LDC,IX, H
Notre-Seigneur Jésus^Christ, n'étant venu sur laterrequepourglorifiersonPèrecéleste et pour sauver les homme., n'a jamais eu que cette pensée ce désir et ce but dans su vie mortelle ; c était ta fin de toutes ses œuvres, le terme de tous ses travaux et de ses souffrances. Son divin Cœur étaitpleindece sentiment, et, "^^ ses discours il parlait de l'abondance de ce Cœur adorable, a ne parlait que du royaume de Dieu c'est-à-dire des mystères du ciel, et pour faire connaître et aimer son Père, dont il étendait
ainsi les conquêtes dans les âmes. Il a môme fait la dernière année de sa vie une sorte de mission publique dans le temple de Jérusalem. Il y prêchait tous les jours, dit le saint Évangile, Erat quotidie docens in templo (Luc, xix, 47), pour convertir ce peuple infidèle et ingrat. Mais les historiens de sa vie n'ont pas même donné une seule analyse de ces discours sacrés, où sans doute son Cœur se révélait à chaque instant, pour apprendre aux hommes à aimer Dieu et le prochain, puisque c'est toute la loi qu'il interprétait avec une autorité divine : Tanquam potestatem habens.
Nous allons chercher dans ce livre saint les discours les plus célèbres de Jésus, pour étudier et mieux connaître son Cœur. Le sermon sur la montagne d'abord, puis quelques-unes de ses paraboles, et enfin le plus beau de tous ses discours, celui de la Cène.^e sera le sujet de troi? méditations bien importantes.
Le sermon sur la montagne renferme trois parties admirables : I. Les béatitudes. IL La perfection de la loi du Christ. III. La révélation de la prière ou le Pater. Nous verrons que toutes ces paroles sont sorties du Cœur même de Jésus, de l'abondance de ce divin Cœur : Ex abundantin Cordis.
1 Les Béatitudes. — Commençons pu les
rappeler toutes, et que ces mots tombés des le'
de Jésus restent Bdèlement gravés dans fOtr.
âme : « Jésus donc, voyant la multitude du peuple nui le suivait, monta sur une colline, en vue de Jérusalem, et quand il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. Alors, commençai, a parler il les instruisit en ces termes (Matth. Y, 1 2 etc.) : Beati pauperes spiritu, quoniam xpsorùm est regnum cœlorum.- Beati mites, quoniam ipsi possidebunt terram. — Beati qui luqent, quoniam ipsi consolabuntur . — Beati qui esuriuntetsitiunljustitiam.quoniamipsisatura-
buntur. -Beati miséricordes, quoniam ipsi misericordiam consequentur. - Beati mundo corde, quoniam ipsi Deum videbunt. - Beati pacifia, quoniam filii Dei vocabuntur. - Beati qui persecutionem patiuntur propter justitiam, quoniam ipsorum est regnum cœlorum. (Matth. v, Î 4 etc.) — « Heureux ceux qui sont pauvres ^esprit, parce que le royaume des Cieux leur appartient. -Heureux ceux qui ont de la douceur, car ils posséderont la terre. - Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consoles. - Heureux ceux quiontfaim et soif delajustice, car
ils seront rassasies. - Heureux ceux qui usent de miséricorde, car ils obtiendront miséncorde.
LES EFFUSIONS DU GOEUh DE JÉSUS. 131
— Heureux ceux dont le cœur est pur, car ils verront Dieu. — Heureux ceux qui ont l'esprit pacifique, car ils seront appelés les fils de Dieu.
— Heureux ceux qui souffrent persécution pour ^a justice, parce que le royaume des cieux leur appartient... »
Quelles paroles ! et quelle dut être la surprise de tous ceux qui les entendirent! y en eut-il beaucoup dans cette foule qui purent comprendre ee sublime langage d'un Cœur divin? Beatiî... Heureux! A ce premier mot la terre dut tressaillir d'amour et tous les cœurs s'ouvrir d'espérance: Heureux... les pauvres; Fétonnement Commence, et, quand la raison de ce bonheur inconnu est donnée : Parce que le ciel leur appartient, tousse regardèrent sans doute et semblèrent lemander l'explication de cemystère. Mais Jésus, continuant son discours, prononçait encore une parole plus mystérieuse : Heureux ceux qui pleurent, etc. Et toujours il ajoutait une espérance d'éternelle félicité, de bonheur céleste, seule insolation dans les chagrins de la vie.
