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Scène VII

Dutrécy, Aubin, puis Fromental et Madame de Verrières, puis DE LA PORCHERAIE

Dutr., seul Un mariage ! Voilà les ennuis de la famille qui vont commencer... mon déjeuner interrompu... cela me coupe l'appétit... Range ça... 15 Les entrevues !... les présentations... D'abord, si ça se fait, je veux que ça se fasse tout de suite. {Fromental et Madame de Verrières paraissent au fond introduits par Cyprien qui sort.)

From. Mon cher condisciple... depuis longtemps 20 j'avais hâte de venir vous serrer la main.

Dutr. Ce cher Fromental ! {Ils se serrent la main,)

From. Permettez-moi de vous présenter ma fille... veuve du colonel de Verrières. 25

Dutr., saluant. Madame, le docteur m'a dit que vous étiez prévenue... tenue de malade... veuillez prendre la peine de vous asseoir... {Aubin offre des sièges et sort.)

From. Mon cher condisciple... nous ne nous voy- 5 ons pas assez souvent...

Dutr. C'est vrai ; nous nous rencontrons tous les dix ou quinze ans.

From. C'est un peu votre faute... vous ne venez jamais à notre banquet de Sainte-Barbe... 10

Dutr. Oh ! vous savez... ces banquets-là...

From. Sont pleins de cordialité... on y lit des vers.

Mme. de Ver. Mon père...

From. C'est juste... j'arrive au but de notre visite... 15 Mon cher condisciple... j'ai un fils... Barbiste ! comme nous !... Georges... c'est son nom, est arrivé hier d'Amérique... Il avait entrepris ce voyage pour visiter les correspondants de notre maison de banque... et je puis dire qu'il a réussi 20 au delà de nos espérances... Il est fort intelligent en affaires...

Mme. de Ver. Et ce qui vaut mieux, c'est un garçon de cœur... de relations sûres et honnêtes...

From. Bref, avant son départ, il avait distingué 25 Mademoiselle Thérèse, votre nièce.

Dutr. Vraiment?... mais où a-t-il pu lavoir?... elle ne quitte jamais sa pension !...

Mme. de Ver. Chez une de nos amies communes, [24]

Moi 6^ Acte I. Se. vii

Madame de Puysole... que vous aviez autorisée à

faire sortir Thérèse les jours de fête. Dutr. En effet... moi je ne pouvais pas m'en

charger... un garçon...

From. Nous venons vous demander... franche- 5

ment... si vous n'avez pas d'objections à élever

contre une union que mes enfants et moi nous

désirons depuis longtemps...

Dutr. Mon dieu !... vous me prenez un peu au

dépourvu... J'aime beaucoup Thérèse... et je ne 10

vous cache pas que l'idée de cette séparation...

Cependant, si votre fils parvient à lui plaire... Mme. de Ver. Oh ! je crois que nous n'aurons pas

de résistance de ce côté-là.

From. La position de Georges est belle... Il est 15

intéressé pour un tiers dans mes opérations... De

plus, je lui donne 400,000 fr.

Dutr. Thérèse a de son côté...

From. 328,000 francs... je le sais... Dutr., étonné. Comment? 20

From. Nous avons le même notaire... Frémicourt...

C'est un Barbiste !...

Dutr. Ah ! très bien !...

Mme. de Ver. Mon frère, Monsieur, désire vivement vous être présenté... Si vous voulez nous 25

permettre de revenir...

Dutr. Quand il vous plaira... l'entrevue peut avoir

lieu aujourd'hui même...

From. Aujourd'hui ?...

Mme. de Ver. Vers trois heures, cela vous convient-il?...

Dutr. Très bien !... (Se ravisant) Ah ! diable !... c'est que... il faut que j'aille chercher Thérèse à sa pension... et elle est loin... sa pen- 5 sion...

Mme. de Ver. Ne vous inquiétez pas de cela- Madame de Puysole est autorisée à la faire sortir... Elle ira la prendre de votre part et vous l'amènera... ro

Dutr. Parfait î... c'est parfait !... Alors, je pense que ce mariage pourra marcher très vite.

Mme. de Ver. Ce n'est pas mon frère qui apportera des retards.

Dutr. Ni moi... parce que quand une chose est dé- 15 cidée... et puis, je ne peux pas garder une jeune fille chez moi... vous comprenez... un garçon !...

Mme. de Ver. Il faut toujours bien compter quinze jours.

From. Mettons un mois. 20

Dutr. Pourquoi, un mois ?...

From. Le temps de faire les publications...

Dutr. Ah ! oui... les publications... Il faudra se promener dans les mairies...

Mme. de Ver., vivement. Mon père se charge des 25 démarches...

Dutr. Parfait !... c'est parfait !...

From. Nous aurons ensuite à nous occuper d'un appartement...

Moi 8«- Acte I. Se. vii

Dutr. Oui... un appartement.

Mme. de Ver., vivement. J'en connais un délicieux... à notre porte... rue de Provence...

From. Il faudra le meubler...

Mme. de Ver. J'ai un tapissier qui passe les nuits... 5

From. Enfin, nous aurons à acheter la corbeille, le trousseau...

Mme. de Ver. Cela me regarde...

Dutr. Parfait !... c'est parfait !... Au surplus, Madame, si vous avez besoin de moi... je ne con- 10 nais rien à tout cela... mais je me mets à votre disposition...

La Por., entrant du fond. Ouf!... j'arrive de Passy L.

From. Monsieur de la Porcheraie... 15

La Por., saluant. Monsieur... Madame... C'est une bonne fortune pour moi de vous rencontrer !... {Bas à Dutrêcy.) Renvoyez-les... j'ai à vous parler de notre affaire...

Dutr., à Fromental. Allons !... voilà qui est con- 20 venu... nous nous sommes distribué le travail...

From., saluant. Mon cher condisciple... à trois heures !

Dutr. A trois heures... Quant à ce qui me concerne... je serai prêt... (Saluant Madame de 25 Verrières.} Madame... {Il les accompagne jusque la porte du fond. Fromental et Madame de Verrières sortent.}

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