‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 85 sur 217 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS UANS LEMP1RE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS UANS LEMP1RE ROMAIN

Quant aux colonies romaines, elles aspiraient toutes, plus ou moins, à se présenter sous l'aspect d'une copie réduite de la capitale1, ambition qui se manifestait jusque dans l'habitude d'emprunter des noms de localités romains. Ainsi Ariminum avait son Aventin, plus son Germalus et un Velabrum2, tout comme Antioche en Pisidie, qui avait en outre son quartier toscan ; il y avait une région esquiline à Bénévent, une région palatine à Herculanum, et un Vatican8 à Lyon, ainsi qu'à Mattiacum, cheflieu du pays des Gattes (la Hesse actuelle) . Les colonies et les municipes avaient, aussi bien que Rome elle-même, leurs thermes, leurs théâtres, leurs cirques et leurs amphithéâtres, mais surtout leurs places publiques (fora) ornées de temples et deportiques; enfin , leurs capitoles bâtis sur une hauteur et ordinairement couronnés, comme celui de Rome, par des temples consacrés à Jupiter, à Junon et à Minerve. Des capitoles sont tantôt occasionnellement mentionnés dans nombre de villes de l'Italie et des provinces, comme Gapoue , Bénévent , Marruvium (aujourd'hui San-Benedetto, dans le pays des Marses, au nord-est du lac Fucin), Histonium, Ravenne, Vérone, Milan, Séville (?), Toulouse, Nîmes, Autun, Rheims, Trêves, Gonstantine, Thamugas* entre autres; tantôt le nom ne s'en est conservé, comme à Florence et à Cologne , que dans des dénominations d'églises telles que, par exemple, celle de Sainte- Marie du Gapitole4.

« Aulu-Gelle, XVI, 43.

* Place située entre le quartier toscan (viens tuscus) et le marché aux bœufs, à Rome. — Le Germalus était une colline qui tenait au mont Palatin.

3 DeRossi, Nuove osservazioni intornola topografia Puleolana, Bull. JSap.y N. S., II, p. 156 ; Henzen-Orelli, vol. III, Index, p. 169, etc.

4 Braun, les Capitoles, en allemand. — Voir aussi pour Séville, Hub-

La mise en œuvre des constructions municipales incombait tantôt à des commissaires, nommés spécialement à cet effet, et que Ton appelait curateurs des travaux {curatores operum) ', tantôt aux fonctionnaires les plus élevés de l'administration communale, qui changeaient tous les ans et dont la pratique ordinaire était de traiter à forfait, pour ces travaux, avec l'entrepreneur le plus modéré dans ses prétentions, puis de recevoir les bâtiments achevés2. « Quand les villes, » ditPlutarque3, «mettent au concours l'édification d'un temple ou l'érection d'un colosse, elles écoutent les artistes qui viennent faire leurs offres, ainsi que présenter leurs plans et devis; puis, elles portent leur choix sur celui qui promet de mener l'œuvre à bonne fin le plus promptement, de la manière la plus parfaite et avec le moins de dépense. »

La communication de quelques extraits de la correspondance que Pline le Jeune, étant gouverneur de la Bithynie, entretint avec Trajan, vers l'époque de 111 à 113, laisse tomber plus de jour sur l'étendue, l'importance et le but de ces constructions municipales. L'autorisation impériale était nécessaire pour toutes les constructions nouvelles*. Pline l'obtint, en faveur de Pruse, près de l'O-

ner, G. I. L., II, 1194; puis Preller, Mythologie romaine, 215, 3 (en allemand); Henzen-Orelli, 6139, 6978, etc.; Aristide, Orat., I, p. 6, et II, p. 12 Jebb; Pausanias, II, 4/5 (pour Corinthe); G. I. G., II, 2943 (pour Nysa en Carie, du temps des triumvirs) ; 3074 (pour Téos).

1 Henzen-Orelli, Index, p. 161. — Voir aussi Annali d. Inst., XXIII, p. 15.

1 Mommsen, Droits municipaux de Salpensa et de Malaca dans les Dissertations de la Société saxonne, classe de philosophie et d'histoire, II, 445, etc.

* An vitiositas, etc., ch. m.

4 Rein, dans la Real-Encyclopxdie de l'antiquité classique, V, 229, publiée à Stuttgardt.

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