Or c'est précisément cette promesse donnée au cœur de l'homme qui nous prouve que ces paroles sont sorties du Cœur d'un Dieu, et Ton ne pourra jamais assez admirer ni trop répéter cette sentence inspirée par le Génie du Chris-
ne : « Une religion qui a fait de l'espérance une vertu est nécessairement une religion dî vine; » car c'est le seul mot qui réponde à ton tes les aspirations du cœur humain. Ce pauvre CCWir en effet veut absolument le bonheur et un bonheur sans fin; mais, comme il n'y en a pas sur la terre, et qu'il ne pouvait y trouver qu'une ombre vaine, un simulacre trompeur de cette félicité, il se voyait condamné à vivre ou plutôt à mourir sans cette espérance... Et voilà que Jésu ■•; d'un seul mot nous la donne!... Beati..., quoniam consolabuntur . ?
Dans la méditation, il faudra, en parcourant toutes ces béatitudes, admirer l'ordre et l'enchaînement de ces vérités saintes, les comparer entre elles, et remarquer, qu'avant de donner ces enseignements ineffables au monde, et de nous faire ces promesses sublimes, Jésus avait déj; commencé à nous éclairer par l'exemple de toutes ces vertus surnaturelles et divines.
H. La perfection de ses lois. — Après les béatitudes, Jésus-Christ entre dans l'exposition d< ses préceptes saints. Il va promulguer cette loi sacrée d'amour, mais d'un amour parfait et inconnu jusque-là sur la terre. C'est le Cœur d'ui Dieu qui parle au cœur de l'homme ; et pour
montrer ia supériorité de ses commandements sur la loi qui avait été donnée au Sinat et gravée sur la pierre, il oppose le texte même du décalogue aux préceptes nouveaux qu'il va nous imposer. Y Dictum est antiquis, non occides; ego autem dico vobis, benefacite his qui oderunt vos. . . Dictum est antiquis, non mxchaberis, ego autem dico vobis... etc. (Matin. v,2i...)Il a été dit à vos pères, dans la première loi : Vous ne tuerez pas... et moi je vous dis d'aimer vos ennemis, de faire du bien à ceux qui vous persécutent, lia été dit aux anciens : Vous ne commettrez pas d'adultère, et moi je vous dis, tremblez qu'un regard n'éveille une seule pensée de convoitise dans votre âme, car vous seriez adultères à mes yeux.
Et puis, ce sont les préceptes divins de la charité même. . . Donnez à celui qui vous demande. . . mais le bien que vous faites, gardez-vous de le faire devant les hommes à dessein dêtre vu... Quand vous faites l'aumône, que votre main gauche ne sache pas ce que fait votre main droite... Ne vous amassez point de trésor sur la terre, où les vers et la rouille consument tout, et où les voleurs pénètrent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel,.. Car, où est votre trésor t là aussi est votre cœur.
11 faudrait vraiment transcrire ce discours en
entier ; il n'y a pas une seule parole qui ne révèle le Cœur d'un Dieu, et cet amour immense de Jésus pour la gloire de son Père céleste, et [jour le bonheur des hommes qu'il appelle ses frères.
Mais que serait-ce si, interprétant le texte de cette loi toute d'amour, nous prouvions qu'elle renferme déjà le germe des divins conseils que Jésus-Christ s'est réservé de donner plus tard ? Dans l'exorde même et la conclusion de ce premier discours, vous trouverez, si vous méditez bien les paroles du divin Maître, la pensée de cette perfection dont il nous a donné l'exemple, je veux dire le germe des vertus de pauvreté, de chasteté, d'obéissance, d'humilité et d'abnégation ; vertus célestes dontle nom même n'était pas connu, avant qu'il soit venu nous l'apprendre.
En un mot, ces enseignements sacrés, toutes ces paroles sont d'un Dieu , et comme les lèvres de ce Dieu parlaient de l'abondance de son Cœur, ainsi qu'il nous l'a dit lui-même, ce discours entier, ces promesses de félicité, cette loi d'amoui n'est que l'expression ou la révélation de son divin Cœur.
III. La troisième partie de ce discours sublime uous convaincra encore plus parfaitement de
cette vérité. — C'est la leçon de la prière. La prière n'est autre chose que l'élévation du cœur à Dieu, un cri de la terre au ciel, un hommage, un soupir, un regard inspiré par l'amour ou la reconnaissance. Voici comme vous prierez, dit le Seigneur Jésus. Sic orabitis: Pater nostcr qui es in cœlis, etc. (Matth., vi, 9.) Notre Père qui êtes dans les cieux, etc.
