DIVIN CŒUR DE JÉSUS
Cœur adorable de mon Sauveur, c'est à tous nue i,
amll n' * S01t pour votre Sloire et pour votre
amour Da.gnez vous-même parler à mon cœur ef
|" accorder la grâce de faire du bien Tux âmes oué
ou a„nez an,, et qui vous ont coûté si cher Ue vous
» pne par le Cœur immaculé de votre mère, sur leauë
SStataLTE* et q,,i, seul a le mieuï --" -
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peu de jours, à votre autel de Parav-le-Mon al ™
es aouleurs et les désirs de votre Cœur.
« 0 mon doux Jésus, source éternelle d'amour Père* « des m.sencordes et Dieu de toutes consolions ani
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« de réparer le» outrais dont j'ai pu me rendre eou- " pable, ainsi qu<- d'autres pécheurs, enfonce mvstère a d'un amour infini, outrages qui ont blesse votre Cœur (i si tendre et si aimant : je me consacre et me dévoue « entièrement a ce même Cœur, je me donne a lui, « moi, et tout ce que je suis, et tout ce que je pui- ( jamais avoir de mérites et de grâces à vos yeux, et « je promets de faire tout ce que je pourrai pour sa « gloire.
« De plus, je choisis pour ma mère bien-aimée, la « Bienheureuse vierge Marie votre douce mère; je me « voue pareillement, je me consacre et me donne tout « entier, corps et àme, à son Cœur Immaculé, et je « m'engage à faire tout ce que je pourrai pour étendre « et propager son culte, et surtout à faire honorer le « mystère de sa Conception Immaculée, selon le désir « et l'intention de l'Église. »
Daignez donc bénir ce travail, ô mon adorable Rédempteur. A vous seul gloire et amour, et pour nous le mépris et la confusion!... C'est la grâce que je désire et que j'espère, car je vous l'ai demandée, et je tous la demande encore de tout mon cœur.'
21 juin 1868, Fête de saint Louis de Gonzague.
C'est à Paray-le-Monial que la pensée de cet ouvrage nous a été donnée. Là, tout est plein de pieux souvenirs, tout vit de la grâce... Nous avons vu l'autel même où Jésus a parlé, l'autel où il a révélé les richesses et les désirs de son Cœur à sa fidèle épouse la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, cet ange de la Visitation... Le corps de l'humble religieuse repose sous le divin tabernacle... on voit dans le chœur, à gauche et près de la grille, la place où elle était, quand Jésus lui dit : Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes!...
Par une faveur insigne de Monseigneur TÉvêque d'Autun, il nous a été permis d'entrer dans le monastère et de visiter ces saints lieux, où Jésus est descendu plusieurs fois... Nous avons traversé les corridors où la Bienheureuse a si souvent passé, nous avons pu baiser les dalles que ses pieds ont touchées , pour aller communier... Nous avons suivi les longues allées du jardin tout couvert de lis, pour aller à la chapelle mystérieuse consacrée par elle au Cœur de Jésus, et nous y avons célébré la sainte Messe. C'est là que nous avons promis à Notre-Seigneur d'essayer d'écrire quelques pages sur son Cœur adorable...
Puis, après une action de grâces qu'il a fallu trop tôt terminer.., on nous a conduit au bosquet des noisetiers, où Jésus-Christ a parlé de ses douleurs à la Bienheureuse. — Un groupe charmant rappelle ce fait aux religieuses , sœurs de Marguerite-Marie... Deux belles
statues arrivées de Metz, quelques lemaines avant la ncuvaine, devaient être bénites ce jour-là. — On DOUA pria de faire la pieuse cérémonie... Oh! qu'il touchant, ce spectacle! Sur un petit tertre de gazon et jout couvert de roses et de lis, Jésus debout semble descendre du ciel même! Il tient une couronne d'épines sur son Cœur; une autre couronne, de fleurs, est tombée à ses pieds, car son épouse sainte n'en a pas voulu.... Elle est elle-même à genoux, in piano sur la terre nue, et son regard est fixé sur son céleste Maître... Elle a ici le voile blanc, car elle n'était que novice, quand elle reçut cette faveur insigne. Autour de ce groupe sacré, sous l'ombrage de ces mêmes noisetiers, étaient rangées toutes les religieuses du monastère, en silence. Soudain des voix pures, harmonieuses, ont fait entendre un saint cantique, où se trouvait rappelé le fait merveilleux de l'apparition, et une douce prière pour la personne qui avait fait don de ces statues à la communauté :
0 saint et doux mystère!
