LES THÉRAPEUTES NE SONT PAS CHRETIENS
Suivant la tradition ecclésiastique, qui nous a été transmise par Eusèbe, les Thérapeutes sont des chrétiens judaïsants des temps apostoliques. Ils appartiennent à une Église fondée par saint Marc, vers Tan 45, à Alexandrie1. Cette tradition, tombée dans un complet discrédit, par suite des discussions qu'elle souleva au seizième et au dix-septième siècle, a été reprise au siècle dernier par le P. Bernard de Montfaucon, et récemment par M. Ch. Lenormant. Un historien allemand, M. Graetz, l'a môme outrée, en affirmant que le traité de la Vie contemplative, faussement attribué à Philon, est l'œuvre d'un gnostique ou d'un montaniste du troisième siècle.
La plupart des anciens auteurs ecclésiastiques, Épiphane2, Sozomène, Nicéphore, Suidas, ont accepté avec confiance l'assertion d'Eusèbe. Saint Jérôme dit de Philon : « Nous le mettons au nombre des écrivains ecclésiastiques, parce qu'il a lait l'éloge des
1 Hist. ecclesiastic, 1. II, ch. xyi.
2 De Hœresib,
LE MONACIUSMË JUIF.
nôtres en composant un livre sur la première Église fondée à Alexandrie par Févangéliste Marc1. » Il fut donc admis que les solitaires du lac Maria étaient des juifs convertis au christianisme. Au sixième siècle2, on en était venu à voir dans leur institution la première ébauche du monachisme chrétien. On traduisait les mots àcjxYjTifcoç $loq par : vita therapeutica. Un manuscrit du dixième siècle5 intitule ainsi le livre de Philon : Sur les fidèles circoncis, et convertis au christianisme, qui mènent en Egypte la vie monastique *. A cette époque, la critique n'avait pas encore pris place dans l'histoire, et cependant la question tranchée par cette glose ne paraissait pas à tous suffisamment éclaireie, car le copiste, après avoir donné satisfaction à l'autorité d'Eusèbe, a écrit au bas de la page la scolie suivante, qui pose timidement, mais exactement, le problème :
« Quelques-uns prétendent que ce livre de Philon concerne des moines juifs appartenant à la secte des Nazaréens; d'autres soutiennent qu'il s'agit de Juifs convertis, observant la loi de Moïse comme figure de la loi nouvelle; d'autres enfin, qu'il s'agit de parfaits chrétiens. Quelle que soit la secte à laquelle ces hommes se rattachent, c'est avec raison qu'on les nomme
1 Cotalog. Scriptor. ecclesiasticov.
- Voyez là-dessu? l'attestation de Cassien, dans le traité de la Vie contemplative, traduit par le P. B, de Montfaucon.
5 Manuscrit mentionné par Fabricius [Bibliothec. Grœc., t. IV, pari.)- Th. Mangey (t. II, p. 471 de son édit. de Philon) l'inscrit sous le n° 2203 II appartient à la Bibliothèque nationale, et porle aujourd'hui le n° 440.
Le manuscrit de Médicis porte en marge une glose un peu plus courte, mais présentant le même sens.
LE MOSACUISME JUIF. 21
Thérapeutes, puisqu'ils vivent de la vie monastique.. Saint Denis, dans son livre sur l'Histoire ecclésiastique, dit aussi qu'anciennement les moines s'appelaient Thérapeutes1. »
A mesure qu'on y regarda de plus près, la version d'Eusèbe parut plus invraisemblable. Au seizième siècle, Joseph Scoliger blâmait sévèrement L'évêque de Césarée d'avoir manqué à la vérité et d'avoir entraîné dans l'erreur Épiphane et ses successeurs. Des débats passionnés s'élevèrent sur ce point, et se prolongèrent jusque vers la moitié du dix-huitième siècle. Parmi les savants qui ont admis le christianisme des Thérapeutes on compte : Beveregius , P. Bellier, Fréd. Morel, Yossius, Th. Brunon, Bernard de Monfaucon. L'opinion contraire fut soutenue par Scaliger, G. Cavée, Blondel, Hanck, Th. Mangey, Fabricius, etc. La querelle s'est ranimée de nos jours. Le temps est venu de la vider définitivement.