Tout le monde sait cette prière, il y a b ien longtemps que vous la récitez, mais avez-voin jamais bien médité ce placet divin ? Avez- vouj compris cette oraison sublime, dans laquelle le Cœur de Jésus s'est donné tout entier à vous par la révélation de ses deux sentiments d'amour pour Dieu et pour les hommes? Tout est dans celte prière. Essayez de la réciter aujourd'hui [selon la deuxième manière des exercices de saint Ignace, c'est-à-dire^ n réfléchissant dans votre cœur sur chaque mot, et en goûtant bien chaque demande renfermée dans les deux parties de la supplique divine, et vous verrez que le Cœur d'un Dieu pouvait seul nous apprendre à lui parler ainsi : Pater!.,. Notre Père!... yy
Il ne peut entrer dans ma pensée de faire ici, même une courte et simple paraphrase àuPater. Il y en a partout: la plus belle est, sans contredit, celle de Ludolf ; la plus naïve est celle dite
I ;:, TREIZIÈME .IOUH.
de la Jardinière; tous la connal loi douta
Un avocat distingué de Paris en a fait Imprimer une dernièrement qu'il voulait, disait-il, laisser comme un héritage à ses enfants, parce qu'ils devaient toujours trouver dans cette prière une force qui fût leur soutien dans les épreuves de la vie (1).
Je ne demande qu'une seule chose au pieux lecteur, c'est de dire son Pater avec attention, et il comprendra ce qu'il serait trop long et inutile de chercher à prouver dans cet exercice, que cette prière est venue du ciel, et que toutes ces paroles, inspirées au Cœur de Jésus, nous révèson ses plus intimes sentiments d'amour pour tèrepère et pour nous.
Avec quelle confiance donc il faut dire cette prière, avec quel amou r ! Et comment Dieu pourrait-il refuser de nous accorder les grâces que nous lui demandons, lorsque nous nous servons, pour toucher son cœur, de la formule que son Fils a daigné lui-même nous dicter? 0 prodige de bonté ! Non-seulement il a promis, non-seulement il a juré de nous accorder tout ce que nous demanderons en son nom, mais il a été jusqu'à
(1) L'Oraison Dominicale ■, Paris, chez Achille Faure. Malheureusement ce petit livre n'est pas dans le commerce, et l'auteur a voulu garder l'anonyme.
nous donner la supplique, et nous apprendre la prière qu'il fallait lui adresser, et nous craignons encore!... nous hésitons!... Ah! c'est bien certainement parce qu'elle manque de confiance, que notre prière est impuissante, et que souvent tious n'obtenons rien, car Dieu ne peut manquer à sa promesse. \/
Vous terminerez cette méditation en disant trois fois le Pater , et en faisant passer cette prière par le Cœur de Jésus même, qui nous l'a révélée, afin d'obtenir la grâce de bien comprendre sa parole, et d'aimer et de pratiquer fidèlement ses divines lois.
QUATORZIÈME JOUK US EFFUSIONS DU CŒUR DE JESUS (Sotoj
Dtl'X PAHABOLKft.
Ex abundantia Cordis os loqui
tur.
Labouclte parle de l'abondance
du Cœur.
(Mattb. xii, 34.)
Et sine parabolis non loquebatur.
Et il ne parlait pas sans parabole.
(Matth. xiii, 34.^
Jésus-Christ, Dieu de vérité, Dieu d'amour, parlait toujours avec simplicité, le plus souvent inême en paraboles, comme le prouve ce texte évangélique. Il aimait h révéler les grands mystères du royaume de Dieu sous la forme naïve de comparaisons, d'images ou de récits populaires et à la portée de toutes les intelligences. Ce caractère particulier de sa mission divine avait été prédit et annoncé par les prophètes : Aperiam in parabolis os meum. (Ps. lxxvii, 2.)
LES EFFUSIONS DU COEUR DE JÉSUS. 14â
il nous serait impossible d'étudier ici en particulier toutes les paraboles du divin Maître. Nous en choisirons deux seulement, mais elles 'jerontDour nous une lumière et une grâce, dans le sujet qui nous occupe, car nous y trouverons la révélation des tendresses du Coeur de Jésus pour l'âme fidèle, pour ceux qui l'aiment, et la révélation de ses miséricordes infinies pour ceux qui l'abandonnent et qui l'outragent. Ce sera donc : I. La parabole du bon Pasteur, et II. La parabole de l'Enfant prodigue.
I. Ego sum pastor bonus... (Joan. x, 41.) Il semble vraiment que Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même ne pouvait trouver assee de termes, pour nous dire combien il nous a aimés; il a comme épuisé toutes les expressions et pris tous les titres possibles, afin de nous témoigner ce que son divin Cœur renferme d'amour pour les hommes. C'est un ami, un frère; tout à l'heure nous allons voir que c'est un père, et quel père ! Ce n'es* pas assez, une mère pourrait encore oublier son (Mitant, mais lui, jamais! Ici,c'estlebon Pasteurt Pastor bonus; — bon pour les brebis fidèles, — bon surtout pour les brebis infidèles, et par conséquent malheureuses. Deux pensées, que nou? ne devons pas séparer dans cette méditation.
r<3 QUATORZIÈME JOUR.
1° Pour les brebis fidèles d'abord. — Le boc Pasteur les oonottt toutes, il \a> aime, les protège et les nourrit.
