‹ Moi, je ne suis pas un rebelleChapitre 11 sur 12 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

Puisque l'impression de cette brochure n'a pas e'té si vite que je l'ai écrite, ajoutons-y encore un post-scriptum.

Avant-hier {11 février), nous avons su que quelques messieurs Portugais , qui ne pensent pas politiquement comme nous, enrageaient un peu contre ce langage royaliste-national, qui n'est pas parlé avec des marrons chauds dans la bouche, mai3 qui dit trop distinctement et trop clairement la vérité et ses preuves, en se chargeant encore des réponses aux objections en forme. Contre cette plaie de vérité babillarde , le gouvernement de Lisbonne avait, disent-ils, trouvé un exorcisme^ en défendant, par tous les moyens possibles, toute introduction de vérités dans le royaume brésilièrement régénéré. Ils disaient encore davantage : « Que si les rebelles portugais qui » sont à Paris (c'est-à-dire moi et quatre autres, y com- » pris un vieux domestique) faisaient imprimer ici quel- » que chose qui ne leur fît pas, à ces messieurs non-re-

addere ( c'est très facile d'ajouter une sottise à une autre sottise) , elle est revenue de l'Amérique avec un quatrième pouvoir ( le pouvoir modérateur} qu'on lui inocula au Brésil ( Yoy. Lettres historiques et politiques sur le Portugal , pag. 211. Paris, 1827). On ne sera donc pas étonné si la charte brésilienne va en boitant : Une table à quatre pieds boite facilement , tandis qu'un trépied ne boite jamais. (Je renverrais volontiers encore notre charte quadrii' pède au Brésil ; je né doute pa? qu'elle en reviendrait enrichie d'un cinquième pouvoir ! . , . )

» belles y plus de plaisir que ne leur en fera mon post- » scriptum, on tâcherait de ne pas laisser donner cours » à ces importuns griffonnages. »

Moi, je suis bien sûr que je serais tenu de repondre devant les autorités de S. M. T. G. de l'abus de ma plume, si par malheur j'offensais par elle les lois de la France; mais quant à ces messieurs qui se fâchent d'entendre la défense des droits de ma patrie, de mon prince et de mes concitoyens, je ne me crois pas tenu à leur donner cfes satisfactions : cependant ils peuvent être sûrs que s'ils osent se présenter en lice , j'aurai la générosité de répondre aussi devant eux de ma logique et de la force de mes raisons, ainsi que de la justice de ma cause.

Si notre cause (des royalistes portugais) est mauvaise, pourquoi craint-on de nous entendre ? Si nous ne pouvons rien dire de bon ni de convaincant, et si nos adveisaires sont si sûrs de leurs armes et de leur justice qu'ils le semblent quand ils appellent toujours,, à tort et à travers, légitime tout ce qui concerne la charte brésilienne leur idole (*) ; roi légitime , l'empereur du Brésil ; droits légitimes , ceux qu'ils lui donnent; gouvernement légitime, celui qu'il a nommé,- institutions légitimes, la charte brésilienne ; usurpation légitime, celle qu'il commet sur les droits de son frère, etc., etc.; sans qu'ils nous présentent la loi qui fait tant de légitimités , pour= quoi donc nous fermer la bouche en Portugal, et vouloir qu'on nous la ferme aussi en France ? Si ces messieurs ont raison, eh bien ! de quoi se défendre? ils doivent

(*) Idole à laquelle ils sacrifient l'honneur, la dignité, l'indé-* pcndance , la gloire nationale, et les intérêts de leur patrie.

désirer des adversaires , des contradicteurs ; leur triomphe sera aussi plus e'clatant et notre confusion aussi plus grande... Pour moi, j'aimerais à les entendre produire leurs raisons , quoiqu'elles combattissent les miennes ; quel plaisir n'aurais- je pas, par exemple, à entendre une démonstration qu'onm'a dit avoir été faite un deces jours par quelqu'un de nos antagonistes , où il -prouva, clair comme le jour , « que dH être régent d'un royaume , est plus que d'en être le roi... «Est- ce qu'on choisit la France pour un pays capable de tout entendre sans qu'on y ait la permission d'en rire quelquefois, et de dire, à son tour? de temps à autre : cJest une sottise ? ( quipotest capere, capiat; qu'il prenne la casquette celui à qui elle ira bien.)

Je crois que ces messieurs , avec tout leur jargon de liberté de penser, de liberté de publier ses idées , de droits de la raison, de mépris de V autorité, etc., etc. , penchent un peu du côté de la convaincante logique d,e Mahomet : « ou crois, ou meurs! »

Paris, ce 25 Février 1828,

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