Voici, en résumé, le récit d'Eusèbe.
Philon, chef de l'ambassade des Juifs alexandrins qui alla plaider, vers l'an 40, autribunal de Caligula, la cause du monothéisme d'Israël, revint à Rome, dans une extrême vieillesse, sous le principal de Claude, environ trois ans après son précédent voyage. 11 lut alors, en plein sénat, aux applaudissements des audileurs, le livre qu'il avait écrit sur cette ambassade2. Il rencontra saint Pierre dans la ville éter-
1 Le prétendu livre de saint Denis l'Àréopagïte est un ouvrage reconnu pour être apocryphe. Il a été écrit au sixième siècle. Il irest donc pas étonnant qu'on y trouve une opinion qui avait cours, à cette époque, sur le christianisme des Thérapeutes.
2 La Légation à Gains, livre traduit et commenlé dans nos Écrits
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nelle, reçut de lui l'Évangile cl se convertit au christianisme. Peu après, en 45. saint Marc fonda à Alexandrie une Église qui s'adonna aux pratiques de l'ascétisme. Le philosophe fut un des membres les plus considérables et les plus zélés de cette Église, dont il nous a laissé l'éloge dans le traité de la Vie contemplative.
Dans ce récit il n- y arien que l'on puisse démontrer par des preuves directes; au contraire, la plupart des laits allégués sont invraisemblables, ou même matériellement impossibles. A partir de l'année 41. Philon disparait tout à coup à nos regards. On ne sait rien de lui, sinon qu'il vivait encore sous Claude ; car la Légation à Gains fait allusion à des événement accomplis sous le régne de ce prince.
La lecture de cet ouvrage devant le sénat est évidemment le prétexte sur lequel Eusèbe essaie d'établir le motif du retour de Philon à Rome. En effet, pourquoi le philosophe aurait-il de nouveau quitté l'Egypte, puisque Claude, sur les instances d'Hérode Agrippa, avait rendu deux édits qui garantissaient les Juifs contre toute vexation dans l'empire, et leur donnaient gain de cause à Alexandrie? Eusèbe a-t-il oublié que le polythéisme gréco-romain est flétri en termes de la plus grande énergie dans la Légation a Gains, que la noblesse de Rome y est présentée dans la plus humiliante abjection sous les pieds des Césars? Il n'a pas songé que la lecture d'un pareil écrit, au lieu d'un triomphe (puisqu'on aurait décidé de le
historiques de Philon d Alexandrie. Paris. 18G7. Librairie académique. 1 vol. in-8°.
LE MONACHIStiE JUIF.
placer comme un monument dans les bibliothèques publiques), aurait valu au philosophe la prison et le supplice. Nous avons établi ailleurs1 que Philon avait soixante-quinze ou quatre-vingts ans en 40. Il parle, dans la Légation à Gains, de- ses cheveux blancs, de l'expérience acquise pendant une longue carrière passée au sein de l'étude et de la méditation ; il parle de la traversée en vieillard que la mer a beaucoup fatigué2. Pour donner quelque ombre de vraisemblance à un second voyage, il faudrait imaginer un motif politique, philosophique ou religieux, autre que la lecture périlleuse et incroyable qui sert de fondement à cette tradition.
Philon, d'ailleurs, n'a pas pu rencontrer saint Pierre, à Rome, en 44.
D'après la chronologie des Bénédictins3, Tapolre vint, pour la première fois, en Italie, vers 65, sous Néron. Le philosophe alexandrin avait alors cent ou cent cinq ans; il aurait eu, au moins, cent dix ans, quand il écrivit le traité de la Vie contemplative, nécessairement postérieur, dans le système d'Eusèbe, à la rencontre de Philon et de saint Pierre.
