‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 4 sur 217 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

de l'entraînement des passions et du jeu des ambitions dominantes. Jupiter quos vult perdere dementat. L'espoir que l'on fonde sur l'autorité de la raison et de l'expérience des siècles se traduit souvent ainsi par une illusion, que l'homme de bien n'en est pas moins tenu de garder, pour l'acquit de sa conscience, ainsi que pour se prémunir et réagir de son mieux contre les effets, immédiats ou à plus ou moins longue échéance, de ces funestes aveuglements,

L'intérêt constant de l'histoire romaine, on ne saurait trop le redire, se fonde sur ce qu'elle est demeurée comme un miroir politique pour tous les temps; et ce qui ajoute beaucoup à cet intérêt, c'est la circonstance que des traces multiples et vivantes témoignent, encore de nos jours, chez toutes les nations de la famille néo-latine, de leur descendance plus ou moins directe de la race ou de la civilisation romaine. On les retrouve jusque dans ce rameau, longtemps oublié, que Trajan greffa jadis sur les bords du bas Danube, après la conquête de la Dacie. En effet, la physionomie latine prédomine encore aujourd'hui dans les traits physiques, l'idiome populaire et certaines particularités des mœurs du peuple roumain : fait d'autant plus curieux que ce peuple a été, plus que tout autre, on ne peut pas dire entamé, mais tourmenté par le choc de l'irruption des barbares , quil n'a subi, pendant des siècles, que des influences byzantines ou grécoslaves, à l'époque de l'empire d'Orient, comme à celle de la suprématie ottomane et du régime des

Xll PREFACE.

princes fanariotes, et qu'il s'est trouvé ainsi, jusque ces derniers temps, presque entièrement soustrait à l'effet de cette espèce de communion d'idées que la diffusion des humanités ou lettres latines n'a pas le moins contribué à établir entre toutes les nations de l'Occident et du Centre de l'Europe, y compris celles de la famille germanique.

Mais revenons à notre traduction, pour un dernier mot : afin de réduire au minimum toutes les chances d'erreur , nous avons demandé, pour chacune des feuilles de nos deux volumes, l'approbation préalable de l'auteur même. Rien n'a donc été négligé pour assurer, autant que possible, la bonne correction d'un travail fait assez consciencieusement pour nous donner quelques droits à l'indulgence du lecteur.

M. Friedlœnder vient de terminer une quatrième édition de son tome I, et il s'occupe d'une troisième du tome II, qui paraîtra vers la fin de l'année. Nous regrettons de ne plus être en mesure de profiter de tous ses remaniements; mais cela ne nous empêchera pas de tenir compte avec soin, pendant l'impression même, des rectifications nouvelles qui nous seront indiquées par l'auteur.

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