LES SECRETS DES DÉSIRS
« ce qui te manque, » et en même tempe ce divin « Cœur s'ouvrant, il en sortit une flamme si arec dente, que je pensais en être consumée, et « que je le priai d'avoir pitié de ma faiblesse. « Je serai ta force, me dit-il, ne crains rien, (( mais sois attentive à mavoix, et fais ce que je te « demande. . . Tu communieras tous les premiers « vendredis de chaque mois; et toutes les nuits du « jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette « tristesse mortelle quejfai bien voulu souffrir au u jardin des Olives; cette tristesse te réduira, sans a que Ton puisse le comprendre, à une espèce « d'agonie plus rude à supporter que la mort. »
Aussi bien, comme l'amour ne peut être sans souflrance, Jésus lui montrait toujours sa croix, et un jour il la lui donna... « me disant amou- « reusement : Reçois, ma fille, ta croix que je « te donne, et mets -la dans ton cœur. »
Mais c'est le jour de la fête de saint Jean que le divin époux lui accorda encore une plus grande faveur et lui révéla d'une manière plus particulière les secrets de ses désirs... Car, après avoir reçu du Sauveur Jésus une grâce semblable à celle de ce bien-aimé disciple, le jour de la Cène, elle vit son divin Cœur sur un trône de flammes, avec la croix, les épines et la plaie : « Il me fit ensuite connaître que le grarrç ûéstr
« qu'il avait d'être aimé des hommes lui avait o fait former le dessein fin leur manifester son « Cœur.. .11 m'a encore assuré qu'il prenait un « singulier plaisir d'être honoré sous la figure « de ce Cœur de chair dont il voulait que l'image h fût exposée en puhlic.
« Mais voici ce qui me causa une espèce de « supplice plus sensible que toutes les peines « dont j'ai déjà parlé ; c'est lorsque cet aimable « Cœur me fut présenté avec ces paroles : J'ai « une soif ardente d'être aimé des hommes, et « je ne trouve presque personne qui s'efforce de « me désaltérer, usant envers moi de quelque a retour. Dès ce jour, je ne pouvais contenir les a sentiments de l'ardent amour que j'avais pour a Jésus-Christ. J'aurais voulu le répandre en « toute occasion par mes paroles, etc.. »
Enfin vint le jour encore plus solennel de l'apparition, dans l'Octave du saint Sacrement, dont il a été déjà parlé... Lorsque cette sainte âme, touchée du désir de rendre à Dieu amour pour amour, le vit soudain et entendit les mystérieuses paroles, que nous avons déjà citées plusieurs lois. «Et me découvrant son divin Cœur: Voilà, « dit-il, cv C'œur quia tant aimé les hommes. »
2° Et puis, il ne se contente plus de l'amour de sa fidèle épouse, il la charge, il la prie, il lia
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commande de faire tout ce qu'elle pourra pour lui gagner des cœurs, et pour le faire aimer. ;< C'est pour cela, ajoute-t-il, que je te demande « que le premier vendredi, après V Octave du a saint Sacrement, soit dédié à une fête partiv eu Hère, pour honorer mon Cœur, en commu- -( niant ce jour-là, et en lui faisant réparation « d'honneur par une amende honorable, pour u réparer les indignités qu'il a reçues, pendant u qu'il était exposé sur les autels... etc. »
Ces paroles nous font comprendre que Jésus- Christ n'avait qu'une seule pensée, un seul désir, en comblant de tant de grâces sa fidèle épouse; c'était de se servir d'elle pour faire connaître, aimer et glorifier son divin Cœur.. . « Fais, lui « disait-il souvent, fais ce que je t'ai déjà tant k de fois demandé. — Mais, mon Seigneur et k mon Dieu, à qui vous adressez-vous? à une « chétive créature, à une si pauvre pécheresse... a Vous avez tant d'âmes généreuses pour exéa enter votre dessein. — Eh quoi! lui répondait « le divin Sauveur, ne sais- tu pas que je me (v sers des sujets les plus faibles... et que c'est « or di? virement sur les petits et les pauvres « d'esprit que ma puissance se manifeste avec « plus d'éclat, afin qu'ils ne s'en attribuent rien k a eux-mêmes?... »