Ainsi, Eusèbe s'est trompé, en faisant venir l'apôtre à Rome, sous Claude ; et l'absence de tout témoignage authenlique rend difficile à admettre l'excessive prolongation de la carrière du philosophe, la-
1 Ecrits historiques de Philon. etc., p. 11 et sniv.
3 « Quel ennui, quel regret, s'écrie-t-il, d'avoir, au milieu de l'hiver, traversé de vastes mers..., sans nous douter qu'une tempête, plus terrible que les coups de la mer, nous attendait sur terre! »
L'Art de vérifier les dates, t. Ier. Chronoîog*. du Rout. Testam.).
quelle seule rend possible sa rencontre à Rome, vers 65, avec saint Pierre.
Où Eusèbe a-t-il puisé l'histoire des relations de saint Pierre et de Philon ? Dans une tradition orale ? quelle en est la valeur? Dans une tradition écrite? pourquoi n'en a-t-il pas indiqué la source ? Le récit de l'évèque de Césarée s'explique, toutefois, assez aisément. On trouvait dans les traités de Philon une théologie, une morale et une exégèse très-rapprochées de celles des Pères. Le livre de la Vie contemplative parlait de rites, de cérémonies, d'une doctrine et d une discipline conformes aux institutions chréliennes. On était, d'ailleurs, à cette époque, dans une grande ignorance sur l'état intellectuel et matériel du monde juif durant les deux siècles qui avaient précédé notre ère ; personne alors ne songeait à croire que le philosophe alexandrin avait pu trouver les doctrines et les mœurs des Thérapeutes au sein du judaïsme ; en l'admettant, on aurait craint d'enlever au christianisme quelque chose de son originalité céleste. On en concluait que Philon, comme Sénèque, avait été évangélisé. De même qu'on fabriquait toute une correspondance entre saint Paul et Sénèque, on imaginait, de la meilleure foi, que le prince des apôtres avait converti Philon.
On peut enfin démontrer que la date assignée par Eusèbe à la fondation d'une Église à Alexandrie est erronée.
Jusqu'en 41, c'est-à-dire jusqu'au moment ou une Eglise se forme à Àntioche, la prédication évangélique n'a pas franchi les limites de la Palestine. L'apos-
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tolat de saint Paul, considéré comme une nouveauté dangereuse par les uns, comme une apostasie par les autres, provoque au sein de 1 Église-mère de Jérusalem une très -vive émotion, qui fut à grand'peine apaisée par la décision du premier concile, tenu en 51 ou en 52. Après ces événements, saint Pierre séjourne longtemps à Àntioche. Nous atteignons ainsi la fin du principat de Claude, qui meurt en 54. Les Actes des apôtres nous montrent, pendant cette période, saint Marc occupé ailleurs qu'à Alexandrie. Nous le voyons à la suite de saint Paul, pendant sa première prédication de Cilicie et de Chypre (49-51). Dans une seconde prédication, en 5W2, nous le retrouvons avec Barnabé sur les côtes d'Asie Mineure. L'évangéliste, qui, depuis sept ans, pouvait revendiquer la gloire d'avoir, le premier, dans le plus grand centre de l'Orient, fondé une Église florissante, se serait-il condamné à ce rôle secondaire, se serait-il constamment effacé devant tous, môme devant Barnabé? Comment admettre que le succès obtenu à Alexandrie, s'il fut obtenu à l'époque indiquée par Eusèbe, ait été omis par l'Odyssée apostolique, qui mentionne des succès de bien moindre importance ? Nous concluons, avec V Art de vérifier les dates, que l'Église d'Alexandrie ne put exister avant Tannée 65, car nous savons, par les Actes des apôtres, que Pierre eut Marc pour interprète et pour compagnon dans ses prédications, qui se terminèrent, dit-on, vers ce temps-là.