Je les connais, dit-il : Ego cognoscn oves meas, (Joan.x, 14) etelles connaissent ma voix, et elles me suivent partout : Oves mese vocem meam audiunt, et ego cognosco eas et sequunturme. (J oa \ \ . x, 25.) Il les appelle par leur nom, dit Jésus- Christ lui-même, et un prophète dit que ce nom est écrit dans ses mains et dans son Cœur.
Il les aime tendrement, il fait ses délices d'être au milieu de ce troupeau chéri, et sa joie la plus vive est de leur faire du bien. — Lœtabor super eiSy cum bene eis fecero, in toto corde meo, in iota anima mea. (Jer. xxxii, 41 .] C'est le désir le plus ardent de son Cœur. Il les visite avec sollicitude et amour. Ego ipse requiram oves meas et visitabo eas. (Ezech. xxxiv, il.) Il les aime jusqu'à donner sa vie pour elles. Et animam meam pono pro ovibus mets. (Joan. x, 15.)
ïl les protège et les défend contre la dent du loup, et contre tous les dangers qui peuvent fondre sur elles. Tandis que le mercenaire prend la fuite, le bon Pasteur veille, et sauve le troupeau qui lui appartient, car ce sont ses brebis à lui. Il peut bien les confier à d'autres, à ses Pon- 4ifest à ses Prêtres, mais ce sont toujours ses bre-
bis, ses agneaux ; il dira à Pierre : Pasce oves ME AS, agnos ME OS, et ce n'est que par lui que l'on pourra entrer dans son bercail, avoir grâce et quelque droit pour soigner son troupeau et le conduire dans les pâturages de la vérité. Ego sum ostium ovium; per me si quis introierit... pascua inveniet. (Joan. x, 7, 9.)
Il les nourrit, non-seulement en les conduisant dans les meilleurs pâturages, mais il les nourrit de sa main et ne cesse de leur prodiguer ainsi mille caresses : que dis-je?. . il les nourrit de son sang et de sa chair adorable Ce sang qu'il a répandu pour les sauver, sur une croix, il le répand encore tous les jours sur la pierre sacrée des autels, dans le calice des mystères saints, et il le donne à boire à ses brebis, pour les purifier et leur communiquer sa vie, qu'il sacrifie sans cesse pour leur amour : Animam meam pono pro ovibus meis. (Ibid. 15.)
2° Et ce tendre pasteur, si bon pour la brebis fidèle, qui demeure auprès de lui, qui répond à sa voix et le suit partout, que fera-t-il, si l'une Telles vient à l'abandonner, si, imprudente, elle fuitlesgras pâturages, où il venait de la conduire, et si, refusant d'entendre sa voix, elle court au loin et finit par se perdre et s'égarer? Àh! c'est alors que le Cœur du bon Pasteur va se révéler
à nous. Inquiet, alarmé, aussitôt qu'il voit une brebis de moins dans le troupeau, une brebis qui peut se perdre, et que peut-être les loups cruel vont bientôt dévorer, une pauvre petite brebimoins en danger de mourir de faim dans les diserts arides, où elle vient de s'engager, il laisse là tout le reste du troupeau, il abandonne quatre vingt-dix-neuf brebis fidèles, pour courir après celle qui a disparu. Il cherche, il appelle... il finit par la trouver, hélas ! toute meurtrie et blessée, au milieu des ronces et des épines...
Et c'est dans ce tableau vivant de la miséricorde que vous allez apprendre à connaître le Cœur de Jésus. Ce bon pasteur, non-seulement ne menace pas, ne frappe pas de sa houlette la brebis fugitive, mais il écarte avec soin les épines qui la retiennent et qui la blessent, et puis, l'ayant retirée doucement, il la prend dans ses bras, la presse sur son cœur, et, triomphant d'amour, il la rapporte au bercail : Imponit in numéros suos g audens. (Luc. xv, 5.) Contemplez cette douce image du bon Pasteur, et entrez dans le Cœur de Jésus qui se réjouit avec ses Anges d'avoir retrouvé cette pauvre brebis et de l'avoir arrachée à la mort. Dabo eis Cor, ut sciant ; ah ! nous comprendrons à la fin, et nous l'aimerons!
IL La parabole de l'Enfant prodigue— J'avais d'abord le dessein de citer ici cette page, la plus belle de l'Évangile, sans y changer un mot, et de prier le lecteur de méditer en silence cette révélation du Cœur de Jésus. Mais, comme tout le monde peut ouvrir ce livre sacré^je me contente-' rai d'indiquer le chapitre où se trouve ce récit touchant : c'est le quinzième de saint Luc, immédiatement après la parabole du bon pasteur. Je défie le pécheur le plus endurci, le cœur le plus indifférent de lire cette page, sans la mouiiJer de ses larmes. Il y verra l'histoire de tous ses malheurs d'abord, et le tableau de la divine miséricorde.
