DIX-NEUVIÈME JOUR
Quatrième motif de soulager le^ Ames du Purgatoire :
La reconnaissance des défunts.
1^ Dans le purgatoire.
2^ Dans le ciel.
REMiER POINT. — C'est une opinion bien reçue, parmi
les Tiiéologiens, que les Ames souffrantes intercèdent^ même dans le Purgatoire, pour ceux qui les assistent. Elles ne peuvent rien obtenir pour elles-
mêmes, et leurs prières sont sans frnit, quand elles demandent la fin de leurs tourments ; mais il n'en est pas de même des prières qu'elles font pour leurs bienfaiteurs. Ces supplications sont dans l'ordre de la Providence, elles ont tout ce qu'il faut pour toucher le cœur de Dieu, et ne sont point accompagnées des défauts qui rendent les nôtres trop souvent infructueuses. Ces bonnes x^mes sont pures et saintes, chéries du Seigneur, et toujours parfaitement unies à lui ; elles prient sans distractions, avec ferveur, avec persévérance, et leur crédit est si grand, dit un pieux auteur, que, si l'expérience de chaque
jour n'était là pour en rendre témoignage, à peine pourrait-on le croire.
Il y a donc tout à gagner pour nous, Ame chrétienne, à échanger ainsi nos prières contre celles de nos frères les morts, et le meilleur moyen d'obtenir de Dieu ce que nous sollicitons, c'est de les intéresser à notre cause, en la leur confiant eten offrant pour eux, à cetteintention, nos bonnes œuvres, le saint sacrifice de la Messe, et toutes les Indulgences que nous pouvons leur appliquer.
Oh ! prions donc souvent, prions beaucoup pour les Ames bénies et reconnaissantes du Purgatoire, et elles prieront efficacement
pour nous ! Elles offriront à Dieu pour nous tout le mérite de leurs indicibles souffrances. Oh ! oui, c'est une occupation sainte et salutaire qae la pensée des morts, comme dit l'Ecriture : Sancta cogitatio !
Deuxième point. — Le Ciel est la patrie de la reconnaissance, et les Ames délivrées par nos suffrages nous demeureront attachées par les liens d'une gratitude éternelle. Pourront-elles nous oublier lorsque nous les aurons mises en possession des richesses éternelles, du vêtement de gloire et d'immortalité ; lorsque nous leur aurons rendu leur place au banquet de l'Agneau, où elles pour-
ront enfin manger le pain des Anges dont elles sont afTamées ?
Oh ! non, non assurément, elles ne nous oublieront jamais : elles penseront à nous, elles seront attentives à tous nos besoins, elles veilleront sur nous comme d'autres anges gardiens. Du haut de leurs trônes, elles jetteront les yeux sur nos périls et sur nos maux, conjureront Dieu sans cesse de nous épargner les épreuves, d'éloigner de nous toutes les tentations et les dangers et uniront leurs supplications aux nôtres, pour faire une sainte violence au cœur de Dieu. Quels secours dans nos besoins! Quel soulagement dans nos peines !
Quels auxiliaires précieux ! A notre agonie, quels consolateurs et quels soutiens! Quels avocats puissants au jour redoutable du iugement ! Et si nous venons à tomber dans le Purgatoire, ces Ames que nous aurons délivrées, ne viendront-elles pas à leur tour nous visiter, nous consoler, jusqu'à ce que nous soyons parvenus auprès d'elles, dans les splendeurs delà béatitude éternelle ?
Mon Dieu, que d'avantages, que de consolations de toute sorte dans la dévotion aux fidèles trépassés! Heureux donc et bienheureux ceux qui prient pour les morts. (( Tout ce que nous leur
donnons par charité, dit saint Ambroise, se change en grâces pour nous, et après notre niort nous en trouverons le mérite cent fois doublé. »
EXEMPLE
^j^NE personne pieuse et cligne de foi (l^a écrit les lignes suivantes qui sont une preuve de l'efficacité des prières des Ames du Purgatoire.
(( Je désirais le rétablissement de ma pauvre santé, bien compromise, et je m'étais adressé à Notre-Dame-de- Lourdes, fi TEnfant-Jésus, à saint Joseph, sans rien obtenir. Ce n'est qu'après avoir supplié les saintes Ames du Purgatoire de prier pour moi, que j'ai été exaucée. Je leur avais donné jusqu'à Noël, leur promettant des suffrages et des messes, si à cettte époque
je pouvais remplir mes devoirs religieux et reprendre mes occupations.
Bénies et remerciées soient ces chères et bien-aimées protectrices : je suis radicalement guérie ! Aussi, me suisje empressée d'accomplir tout ce que je leur avais promis. Vous voyez combien le bon Dieu désire la délivrance des Ames captives du Purgatoire, puisqu'il force pour ainsi dire à recourir à elles, à prier pour elles, pour obtenir une foule de grâces qu'il veut faire passer par leurs mams. Quant à moi, je suis convaincue de cette vérité, car j'affirme que toutes les faveurs que Dieu m'accorde, je les dois à la prière de mes bonnes amies du Purgatoire. Tout ce que je demande sans elles, je ne l'obtiens pas, et avec elles, je ne désespère de rien, j'espère même contre toute espérance. »
Instruisez-vous par cet exemple,
Ame chrétienne, et soyez convaincue que vous pourrez tout obtenir par l'entremise de vos frères les morts.
PKEÉRE,
0 saintes Ames du Purgatoire, je prie le Seigneur Jésus, qui est mort pour vous, d'avoir pitié de vos douleurs. Puisse-t-il, par l'aspersion de son sang, vous rafraîchir au milieu de vos tourments ! A votre tour. Ames charitables, daignez intercéder pour moi. Vos prières seront entendues, car vous êtes dans la grâce. Demandez donc pour moi les faveurs spirituelles et temporelles qui me sont le plus nécessaires ; demandez plutôt que jefasse une sainte mort et que je sois un jour au Ciel avec vous.
Requiescant in pace !