‹ Mois de MarieChapitre 33 sur 48 · INVOCATION · texte numérisé non relu

INVOCATION

Prosternés à vos pieds, nous vous offrons. Vierge si bonne, ce tribut de nos louanges. Conduisez-nous heureusement- pendant notre carrière ; et dans le dernier combat , assistez-nous, 6 douco Marie. Ainsi soit-iU

HYMNE DE SAINT CASIMIR

HYMNE DE SAINT CASIMIR

Ne passez aucun jour, 6 mon âme, sans rendre vos hommages à Marie, célébrez ses fêtes et ses vertus avec amour.

Contemplez, admirez sa grandeur, publiez le bonheur de la Mère de Dieu, le bonheur de la Vierge-Mère.

Honorez -la , afin qu'elle vous délivre du poids de vos péchés, invoquez-la, de peur que le torrent des passions ne vous entraîne.

Omni die die Mari»

Mea laudes, anima ; Ejus festa, ejus gesta, Cole devotissima

Contemplare et mirare Ejus celsitudinem, Dicfeiicem Genitricem, Die beatam Virginem.

Ipsam cole, ut de mole Criminum te liberet.

Hanc appella, ne procella Vitiorum superet.

(1) Rien de plus gracieux en latin que ce petit poëme de saint Casimir. Comme il est tres-rare de le trouver dans les livres de piété, nous nous décidons à le donner tout entier, avec la traduction. Mais il est impossible de rendre en noire langue le charme de cette poésie du cœur et la douce harmonie de ces vers léonins et de ces rimes redoublées. r.ha]ue strophe renferme plusieurs difficultés vaincues avec uu art merveilleux, et qui n'ôte rien à la simplicité de la prière. C'est uu petit chef-d'œuvre inspiré par l'amour le plus tendre. Il y a un travail (mmense ; on ne le sent pas; on prie. Mais heureux ceux qui ont pu «inteodre chanter cette hymne céleste dans les pays de la foi, en Suisse par exemple, et dans quelques églises du midi de la France. C'est une mélodie pure et ravissante, c'est un entrain qui fait monter les Âmet jusqu'au trône de Marie; c'est un chaut d'amour et de reconnaissance» de gloire, et de triomphe l

Ce jeune Saint mourut le 4 mars 1442, à l'âge de 25 ans. Il voulat emporter djns la tombe sa belle prière Omni die : on la mit sur sca cœur. Un siècle après, on retrouva son corps sans aucune marque de corruption, et l'hymne sainte aussi intacte que si elle venait d'être écrit*.

Hsec persona nobis dona Contulit cœlestia ; Bîec Regina dos divinâ Collustruvit gtatià.

Lingiia mea, die trophea Virginis puerperae ; Quœ inflictum maledictura Miro transfert germine.

Sine fine die Reginae Mundi, laudura cantica; Ejus bona semper sona, Senaper illa praedica.

Omnes mei sensus, ei Personate gloriam.

Frequentate tara beatae Virginis memoriam.

Nullus certe tara disertas Exstat eloquentiae Qui condignos promat

hymnos njus excellentiae.

Omnes laudent , unde gaudent, Matrem Dei Virginem.

Nullus fingat quod attingat Ejus celsitudinem.

6ed necesse, quod prodesse Plis constat mentibus:

Dt intendam, quod impen-

dam In ipsius laudibns.

Ave, Maria...

C'est elle qui nous a donné les grâces célestes ; c'est elle, c'est cette puissante Reine qui nous a éclairés de la divine lumière.

Chantez, ô mon àme, les victoires de la Vierge Mère de Dieu; celle dont le fils adorable a seul anéanti l'arrêt de notre malédiction.

Chantez sans fin les louan^-es de la Reine du monde, célébrez ses bienfaits et répétez les merveilles de sa vie.

Que tout en moi fasse éclater sa gloire, que tout redise la mémoire de cette bienheureuse Vierge.

Assurément il n'est pas sur la terre une bouche assez éloquente pour chanter dignement les louanges de ses perfections incomparables.

Que tous la bénissent, cette Vierge, Mère de Dieu, et cause de notre bonheur , mais que personne ne s'imagine pouvoir dignement célébrer ses grandeurs.

Mais s'il est si utile aux âmes de la louer, je ne puis me taire, je ferai tous mes efforts pour lui plaire ; je m'épuiserai à. chanter ses louanges.

Je vous salue, Mario^vv

HYMNE DE SAINT CASIMIR

Quoique je sache bien que personne ne saurait dignement louer Marie, ce serait pourtant une folie^ un crime de taire ses louanges.

Sa vie pleine de sagesse, ses mœurs toutes célestes suffisent pour détruire tous les vains sophismes et les mensonges de l'hérésie.