La conversion de Philon au christianisme fût-elle chronologiquement vraisemblable, elle n'en resterait
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pas moins un fait insignifiant pour nous: l'œuvre entière du philosophe (y compris le livre en question) n'offre aucune trace de ce prétendu christianisme1. En effet, nous allons voir maintenant se multiplier les difficultés contre le système d'Eusèbe, si nous examinons le livre de la Vie contemplative.
On n'y saisit aucune allusion applicable à Pévangéliste Marc. Le nom de Jésus, pour lequel les Églises primitives montrèrent tant d'amour enthousiaste, n'y est pas mentionné. C'est répondre faiblement à ces remarques, que d'accuser l'initiation imparfaite de Philon. Le philosophe est très-exactement informé de tout ce qui concerne les Thérapeutes, et il expose leur règle jusque dans les moindres détails. Il y a une dernière ressource, fournie par Suidas : « Philon, d'abord converti, se sépara ensuite de l'Église, et, par un motif de vengeance, se refusa à écrire le nom du maître qu'il avait quitté. » Mais, pour satisfaire son dépit, l'historien avait deux moyens plus logiques et plus sûrs : le premier, c'était de no rien dire de l'Église ; le second, c'était de l'attaquer. Quant à celui qu'on lui prête d'en célébrer les louanges, en observant certaines réticences, il est au moins étrange.
Il est impossible d'entendre ce que Philon dit des Thérapeutes, comme s'il parlait des premiers chrétiens. Il en fait une secfe religieuse et philosophique,
Saint Augustin l'a constaté en termes exprès. Il nous présente le philosophe alexandrin comme un homme d'une science vaste, l'un de ceux dont les Grecs n'ont pas craint de comparer le tangage à celui de Platon ; il ajoute que Philon a donné certaines interprétations de l'Écriture, mais que ce n'était pas dans le but d'expliquer le Christ, en qui il n'a jias cru. [A<lv. Faust., 1. "XII.)
possédant des traditions écrites sur les principes qu'il faut appliquer à l'interprétation des allégories contenues dans lesÉcrilures. Il s'agit donc d'une secte ancienne, ce qui ne convient pas à l'Église de Marc, qui aurait été de fondation récente. Il s'agit d'une secte adonnée à la spéculation, ce qui répugne à l'esprit modeste et pratique des Églises primitives.
Philon dit expressément: «Les Thérapeutes étudient la philosophie que leurs devanciers leur ont léguée, et en scrutent les allégories... Ils possèdent d'anciens commentaires que les fondateurs de la secte ont écrits en grand nombre sur les allégories, et qui servent de modèles à leurs successeurs. » Les solitaires continuent donc une œuvre depuis longtemps commencée, tandis que les chrétiens auraient été à la première génération. Il est fait mention, non pas d'un fondateur unique, mais de plusieurs, ce qui implique une création collective et anonyme, et ne désigne ni Marc, qui, selon la tradition, travailla seul à fonder l'Église d'Alexandrie, ni Jésus. Ces fondateurs sont qualifiés Kantiens (waXaiot avSpeç) ; cela ne convient ni à Jésus ni à ses apôtres, contemporains de Philon. Ces fondateurs ont laissé de nombreux écrits sur une science subtile, étrangère aux doctrines évangéliques. Jésus, d'ailleurs, n'a jamais rien écrit. Lorsque E<tsèbe affirme enfin que ces hommes d'un autre siècle, qui ont laissé un grand nombre de traités relatifs à l'interprétation des livres saints par l'allégorie, sont les apôtres, il dépasse les limites permises de la conjecture.