Nous nous arrêterons, nous, seulement à cette dernière pensée, et nous dirons que le cœur du père de ce malheureux enfant a éclaté, et qu'il nous a révélé sa tendresse dans trois circonstances principales. — Au jour du départ de son tils, — aux jours si longs de son absence, — mais surtout au jour de son retour à la maison paternelle.
1° Et d abord au moment du départ. Ce père infortuné regardait sou enfant avec amour et avec douleur. Vous verrez ses larmes, vous entendrez ses soupirs et ses cris : nous avons dit que c'était le langage du cœur.
Mais le prodigue ne se retournait même pas vers son père, dont il emportait les trésor- et le riche héritage, qu'il allait dévorer en si peu de temps.
Vous comprenez sans doute le sens de cea paroles saintes, et vous vous rappelez cette foil de Dieu qui a retenti dans votre âme, lorsque vous l'avez abandonné. Le cri du premier remords, c'est la plainte de Dieu , le gémissement inénarrable du divin Esprit d'amour que vous aviez contristé. Hélas ! et n'est-ce pas en vain que sa voix s'est fait entendre? a'avez-vous pas imité le prodigue qui a fui, et bien loin, de peur de retrouver encore quelques souvenirs de son père, et d'entendre parler de ses bienfaits? In regionem longinquam. (Luc. xv, 13.)
2° Pendant les jours de cette cruelle et longue absence, l'amour et la tendresse du père de cet enfant ingrat, je veux dire l'amour et la miséricorde de Dieu pour le pécheur, ont éclaté d'une manière encore plus touchante. C'est lui qui, après les délires et les folies des premiers entraînements, et après l'ivresse de quelques heures de plaisirs coupables, a fait sentir à son âme les peines de cet exil volontaire, et ce vide affreux, et la faim dévorante du cœur : Et ipse cœpit egere. (Luc. xv, 14.) C'est lui qui a fait
voira ce malheureux enfant la honte de l'esclavage et la tyrannie des passions qui venaient de fasserrir. C'est lui enfin qui lui montra l'abîme de dégradation et d'abrutissement dans lequel ces tristes passions l'avaient précipité, lorsqu'il était réduit à désirer la dégoûtante nourriture que l'on donnait aux pourceaux, et qu'il ne pouvait même l'obtenir : Et ipse cupiebat implere ventrem suum de siliquis, quas porci manducabant : et nemo Mi dabat. (Luc. xv, 16.) Mystère profond des abîmes du cœur humain, qui, loin de Dieu, peut descendre jusqu'à vouloir la nourriture des bêtes, c'est-à-dire désirer d'être semblable aux bêtes, sans remords, sans âme, sans éternité. Mais il n'a pas pu en avoir ; on n'a pas voulu lui en donner : Et ipse cupiebat... et nemo Mi dabat. Vous entendez, hélas ! et combien de malheureux pécheurs demandent, cherchent partout cette pâture dégoûtante, jusquedans les livres les plus infâmes; Et nemo Mi dabat : ils ont beau faire et chercher : désirs im puissants ! vœu stérile! Ils savent, ils sentent qu'ils ont uneàme,etqu'il y aune éternité quilesattend. Mais son père ne l'avait pas abandonné : il le suivait d'un regard inquiet et alarmé; il le rappelait à lui par des cris de douleur. Cette voix retentissait quelquefois dans le cœur ingrat de
cet enfant coupable et malheureux c'est encore la voix du remords, voix si puissante, quand elle retentit dans la peine. Une foule de pécheurs ont été ramenés à Dieu dans les larmes, et c'est une des preuves les plus touchantes de son amour... Dieu vous aime donc encore, si ?ous souffrez. Mais j'aurais peur, dit saint Augustin, de rencontrer un pécheur heureux ; il me semble que Dieu même n'aurait plus d'espérance de le sauver : Timeo fortunatum peccalorem.
3° Enfin, c'est principalement à l'heure du retour de cet enfant prodigue que l'amour de son père a pu seulement se révéler dans toute sa force. Son cœur, dans cette circonstance, a vraiment éclaté par des soupirs et des larmes, des transports et des cris de joie. Il l'avait attendu si longtemps I... Mais à peine ce malheureux enfant avait dit dans son cœur : Surgam, j'irai, que son père l'a entendu ; à peine il avait fait un pas, que son père l'a vu : Et accurrens cédait super collum ejics (Luc. ibid), et courant aussitôt au-devant de lui, il se jette à son cou, il l'embrasse tendrement, il le presse sur son cœur : il pleure, et il pardonne, avant même que celui-ci ait pu dire une seule parole de repentir... Voilà le langage de l'amour le plus tendre, le plus constant et le plus généreux, le langage du cœur
d'un Dieu. Quels transports de joie ! quels accents de bonheur ! mais aussi quelle fête magnifique il va célébrer avec tous ses amis, heureux comme \ui, de ce retour si ardemment désiré ! Il ne cesse de répéter avec larmes : Le voilà cet enfant chéri, je le croyais perdu et il est retrouvé, je pensais qu'il était mort, et il est plein de vie : Mortuus eraty et revixit; penerat, et inventus est. (Luc. xv, 24.)