Ses vertus comme de belles fleurs sont l'ornement de l'Église, ses actions, ses discours sont une source merveilleuse de toutes grâces.

La faute d'Eve nous avait fermé l'entrée du paradis, la foi et l'obéissance de Marie nous ouvrent la porte du ciel.

Eve sur les hommes avait attiré la sentence de l'exil, Marie nous ouvre la voie qui conduit à la patrie.

Elle est singulièrement digne d'amour et de gloire aux yeux de tous les hommes : rien de plus juste que de lui donner sans tesse des témoignages de respect et d'honneur.

Puisse-t-elle m'obtenir de faire tout ce que son fils m'ordonne, afin qu'au terme de ma vie j'aie

Quamvis sciam quod Mariam Nemo digne prsedicet; Tamen vanus et insanus Quisquis illam reticet.

Cujus vita erudita Disciplina cœlica; Argumenta et figmenta Destruxit haeretica.

Cujus mores tanquam flores Exornant Ecclesiam ; Actiones et sermones îliram praestant gratiara,

Evae crimen nobis limen Paridisi clauserat ; Haec dum crédit et obedit, Cœli claustra reserat.

Propter Evaui homo saevam Accepit sententiam; Per Mariam habet viam, Quae ducit ad patriam.

Hsec amanda et laudanda Cunctis specialiter ; Venerari, praedicari Eam decet jugiter.

Ipsadonet,ut,quodinoaet Natus ejus, faciam; Ut, finitâ carnU Tit&,

A LA SAhNTE VIERGE, Letus hune aspiciam.

O cunctarum faeminarum Decus atque gloria 1 Quam elec^am et evectam Scimtis super oninia.

Clemens, audi, tuue laudi Quos instantes conspicis.

Manda reos , . et fac eos Donis dignos cœlicis.

Virga Jesse , spes oppressse Mentis et refngium, Decus mundi, lux profun-

di, Domini sacrarium.

Ave, Maria...

Vitae forma, morum norma, Plénitude gratiae ; Dei templum, etexeraplum Totius justitiae.

Virgo, salve, per quam valvae Cœli patent miseris; Quam non flexit nec allexit Fraus serpentis veteris.

Generosa et forraosa David régis fi lia, Quam elegit Rex, qui régit Et creavit omoia.

le bonheur de le voir dans les deux.

O vous, rhonneur et la gloire de votre sexe, vous, bénie et prédestinée entre toutes les autres créatures.

Écoutez avec bonté les chants de ceux qui célèbrent vos louanges avec ardeur; purifioz leurs cœurs, et rendez-les dignes de la grâce céleste,

Tige de Jéssé, douce espérance, et refuge des âmes accablées par la douleur ; ô gloire du monde, lumière des cieux, sanctuaire glorieux de la divinité...

Je ?ous salue, Marie. . .

Modèle d'une vie sainte , exemple de toutes vertus, source abondante de la giâce, temple sacrj de la Divinité, miroir de toute justice.

0 sainte Vierge, salut! c'est TOUS qui ouvrez la porte du ciel aux pécheurs ; vous seule n'avez pu être séduite ni blfssée par la malice de l'antique serpent.

Vous êtes pleine de gr âce et de beauté ô fille du roi David ; tou»

êtes l'Élue du Roi puissant qui a tout créé et qui dirige et gouverne le monde entier.

HYMNE DE SAINT CASIMIR

Perle brillante , rose vermeille, lis de pureté, c'est vous qui conduisez au bonheur des cieux le chœur immortel des Vierges !

Donnez à mon âme la grâce de bien faire et de bien dire, afin que je chante dignement la gloire et les mérites de vos vertus.

Je désire avant tout, et avec ardeur, que vous graviez en moi le souvenir de vos vertus, afin que je puisse chanter sans cesse et dignement votre gloire.

Quoique je reconnaisse bien que mes lèvres sont souillées et indignes de vous bénir, je ne puis me taire, et j'oserai chanter votre gloire.

Réjouissez - vous , ô sainte Vierge, digne de toute louange et de tous les hommages de la terre, c'est vous qui avez rendu la liberté aux pauvres pécheurs condamnés à l'exil.

Toujours pure, et féconde , ù Vierge Mère d'un enfant-Dieu; t Vierge - mère, semblable au palmier qui porte des fleurs et des fruits !

Que les fleurs et les parfums qui s'exhalent de cet arbre mys-

Gemma decens, rosa rccens, Castitatis lilium, Castum chorum ad polorum Quœ perducis gaudiiino.

Actionis et sermonis Facultatem tribue.

Ut tuorum meritorum Laudes promam strenue.

Opto nimis, ut imprimis Des mihi memoriam, Ut decenter et fréquenter Tuam cantem gloriam.