Philon dit encore : « De partout on envoie, à titre de-
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colons, les Thérapeutes les plus vertueux dans un lieu fort propice, qui paraît être considéré comme la patrie de la secle ; ce lieu est situé près du lac Maria, non loin d'Alexandrie. » Cela suppose une organisation préparée de longue main, et exclut l'idée d'une Église naissante. Le monastère du lac Maria est réputé le centre de la secte; comment accorder cette tradition avec l'usage bien connu des premiers chrétiens, qui considéraient l'Assemblée de Jérusalem comme l'Église-mère, et, selon la coutume juive, y envoyaient chaque année des présents et des aumônes?
Philon affirme que les Thérapeutes sont plus nombreux en Egypte que dans aucun autre pays. Ou bien Phiion se trompe et nous trompe, ou bien il ne parle pas d'un établissement chrétien. En résumé, la plupart des traits qui ont servi à l'auteur de la Vie coutemplative pour caractériser la fondation, l'organisation, les tendances et la doctrine des Thérapeutes, ne conviennent nullement à une institution .apostolique^
Montfaucon parle avec chaleur de l'autorité et de la sincérité d'Eusèbe. Ces éloges perdent quelque valeur, quand on voit le critique désavoueH'historien sur les deux points principaux. Montfaucon repousse, en effet, avec saint Augustin, le christianisme de Philon; puis, il transporte la fondation de l'Église d'Alexandrie, de l'an 45, indiqué par Eusèbe, à l'an 67, date plus rationnelle et conforme à la chronologie des Bénédictins. 11 obtient de la sorte certains avantages, mais chèrement achetés par un sacrifice qui infirme l'ensemble de la tradition rapportée par l'évêque der Césarée. Là où le texte grec repousse invinciblement
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l'idée qu'il s'agit d'une Église, c'est, suivant Montfaucon, la faute du judaïsme de l'auteur, sorte de voile épais, interposé entre lui et ces saints personnages ; là où les mœurs et la règle des moines se rapprochent d'une institution chrétienne, Montfaucon triomphe avec excès.
L'écueil de ce système est la prolongation extraordinaire attribuée, sans preuve, à la carrière de Philon, qui n'aurait pas eu moins de cent dix ou de cent quinze ans quand il a composé le livre de la Vie contemplative. Montfaucon essaye de se tirer d'embarras, en équivoquant sur les termes, pourtant si précis, de la Légation à Caius, que nous avons mentionnés plus haut. En parlant de son expérience et de sa vieillesse, le philosophe a voulu seulement dire qu'il était plus vieux que les autres députés alexandrins ses collègues : car il n'avait guère qu'une quarantaine d'années à cette époque. Voilà une étrange ambassade, composée (contrairement à l'usage constant des anciens) de jeunes gens, et destinée à traiter une affaire d'où dépendait le sort du peuple juif tout entier !
Sur un autre point, Montfaucon n'est pas plus heureux ; il emploie le même procédé d'équivoque. Les anciens fondateurs de la secte des Thérapeutes sont, pour lui, des hommes âgés; car, dit-il, le mot rSuv.zz a souvent ce sens. Reste à expliquer comment Philon a pu appeler hommes ûgés^ Jésus, mort à trente-trois ans, et ses apôtres, qui entraient alors pour la plupart dans la maturité. Montfaucon énumère ensuite douze marques évidentes du christianisme des Thérapeutes, parmi lesquelles nous signalerons le renoncement aux
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choses du monde, l'état florissant de la secte, les assemblées et les prédications du septième jour, la distribution intérieure du temple, dans lequel se trouvent deux lieux séparés par une cloison haute de quelques pieds, et attribués à chacun des deux sexes, l'austérité et l'humilité des solitaires, leur hiérarchie, leur repas mystique, leur prière vers l'orient. Ce sont là des constatations défait que nous acceptons comme telles, et qui constituent un ensemble d'analogies aussi frappantes qu'incontestables entre les rites et la doctrine des Thérapeutes et ceux du christianisme, sans qu'on en puisse conclure toutefois que les Thérapeutes étaient chrétiens.