0 touchant souvenir !
En ce lieu solitaire Jésus daigna venir!
Oui, sous ce même ombrage S'abrita mon Sauveur, Quand son divin langage Révéla sa douleur.
Heureuse Marguerite, Voici ton bien-aimé !
De sa tendre visite Ton cœur est enflammé.
L'amour seul peut entendre Les accents de sa voix; L'amour seul peut comprendre Les secrets de la Croix !
Elle aussi t'en supplie :
Verse à flots tes faveurs Sur la fidèle amie Si chère à tous nos cœur? !
La bénédiction fut précédée de quelques mots sur le bonheur, qui remplissait toutes les âmes en ce sanctuaire miraculeux, et suivie du cantique des actions de grâces, le Magnificat... que les voix ému^s purent à peine achever.
Et puis, combien d'autres détails plus touchants encore, s'il est possible, dans la visite du monastère! On nous montra le petit escalier qui conduit à un pauvre oratoire que la Bienheureuse avait érigé au Sacré-Cœur, et dont les poutrelles basses ont été peintes par elle, ou du moins par ses novices. On nous montra même la pauvre écurie, où l'on enfermait l'ànesse du couvent, et dont il est parlé plus d'une fois dans la vie de la sainte, notamment dans la vision du bosquet de noisetiers.
Un peu plus loin, nous traversions la cour où Jésus descendit environné de Séraphins, et lui parla encore de son Cœur, qu'elle voyait plus éclatant que le soleil. Une table de marbre rappelle ce fait prodigieux.
Enfin, il nous fut permis d'entrer dans la petite cellule de l'infirmerie où mourut la Bienheureuse... Ella a été changée en chapelle , et là , quelles richesses de grâces! Sans parler d'une partie de ses ossements sacrés, on y voit dans un beau reliquaire ce qui reste de ses vêtements; sa robe, son voile bénit, ses instruments de pénitence, et enfin, renfermés aans un petit autel, en forme de tombeau, tous ses écrits ; glorieux héritage pour la famille sainte de la Visitation , trésor sacré où
• INTROnrCTfON.
déjà l'on a puisé pour nous donner 'Jeux volumes précieux de documents, et qui nous semblent, par leur simplicité même, offrir plus d'intérêt au pieux Lecteur que toutes les autres vies de la Sainte (1)1
Avant de sortir, on nous fit passer par le préau où se trouve encore le puits dont il est parlé dans ces d>,~ cuments. C'est là, en effet, que la Bienheureuse Marguerite-Marie, un jour, en tirant de l'eau, se brisa plusieurs dents... Nous avons pu prendre, en nous penchant au-dessus de ce puits, quelques feuilles de fougère, qui, réunies à une petite branche de noisetier et aux pensées cueillies dans le jardin, pourront nous rappeler tous ces souvenirs religieux, et les plus douces émotions de la grâce que nous ayons jamais éprouvées.
Aussi nous fut-il impossible de dissimuler cette impression et de cacher nos larmes, quand il fallut sortir, et lorsque la porte de la bienheureuse solitude se referma sur nous pour ne plus s'ouvrir;... du moins, nous n'oserions :amais l'espérer, ni solliciter une aussi grande faveur.
C'est donc là, à Paray-le-Monial, où nous avions été appelé pour la neu vaine préparatoire à la fête du Sacré-Cœur, fête la plus solennelle, on le pense bien> pour cette sainte communauté, c'est là, que nous avons médité les quelques pensées recueillies et mises en ot dre dans ce livre.