Quamvis muta et pol-

luta Mea sciam labia, Prsesumendum, nec silen-

dum Est de tuâ gloriâ.

Virgo gaude, omni laude Digna et praeconio, Quae damnatis, libertatis Facta es occasiû.

Semper munda et fce- ♦ cunda, Virgo tu puerpera ; Mater aima velut palma Florens et fructifera.

Ejus flore et odore Recreari cupimuSi

Cnjus fractu nos a luctu Liberari credimus.

Ave, Maria. ..

Pulchra tota sine nota Cujuscumque maculas, Fac nos niundos et jucun-

dos Te laudare sedule,

O boata per qnara data Nova mundi) gaudia !

Et aperta fide certâ Régna sunt cœlestia.

Per te mundiis laetabundus Nuvo fulget lumine, Antiquarum tenebrarum Exutus caligine.

Nunc potentes sunt egentes Sicut olim dixeras ; Et egeni fiunt pleni.

Ut tu prophetayeras.

Per te morum corruptorum Delinquuntur dévia ; Doctrinarum perversarum Palsa sunt prsestigia.

térieux réjouissent notre âme I c'est tout notre désir : et que ses fruits nous délivrent de la mort, c'est toute notre espérance.

Je TOUS salue, Marie...

0 Vierge toute pure et belle, sans tache, sans flétrissure, purifiez notre âme, et daignez nous accorder de célébrer vos louanges avec joie, avec amour !

Vierge bienheureuse, c'est par vous que la joie a été rendue au monde ! et, nous le croyons fermement, c'est par vous que la porte des cieux a été ouverte à la terre.

C'est par vous que le monde dans l'allégresse a brillé d'une nouvelle splendeur, et que les ténèbres antiques dont la terre était couverte ont été dissipées.

Aujourd'hui les puissants du monde sont dans la misère , comme vous l'aviez prédit, tandis que les pauvres de la terre sont dans l'abondance ; votre pro phétie est accomplie !

C'est par vous que les âmes égarées dans le sentier du vice reviennent à la justice, et c'est vous qui dissipez les vains près* tiges des doctrines perverses.

HYMNE DE SAINT CASIMIR

Vous nous apprenez à mépri- »er le luxe et la vanité du monde; comment il faut chercher Dieu, dompter la chair , et résister au mal;

Comment il faut élever notre cœur en haut par un saint amour de la piété, comment on mortifie le corps , comment on réprime les révoltes de la chair, par le désir des célestes récompenses.

C'est V0U5 qui avez porté nritre Seigneur Jésus dans vos chastes entrailles, Jésus notre Sauveur, et qui nous avez ainsi rendu la gloire de notre première origine.

Devenue mère , sans cesser d'être vierge, vous avez enfanté un Fils, le Roi des rois et le créateur de toutes choses.

Soyez bénie, ô vous qui avez détruit la sentence de la mort, et qui avez obtenu le pardon aux malheureux pécheurs qui n'avaient plus d'espérance.

Je vous salue, Marie. ..

Qu'il soit à jamais béni le Roi invincible du ciel ! Vous êtes sa mère, nous le croyons fermement ; il est né de vous, c'est vous qui nous l'avez donné, ce Dieu Sauveur des hommes.

Mundiluxusatquc fluxus Docuisti spernere :

Deum quaeri, caméra teri, Vitiis resistere ;

Mentis cursum tendi sursum Pietatis studio, Corpus angi, motus frangi, Pro cœlesti praemio.

Tu portasti inter casti Ventris claustra Dominum Redemptorem, ad honorera Nos reformans pristinum.

Mater facta, sed intacta, Gonuisti filium, Regem regura atque rerum C''eatorem omnium.

Benedicta , per quara victa Mortis est sententia :

Destitutis spe salutis Datur indulgentla.

Ave, Maria...

Benedictus Rex învictas, Cujus Mater crederis, Nobis datus, ex te natu»i Nostri salus generis.

Reparatrix, consol&trix Desperanlis animae, A pressura, quae ventura Malis est, nos redirae.

Pro me pete, ut quiète Sempiternâ perfruar ; Ne tcrnientis coraburentis Stagni miser obruar.

Qiiod reqiiiro, quod sus.

piro, Mea sana vulnera ; Et da menti te poscenti Giatiarum muneia.

Ut sim castus et modestus, Dulcis, blandus, sobrius, Pius.rectus, circumspectus, Simultatis nescius ;

Eruditus et munltus Divinis eloquiis, Timoratus et ornatus Sacris exercitiis ;

Constans, gravis et sua- Yis, BRnignus, amabilis, Simplex, purus et maturus, Patiens et liumilis ; Corde prudens, ore Btudens VeritaU'm dicere ; Malura noleiis, Deum co-

lens Pio semper opère.