Ce bon père, c'est par des paroles si touchantes qu'il cherche à expliquer l'excès, les transports de sa joie à son autre fils, qui, jaloux de toutes les faveurs accordées au fugitif et au coupable, osa s'en plaindre avec amertume, disant qu'on n'en avait jamais tant fait pour >.ui, qui avait toujours été fidèle, et qui n'avait jamais quitté le toit paternel. Voyez, le père s'excuse en quelque sorte; mais comment ne pas se réjouir? dit-il, cet enfant était perdu, le voilà retrouvé ; je le croyais mort, et il est plein de vie 1... C'est bien comme le bon pasteur, si heureux d'avoir retrouvé sa brebis infidèle, et qui avait abandonné les autres, pour aller la chercher et la sauver.
Cependant nous ne pouvons terminer l'étude de cette parabole, sans dire aussi un mot sorti du Cœur de Dieu en cette circonstance, et qui
151 QUATOHZIKME JOUR.
nous révèle toute sa bonté pour celui de ses enfants demeuré fidèle à son amour. Gomme l'aîné se plaignait avec un peu d'amertume et d'envie, son Père se contenta de lui dire: Cher enfant, ne vous fâchez pas... je vous aime bien aui vous êtes toujours avec moi, vous, et tout ce qui est à moi est à vous. Mais il était bien juste de se réjouir, en retrouvant votre frère. Omnia mea tua sunt (Luc. xv, 34), tout est à vous, ma tendresse, mon amour, ma maison, mes biens, mon cœur, ma vie, tout enfin. Voilà le véritable amour, qui se donne sans réserve, Omnia mea tua sunt; c'est encore un cri du cœur, tant il est vrai que ce divin Cœur s'est révélé entièrement à nous dans cette touchante effusion d'amour. V
Vous finirez cet exercice par une fervente prière au Cœur de Jésus-Christ, pour lui demander la conversion d'un enfant prodigue, c'est-à-dire de quelque pécheur endurci et mal- Àeureux. Et vous, pauvre pécheur, s'il en est entre les mains de qui tombe un jour cette page, levez-vous, et revenez à votre Père; pleurez à ses pieds, espérez votre pardon, consoler le Cœur de Jésus et réjouissez les Anges par votre conversion.
Pater, peccavi; un bon acte de contrition.
iiS EFFUSIONS OU CŒUR DE JÉSUS (SoitaX
LE DISCOURS Dl LA CENS.
Ex abundantla Cordis os loquitur.
La bouche parle de l'abondance du Cœur.
(Matth. xii, 34.)
Cum dilexisset suos>... infinem dilexit eos.
Jésus ayant aimé les siens,...
il les aima jusqu'à la fin.
(Joan. XIII, 1.)
C'est par cette dernière parole que l'apôtre bien-aimé, saint Jean, commence les chapitres admirables de son évangile, dans lesquels se trouve le plus beau, le plus touchant discours de Jésus-Christ, le discours de la Cène. Il convenait assurément que ce disciple qui reposa sa tête sur le Cœur de Jésus, comme pour y puiser tous les secrets d'amour, fût choisi pour nous en révéler les plus douces effusions.
Mais ici encore que pouvons-nous faire? Il
faudrait citer le discoure entier, et méditer cl
que mot dans le silence de lame, car il n'y en a pas un seul qui ne soit inspiré par la plus tendre affection, et qui ne tombe du Cœur même de Jésus-Christ. C'est le testament de sou amour, et comme les derniers épanchements de ce Cœur adorable.
Ce discours nous paraît renfermer trois parties principales : I. des consolations ; II. des recommandations ou des conseils; et III. des promesses.
I. Les consolations d'abord. — Jésus savait que son heure était venue, qu'il allait mourir, et, pensant au chagrin profond de ses disciples, qu'il aimait tendrement, voulant d'ailleurs les prémunir contre le scandale de sa passion et de sa mort ; il commence ce discours célèbre par deux mots qui nous révèlent en même temps la tendresse de son Cœur, et la tristesse qu'il éprouve lui-même, au moment de se séparer de ses amis. Non turbetur corvestrum... Nonrelinquam vos orphanos... (Joan. xiv, i, 18.) Que votre cœur ne se trouble pas... Je ne vous laisserai pas orphelins.