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Au reste, la Sainte Le déclare ans-! de la manière lapins formelle et la plus positive : si elle a reçu tant de grâces, et si, à la fin, elle s'est résolue par obéissance à en parler, ce n'est que dans le dessein de faire aimer Jésus-Christ et de glorifier son divin Cœur... « Mon Sauveur, ditce elle, m'a fait connaître que les grâces qu'il a avait à me faire n'étaient pas tant pour moi a que pour les autres... que je devais dire « simplement ce qu'il mettrait en ma pensée, « parce qu'il y attacherait l'onction de sa grâce, « par laquelle il attirerait beaucoup de cœurs « à son amour. »
Aussi a-t-elle mis un zèle incroyable pour faire connaître et aimer ce divin Cœur ; d'abord dans le monastère de Paray, et spécialement auprès des jeunes novices dont elle fut chargée pendant plusieurs années, et par ses lettres, toutes brûlantes de ce feu sacré, et par l'ardeur qu'elle déployait à faire graver et à répandre partout l'image du Sacré Cœur, telle que l'amour la lui avait révélée, puis les prières et les petits livres que déjà on commençait à publier pour étendre cette touchante dévotion.
II. Ce serait ici le lieu de dire comment Jésu»- Christa voulu que son divin Cœur lut glorifié.
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et ce qu'il a demandé plus particulièrement, quand il a exposé ses désirs et confié ses peines au cœur de sa fidèle épouse. Mais, si nous voulions nous arrêter sur tous ces points qu'elle accomplit avec tant de zèle, ce serait comme entreprendre une sorte de panégyrique de la Bienheureuse, ^et sortir tout à fait de la simplicité de nos sujets de méditations.
^Je me bornerai donc à dire en un mot ce qu'elle a fait pour glorifier le Cœur de Jésus; ce sera nous indiquer ce qu'il demande aussi de nous.
1° Ainsi, Jésus d'abord lui exprima le désir de voir instituer une fête en l'honneur de son Cœur sacré, et il a daigné lui-même fixer le jour où il voulait voir cette fête se célébrer dan-, l'Eglise, le vendredi après l'Octave du saint Sacrement. La Bienheureuse n'a pas cessé de prier, de travailler et de souffrir pour obtenir la grâce d< voir cette fête instituée dans l'Eglise, et elle a eu ce bonheur, car elle fut établie et solennisée dans plusieurs diocèses, avant sa mort. ^- Vous ferez, de votre côté, tout ce que vous pourrez, pour célébrer cette grande fête avec ferveur* et \ous y communierez avec amour, le jour même indiqué par Jésus-Christ. Ce qui ne vous empêcherait pas encore de communier, le deuxième
Dimanche de .Juillet, ou tout autre jour où elle serait remise dans votre diocèse.
\/ 2° Jésus a témoigné ie désir de voir l'image de son Cœur exposée aux regards et répandue partout, pour porter les hommes à son amour. La Bienheureuse a donné tous ses soins à faire graver cette image sainte, et à la répandre. Elle aurait voulu la montrer à tous les pécheurs, pour les convertir, à tous les justes, pour les enflammer d'amour. Elle-même, avec son sang, a peint une de ces images et composé une prière ou une consécration admirable, dans laquelle elle se donne à Jésus sans réserve et sans partage. ^— Vous l'imiterez encore en gardant avec respect, et en répandant, selon votre pouvoir, ces images pieuses qui peuvent faire tant de bien.
3° Le divin Maître avait demandé la communion des premiers vendredis du mois, et la pratique de l'heure sainte;... la Bienheureuse Marguerite-Marie a été fidèle à ces recommandations, tant que l'obéissance le lui a permis. — Et vous pouvez être sûr d'être comblé de grâces et de bénédictions, si vous faites aussi de votre côté, ce que vous pourrez, afin de glorifier votre Sauveur, de la même manière.
4° La Bienheureuse ne cessait de prier pour voirie progrès de cette dévotion au Sacré Cœur.