Il y aura deux parties principales. La première sera consacrée à de simples et pieuses méditations sur le Cœur de Notre-Seigneur Jésus- Christ.
La seconde contiendra un recueil des plus belle*
(i) Vie et Œuvres de la bienheureuse Marguerite- Marie Aiacoque, 2 vol. in-8*. — A Paris, chez Poussielgue frères, rue Cassette; — à Paray-le-Monial, à la Visitation même.
prières à ce divin Cœur, et quelques autres oraisons analogues en l'honneur du Cœur Immaculé de Marie.
Nous partagerons ce mois , comme celui de Saint- Joseph, en trois neuvaines, et un triduum; ce qui nous donnera, pour tous les jours de juin, une lecture pieuse et un sujet d'oraison.
La première neuvaine renfermera une suite d'exercices ou de considérations sur l'image même du Sacré- Cœur de Jésus.
11 nous a paru, que plus on contemple ce touchant symbole, plus on y découvre de trésors cachés et d'enseignements divins. Nous aurons donc à méditer sur ce Cœur adorable d'abord, sur sa croix, et sa couronne d'épines , sur la plaie , le sang et la flamme , tous les attributs, en un mot, de cet emblème mystérieux.
La seconde neuvaine nous introduira dans le Cœur même du divin Sauveur, eu nous apprenant comment il s'est révélé à nous. Le cœur en effet, dont la vie est toute cachée et intérieure, a nécessairement des moyens pour communiquer ses pensées, ses impressions et ses sentiments : il a plus d'un langage. Le cœur a des regards, des larmes, des soupirs, des cris, des transports ; mais, c'est par la parole surtout, qu'il se révèle aux âmes et leur manifeste sa vie. C'est donc, en méditant toutes ces formes diverses de communications, que nous apprendrons à aimer Jésus, dont le Cœur a toujours été pour nous si plein de bonté et de miséricorde.
Mais, comme c'est surtout par les actes, par les dévouements et les sacrifices que les cœurs peuvent se révéler, dans la troisième et dernière neuvaine noua nous attacherons à la méditation des mystères où ce Cœur divin nous a témoigné plus de tendresse, et à la considération des titres les plus propres à réveiller la
confiance dans tel .nues, et l'amour des vertus dont i nous a donné l'exemple.
C'est avec bonheur que nous allons entreprendre ce nouveau travail. Déjà depuis deux iob on nous a\ lit demandé un mois du Sacré-Cœur... jamais nous n'aurions osé l'entreprendre; mais à Paray, tout nom semblé possible, et les prières du pieux monastère Dons soutiendront. Les sœurs de la Bienheureuse Mar^-u. rite-Marie nous ont promis de lui demander pour Doua une grâce de lumière, et nous espérons avoir puisé à sa glorieuse tombe un peu de cet amour, qui suffit pour inspirer dans un si beau sujet.
0 douce et aimable vierge, Marguerite-Marie, fleur simple et modeste, qui avez orné et embelli le délicieux parterre de la Visitation, ô perle précieuse, pierre céleste de ce trésor sacré et le plus riche héritage de la famille sainte de François de Sales et de Jeanne de Chantai, ô Bienheureuse et chère Sœur, priez pour moi... O vous à qui Jésus a révélé les richesses ineffables de son Cœur, et confié les plus intimes secrets de ses douleurs, de ses désirs et de son amour, obtenezmoi d'en parler avec grâce, c'est-à-dire pour le bien des âmes. Qu'en parcourant ces pages, quelques pauvres pécheurs, un jour, reviennent et se convertissent à la vérité de la foi; que des âmes tièdes sentent se rallumer en elles les ardeurs de la charité et de la ferveur; et qu'enfin les cœurs purs et déjà fidèles y trouvent des flammes plus dévorantes d'amour et de zèle... Que tous y apprennent à connaître, à aimer Jésus!
Amen!