Un père, sur le point de mourir, et voyant autour de lui ses enfants en pleurs, pourrait-il
LES EFFUSIONS DU CŒUR DE JÉSUS. i61
trouver en sou cœur des paroles plus douces et plus consolantes? Ne vous troublez pas, mes enfants; il est vrai, je vais vous quitter, vous ne me verrez plus, je ne serai plus là pour vous parler... Mais écoutez mes derniers avis; que ces paroles restent gravées dans votre cœur, c'est comme mon âme que je vais vous laisser et mon cœur même que je vous donne; je serai encore au milieu de vous par le souvenir de ma tendresse ; non, vous ne serez pas orphelins.
Non turbetur cor vestrum; que votre cœur ne se trouble pas. C'est donc la paix qu'il donne à ses disciples, comme il l'expliquera lui-même à la fin de ce discours; la paix! ou plutôt, comme il le dit aussi, sa paix, Pacem Meam, c'est-à-dire une paix que le monde ne connaît pas et ne peut donner, et que rien ne pourra jamais troubler ni ravir. Cette paix sera la consolation et la force de ceux qu'il aime; c'est leur héritage et leur plus précieux trésor. Il l'avait promise au monde en naissant; mais, en mourant, il la donne à ses amis.
Non turbetur cor vestrum, ncque formidet 'ibid.), que votre cœur ne se trouble pas, qu'il ne s'effraye de rien... Voici venir l'heure où doit s'accomplir tout ce qui a été dit par Les prophètes du Fils de l'Homme; il va être flagellé,
131 QUINZIEME JOun
cruciûé, il va mourir... mais souvenez- vous de ce que je vous ai dit, gardez la paix de votre cœur, ma paix, et que rien ne vous truubJe.
Non relinquam vos orphanos : non, je ne vous laisserai pas orphelins ; je serai toujours avec vous ; rien ne pourra me séparer de ceux ^ue j'aime, et si vous m'aimez, je demeurerai en vous. Oui, je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles.
Non relinquam vos orphanos ;je ne vous laisserai pas orphelins. Combien ces paroles durent être facilement comprises par les apôtres, soit que tout ce discours ait été prononcé après la Gène eucharistique , comme le pensent la plupart des interprètes et des docteurs, soit même qu'il ait été prononcé un peu avant l'institution de ce mystère! Jésus ne les quittait réellement pas ; son Cœur a trouvé le secret de mourir pour ceux qu'il aime, et de rester cependant avec eux ; le secret de vivre et de mourir toujours pour leur amour : In finem dilexit. . . Non relinquam vos/
IL Les dernières recommandations de Jésus forment la partie principale de ce discours admirable de la Cène, et l'on peut dire que tous ces conseils divins se résument en deux mots
sortis, comme les autres, du Cœur de ce bon Maître... Il rappelle à ses apôtres le double précepte de la prière et de la charité.
Pour la prière, afin de les exhorter plus sûrement à l'accomplissement de ce devoir sacré, il .leur promet avec serment que son Père leur accordera tout ce qu'ils lui demanderont en son nom : Amen, amen dico vobis, si quid petieritis Patrem in nomine meo, dabit vobis (Joan . ibid.) ; et puis il leur fait un doux reproche de n'avoir encore rien demandé en son nom : Usque modo non petistis quidquam in nomine meo. . . Demandez donc et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite : Petite et accipietis, ut gaudium vestrum sit plénum (Joan. ibid.). N'estce pas vraiment le cœur qui parle ici, et le Cœur d'un Dieu? Ut sciant!..
Mais c'est surtout dans l'exposition de la loi d'amour que le Cœur de Jésus-Christ se révèle à nous. Jamais il n'avait interprété ce commandement d'une manière aussi touchante. Il commence par la charité fraternelle. Voici, dit-il, mon précepte: c'est que vous vous aimiez les uns les autres : Hoc est prseceptum meum, ut dili» gatis invicem (Joan. xv, 12), et il le répète plusieurs fois à peu près dans les mêmes termes, pour le graver dans leur cœur: Hoc manda ^q-
bis ut diligatis invicem (Joan. ibid.). Je vous fais ce commaudement de vous aimer les miles autres. Puis, il leur explique comment ils pourront prouver cet amour qui doit régner dans leur cœur: ils auront les mêmes pensées, les mêmes sentiments; leur âme ne fera qu'une âme, leurs cœurs un seul cœur... Et ils iront jusqu'à donner à leurs frères la preuve la plus forte de cette charité, en se sacrifiant, en mourant pour eux, s'il le faut ; car il n'y a pas d'amour plus grand que de donner sa vie pour ses amis : Majorem hac dilectionem nemo habet, ut animara suam ponat quis pro amicis suis {Ibid., 13).
Et aussitôt après l'exposition et la promulgation de cette loi sacrée, son Cœur ému se trouble, et il s'adresse dans une prière brûlante à son Père céleste : 0 mon Père , dit-il , Pater sancte, je vous prie pour eux, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, Ut sint consummati in unum; ut sintunurn sicut et nos unum sumus (Joan. ibid.). Je suis en eux, comme vous êtes en moi, afin qu'ils soient parfaitement unis... Cette prière sublime est comme la péroraison de tout ce discours, et il faudrait la citer aussi tout entière, car il n'y a pas un mot qui ne soit une vraie révélation de ce divin Cœur,
le plus tendre etle plus aimable de tous les cœurs.
