LA PRUDENCE
et interprète sa pensée. La prudence, dit-il. nous monde la fin, la vraie fin, et nous apprend à choisir et à prendre les moyens sûrs pour y arriver. C'est elle qui indique et ce qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter. Ainsi, elle évite toujours les extrêmes et tout excès: elle tient le juste milieu entre ces extrêmes, qui ne conduisent jamais au but.
La prudence, dit-il, ne marche pas seule : l'expérience, la circonspection, la prévoyance, la docilité, dirigent toujours ses actes et inspirent ses paroics; ce sont comme ses compagnes fidèles. Mais rien ne lui est plus opposé que la témérité d'abord, et la négligence, pardéfaut; et puis, peu excès, la ruse ou l'astuce ainsi que la prudence de la chair, comme dit l'Évangile, et la trop grande sollicitude des choses temporelles et de l'avenir.
C'est après avoir donné ces notions si précises sur la vertu de prudence, que le Docteur angélique s'écrie avec saint Augustin : 0 mon Dieu! combien d'hommes passent pour sages et prudents sur la terre, et ne sontviaiment que des insensés devant vous! 0 quam multi prudentes dicuntur, plane insipientes coram Deo!... Voyez donc, ô nies frères, et vous, mon cher lecteur, examinez bien si vous marchez avec précaution,
et où vous niiez : Videte itaque, fratres, qnomoâo caide umbnlèih; depeurqu'unjourvous ne -oyez
obligés tic dire : Insensés que nous riions ! nous Bous sommes donc trompés! Ne furie dicalis :>'os pis nsati! Ergo erravimus (Sap. v, 4, 6).
Il s nions en un seul mot l ouïe celle doctrine
et di ncorc avec saint Thomas, que la
len c consiste à bien choisir la In, el à prendre les moyens pour y arriver : ileda judiciu\'j recta velle.