0 douce réparatrice, vous êtes la consolation des âmes cjui ont perdu toute espérnnce. Ah ! délivrez nous des malheurs réservés aux coupables.

Demandez pour moi le bonheur de la paix éternelle, et que je ne sois pas plongé dans les tortures de l'abîme de flammes.

Entendez ma prière et mes soupirs, guérissez les plaies de mon cœur, et donnez à mou âme qui vous implore l'abondance de toutes les grâces.

Faites que je devienne chaste et modeste, do^ix, soumis, sobre, pieux, droit, discret, et eimemi de la fraude et du mensonge ;

Que je sois éclairé, fortifié par la parole divine, que mon cœur apprenne à craindre le mal, et s'enrichisse de vertus dans les saints exercices de la piété ;

Que je sois fort et constant, grave et doux, bon, aimable, simple, pur et prudent, patient et humble ;

Que mon cœur soit prudent, que mes lèvres aiment dire la vérité, que je déteste le mal, et que je glorifie sans cesse moa Dieu par toutes mes œuvres.

HYMNE DE SAINT CASIMIR

Soyez la protectrice et le secours du peuple chrétien. Donnez-nous la paix, et que les tempêtes du siècle ne puissent jamais nous troubler!

Étoile bienfaisante de la mer, astre digne de toutes louanges, vous surpassez en beauté toutes les étoiles des cieux et toutes ses splendeurs I

Je TOUS salue, Marie. . .

Par votre douce prière, soutenez ceux qui recourent à vous, et réchauflfez leur cfBur : que tout ce qui peut appesantir ou souiller nos âmes soit écarté par vos mains !

Réjouissez-vous, ô sainte Vierge, parce que vous nous avez délivrés des pièges du démon, en devenant réellement dans votre chair virginale la mère de Dieu.

Toujours pure et vierge vous avez enfanté un Dieu descendu des cieux, vous avez été mère, sans perdre la fleur de votre virginité.

Car vous êtes restée ce que TOUS étiez, vierge toute pure, en devenant mère, et lorsque vous portiez dans vos bras, et nourrissiez de votre lait le Dieu qui TOUS a donné la vie.

Esto tutrix et adjutrix Ghristiani populi ; Pacera praesta, ne molesta Nos perturbent sseculi.

Salutaris Stella maris Summis digna laudibus, Quae praecellis cunctis

stellis Atque luminaribus.

Ave, Maria...

Tuâ dulci prece fulci Supplices et refove ; Quidquid gravât vel dépravât Mentes nostras, remove.

Virgo, gaude, quod de fraude Daemonis nos libéras, Dum in vera et siucera Deum carne gêneras.

Illibata et dotata Cœlesti progenie, Gravidata, nec privata Flore pudicitiae.

Nam quod eras, persévéras, Dum intacta gêneras, Illum tractans atque lactans, Per quera facta fuerafl.

Commcndare me dignare Christo tuo Filio :

Ut non Cc-idam, sedevadam De muiîdi naufragio.

Fac me mitera, pelle 11-

tem, Compesce lasciviam.

Contra crimen da mnni-

men Et mentis constantiara.

. Non me liget, nec fatiget Sœculi cupiditas :

Quae indurat et obscurat Mentes slbi subditas.

Nunquam ira, nimquam dira Me vincat elatio :

Quœ multorum fît malo-

rum Fréquenter occasio.

Ora Deum, ut cor raeum Sua servet gratia :

Nec antiquus inimicus Seminet zizania.

Da levamen et juvamen Tuum illis jugiter, Tua festa sive gesta Qui colunt alacriter.

Ave, Maria. . .

Daignez prier pour moi Jésus- Christ votre Fils; afin que je ne tombe pas dans le péché, mais que j'évite le naufrage du monde.

Faites que je devienne doux et humble, que j'évite toutes discordes. Apaisez en moi l'amcup des plaisirs sensuels, défendezmoi contre la tentation du mal, obtenez-moi le courage et la constance.

Que je ne sois plus enchaîné, abattu par la cupidité du siècle, qui endurcit et obscurcit les âmes soumises à son empire.

Que jamais la colère, que jamais l'orgueil ne puisse m'entraîner ou me vaincre, l'orgueil qui est pour tantd'honimes la source ordinaire des plus grands maux.

Priez le Seigneur qu'il garde mon cœur dans sa grâce, et que l'antique ennemi ne puisse semer l'ivraie dans mon âme.

Donnez toujours votre appai et la consolation à ceux qui vous invoquent et qui célèbrent avec joie et piété vos fêtes et TO»

bienfaits.

Je vous salue, Marie.. .

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