits, originaires de la partie moyenne de l'Asie Mineure, mais particulierement.de la région du Pont. Gaton connaissait déjà

• Hehn, 27, etc., 55.

2 Varron, De re rustica, I, 41.

l'amande sous le nom de noix grecque; Les amandes douces et amères (amygdala dulcia et amara) figurent pour la première fois, ainsi dénommées, dans Scribonius Largus, sous le règne de Claude. Peut-être Gaton connaissait-il aussi la châtaigne (nux calva). Dans tous les cas, on ne saurait, vu ce manque de fixité dans les dénominations, admettre que les arbres produisant ces fruits fussent alors déjà cultivés généralement en Italie. La première mention de la châtaigne (castanea), désignée sous ce nom, est de Virgile ; tandis que celle des noix communes (glands de Jupiter, juglandes) remonte à Cicéron et à Varron. Il n'est pas encore question du prunier, comme d'un objet de oulture générale, du temps de Gaton, auquel il arrive une seule fois de le nommer; mais cet arbre était devenu commun déjà sous Auguste. Pline, qui mentionne une multitude étourdissante de variétés du prunier, nous apprend que la plus exquise des prunes, celle de Damas, croissait depuis longtemps en Italie, et qu'une autre espèce syrienne y était également acclimatée, mais cette dernière depuis peu seulement. La grenade, au contraire, était déjà commune en Italie du temps de Gaton. Le coing, que les Grecs d'abord avaient reçu de la Crète, était aussi déjà ancien en Italie. Quant à la cerise, qui manque sur la liste de Gaton, on sait qu'elle fut apportée par Lucullus des rivages du Pont à Rome. Varron ne la nomme qu'une fois, mais les écrivains postérieurs en parlent fréquemment. Ge fruit, nouveau pour l'Italie, était probablement une cerise aigre, de qualité supérieure, plus grosse et plus succulente que la merise {prunus avium), indigène dans cette contrée ; mais il paraît qu'il existait aussi dans l'Asie Mineure, au temps du roi Lysimaque déjà, une cerise douce, améliorée par la culture. On greffa ces deux espèces capitales,

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