Quant à l'amour de Dieu, Jésus en parle dans des termes aussi touchants... Demeurez, dit-il, persévérez dans mou amour, Manete in dilectionemea. (Joan. xv, 9.) Si quelqu'un m'aime, mon Père l'aimera, et nous établirons notre demeure en lui... Paroles merveilleuses qu'il a répétées aussi trois fois dans ce même discours, afin que ses disciples ne puissent les oublier.
Mais quelle preuve demandera-t-il de cette charité? Celui qui sait mes commandements, dit-il, et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime... Si vous gardez mes préceptes, vous demeurerez dans mon amour. Si prsecepta mea servaveritù , manebitis in dilectione mea. (lùid.) Quel langage, encore une fois ! N'est-ce pas le cœur seul qui parle ici, le cœur le plus tendre, le Cœur d'un Dieu, qui ne soupire que pour la gloire de son Père et pour le bonheur des hommes? Oui, nous le comprendrons, et nous finirons par l'aimer l Ut sciant!
III. Les promesses de Jésus-Christ avant sa mort, et au moment où il faisait à ses apôtres comme ses adieux suprêmes, ne sont pas une preuve moins touchante de son amour pour nous. Ces promesses d'un Cœur Adèle feront la
force et la joie de tous ceux à qui elles s'adressent, c'est-à-dire des disciples et de tous les chrétiens qui hériteront de leur foi et de leur amour.
Vous méditerez surtout la promesse que Jé\ms fait à ses disciples de leur envoyer sod Esprit- Saint, celui qui doit leur enseigner toute vériié.
« C'est lui qui me glorifiera, Même clarificabit. (Joan. xvi, 14.) Il est même de votre intérêt qu< je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas, mais si je m'en vais, je vous l'enverrai. » Est-il possible de dire quelque chose de plus doux, de plus consolant à des amis que l'on va quitter? Les apôtres aussi n'ont pas oublié cette promesse, et, même après la mort de Jésus, après sa glorieuse Ascension, ils la conservèrent dans leur cœur; et, selon qu'il l'avait dit, Jésus leur envoya cet Esprit d'amour et de vérité. Ils en furent remplis, et c'est par sa vertu qu'ils triomphèrent dans tous les combats qu'ils eurent à soutenir pour la gloire de leur bon Maître.
Il leur annonça lui-même ces lutte6 et ces persécutions; mais, en même temps, il leur promit son secours et la victoire. Vous pleurerez, dit-il, vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. Je vous re verrai,
et vous aurei la joie dans le cœur, et personne ne vous ôtera votre joie. Iterum videbo vos, et gaudebit cor vestrum: et gaudium vtstrum nemo tollet a vobis (ibid.) ; car vous n'êtes pas mes serviteurs, mais bien mes amis et mes frères: Jam non dicam vos servos , vos autem dixi amicos.
C'est vers la fin de ce discours, que Jésus, dans l'effusion des sentiments de son divin Cœur, a été jusqu'à se comparer lui-même à la vigne féconde, et ses disciples aux branches : Ego sum vilis, vos autem palmites. (Ibid.) C'est le cep qui donne la vie aux rameaux ; eh bien ! si vous demeurez en moi, et moi en vous, je serai votre vie, et vous porterez des fruits. Au contraire, séparés de moi, sans moi, vous n'auriez pas la vie, vous ne pourriez porter de fruits ; mais je resterai avec vous, je demeurerai en vous, je serai votre vit
Ne vous troublez donc pas, ne craignez rien, petit troupeau, ô mes chers petits enfants, Filioli^ ayez confiance : vous aurez à souffrir comme moi; on vous persécutera comme moi, on vous fera beaucoup de mal ; mais ayez confiance, je serai avec vous, je ne vous abandonnerai pas, je ne vous laisserai pas orphelins. .. et votre tristesse §e changera en joie ; j'ai vaincu le
monde, moi, votre Dieu, votre Ami, votre Père, Con/idite, ego vici mundum. (Joan. ibid.) Courage et coniiance ; vous triompherez aussi en mon nom.
Vous méditerez toutes ces paroles; quelle loi! quels adieux touchants! quelles promesses magnifiques! quel amour immense î Oui, ce langage vient du Cœur d'un Père, d'un Ami. C'est le Cœur d'un Dieu qui parle. \
Vous terminerez cet exercice par un colloque avec Jésus-Christ, pour lui demander la grâce de comprendre ces paroles divines, et de les garder à jamais dans un cœur fidèle et généreux.