GARNIER
LTBRATRE ,
Hu€ de Valois ; N°. t, vis-à-vis la Cour des Fontaines , Palais -Royal.
EjV PETIT MOT DE PREFACE
Qui défend la justice par amour d'elle-même, et quand cette j ustice est de toute évidence,fait peu de frais pour disposer le lecteur en sa faveur. Aussi, tout ce que je demande est qu'on veuille bien peser impartialement mes raisons. Nous, les royalistes portugais, avons été gênés, rebutés, exilés par les gouvernemens légitimes. Moi-même, personnellement, j'ai été sommé de quitter Paris pour une résidence forcée à soixante lieues de la capitale de France, et cela dans un moment où j'étais au lit dangereusement malade , et j'ai obéi. Eh bien! malgré cela, comme je tiens à des principes et non à des intérêts particuliers , je n'en serai pas moins toujours l'ami de la légitimité et des gouvernemens légitimes. Les journaux français et étrangers ont annoncé mon exil , ainsi que celui d'autres émigrés portugais • quelqu'un a daigné s'occuper plus particulièrement de moi, et a publié les circonstances qui aggravaient ma position. Bien des personnes me croiront un homme dangereux ou un criminel j mais le motif avoué de mon exil n'était autre que de m'empêcher ( à la réquisition de l'ambassadeur d'Angleterre et du chargé d'affaires du Portugal intrus) de parler
au prince D. Miguel, quand il passerait par cette ville ; et cependant je n'avais rien de plus à dire à mon Prince que ce que je dis ici à tout le monde ; j'ai même demandé à qui avait la puissance de le permettre , qu'on me laissât parler à D. Miguel , en présence de l'ambassadeur d'Angleterre lui-même , si cela convenait à celuici j et comme je n'avais à dire que la vérité", j'étais prêt à parler avec plaisir devant qui que ce fut. Maintenant ( 18 février 1828) que le Prince D. Miguel ne peut plus m'entendre, avant que d'arriver en Portugal i et d'y agir comme il lui plaira 9 qu'il me soit permis de dire tout haut la vérité ; si maintenant elle ne peut plus servir à réclamer ici respectueusement devant mon Prince les droits de ma patrie, et à lui exposer combien, malgré l'oppression, cette patriereconnaît , respecte et chérit ceux du successeur légitime de Jean VI , de qui elle implore un secours que lui seul peut apporter aux malheurs de la nation qui le vit naître et qui l'adore, j'espère, du moins , que cette voix de la vérité trouvera des oreilles pour l'entendre et des cœurs pour l'aimer.
JE m SUIS PAS UN REBELLE ,
ou
LA QUESTION DU PORTUGAL