‹ Mois du Sacre-CœurChapitre 53 sur 108 · ETUDE DU CŒUR DE JÉSUS DANS SES MYSTÈRES · texte numérisé non relu

ETUDE DU CŒUR DE JÉSUS DANS SES MYSTÈRES

f 1 MTSTÈRES D'AMOUR, L'BUCBARISTIS,

Dilexit me, et tradidit semetipsum pro me.

Il m'a airn^, et il s'est livré luimême pour moi.

(Gal. H, 20.)

Nous avons dit que c'était principalement par des actes qu'il était donné au cœur de révéler ses pensées et ses sentiments ; mais c'est surtout par le sacrifice qu'il prouve son amour, par le vrai dévouement, qui va jusqu'à s'immoler pour ceux qu'on aime. Or Jésus nous a aimés infiniment, In finem dilexit; son Cœur lui a donc inspiré de se sacrifier pour nous, de se donner à nous, de s'immoler tout entier, sans réserve, sans partage et sans retour .. Son Cœur est la vraie viclime d'amour : Cor amorisvictima. D<sormaisfet jusqu'à la fin de cette troisième neu-

vainer nous allons méditer sur orifices

immenses qu'il a fait> pour nous : c'est la partie la plus importante de nos études Bur le divin Cœur, ce qui doit achever le triomphe de son amour dans nos âmes.

Nous commencerons par le mystère même de l'amour divin, la Gène de Jésus avec ses Apôtres, quand il se livra et se donna lui-même de ses propres mains à tous : à Jean qui reposait sur son Cœur, et à Judas qui allait le trahir... Pendant cet exercice, vous devrez avoir sous les yeux cette douce image du cénacle; et vous allez entrer avec nous dans le Cœur de ce bon Maître ; vous verrez quel amour et quels sacrifices !

Qu'est-ce en effet que la divine Eucharistie, instituée ce jour-là même, et la veille de sa mort, par Jésus-Christ Notre Sauveur?

ï. C'est un Dieu qui, par amour, veut demeurer avec nous jusqu'à la fin des temps ! II. C'est un Dieu qui veut s'immoler tous les jours pour nous, et à chaque instant du jour. III. C'est un Dieu qui veut se donner à nous, mais tout entier, corps et âme, afin de conquérir ainsi tous les cœurs. C'est donc le mystère et le sacrifice d'amour par excellence, et la plus magnifique révélation du Cœur de Jésus... « J'ai désiré cé- « lébrer avec vous cette Pâque, dit-il,... prr lez

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« et mangez, ceci est mon corps qui va être livré « à la mort pour vous... Oui, je resterai «fet « vous jusqu'à la consommation des siècles. » Demandons au saint apôtre, qui reposa doucement sa tête sur le Cœur de Jésus, pendant la célébration de ces mystérieux sacrifices, d'entrer avec lui dans les secrets du divin amour; de connaître et d'aimer enfin ce divin Cœur.

I. L'Eucharistie, c'est un Dieu présent, et habitant réellement sur la terre avec nous... un Dieu caché, mais vraiment plein de vie et substantiellement devenu notre frère d'exil, notre compagnon de voyage ici-bas, et notiv frère de larmes. Il y est, il vous appelle : Adest, et vocat te, — Ceci est mon corps, dit-il... Ceci est mon sang... Ce corps qui va être bientôt livré à la mort pour vous, et crucifié pour le salut des âmes. Voici mon sang qui va être répandu pour vous... Ah! croyez à sa parole, et plaignez ici, de tout votre cœur, les malheureux orphelins, vos frères séparés de la vérité, ceux qui ont osé protester contre cette parole d'amour, et qui disent que ce n'est pas lui. que ce n'est qu une image. Oui, pauvres orphelins, • nfants déshérités ; qu'ils se consolent, comme ils peuvent, avec cette figure et l'image de leur

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père ! Nous avons, nous, le bonheur de le voir,

de le posséder lui-même. Il y est, il nous appelle : Adest...

Mais voyez et méditez au prix de quels sa< ri* fices, et comme l'amour, ici, triomphe de votre Dieu, selon l'expression de saint Bernard : Amor de Deo triumphat! Voyez comme il s'est dépouillé de tous ses attributs de gloire, pour se cacher dans ce sacrement. Où est sa puissance, son immensité, son éternité même? — Sa puissance ! et il est si faible qu'il suffirait du souffle d'une bouche mortelle pour le faire tomber de son utel ! — Son immensité ! et il est si petit, si petit, que ce n'est plus qu'un atome, une poussière!... Ah ! souvent la main du prêtre tremble, souvent ses yeux s'emplissent de larmes, quand, sur l'or des vases consacrés, il cherche ce Dieu comme anéanti. — Son éternité!... mais il vit et il meurt à chaque instant dans ce mystère du sacrement. Il ne vit que pour mourir, et mourir dans nos cœurs !

Adest! Il y est, Dieu caché, pauvre solitaire du tabernacle. Comprenez-vous ce que demande son Cœur! Ah! comme c'est par amour seulement qu'il s'est ainsi attaché à la terre, et qu'il a résolu de rester avec nous, pensez donc à lui, et venez quelquefois le visiter, l'adorer; venez

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lui dire de temps en temps que vous l'aimez. C'est lui-même qui vous en prie. Souvenez- voua de moi, dit-il, et venez me voir. Rewrdare ma et visita me... (Jer. xv, 15). Venez, et. il renouvellera dans votre âme tous les prodiges de sa vie sur la terre : il sera votre lumière, votre force ; il guérira toutes les plaies de votre cœur.

II. L'Eucharistie, c'est un Dieu immolé à chaque heure du jour, à tous les instants, pour nous et par amour. Son sang coule sur la pierre sacrée de nos autels, et c'est dans ce sang précieux que doivent s'éteindre toutes les foudres du ciel irrité. Ce sang crie plus fort que celui d'Abel, et demande miséricorde pour les pauvres pécheurs.

C'est un point dogmatique de la vérité même, et l'un des enseignements les plus sacrés de la foi. Le sacrifice de l'autel est le même, identiquement le même, que celui du Calvaire : c'est la même victime que celle de la croix, le même Piètre que celui du Golgotha, et enfin la même pensée, la même fin dans l'immolation : Ipse offerens, ipse et oblatio. (S. Aug.)

Mais quelle a été la fin du sacrifice sanglant, )a cause de la mort de Jésus? quel est le vrai bourreau du Calvaire? Dilexit me! C'est l'a-

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mour, son amour pour nous... C'est donc encore, C*«gt l'amour qui le frappe et qui l'immole dans le mystère sacré... li s'est livré, il 34 livre; il est mort, il meurt par amour : Dilexil me et tradidit semetlpsum pro me. Il m'a ainx; et il s'est sacrifié pour moi. Que dis-je? s'écrie le même apôtre, saint Paul : Il nous a trop aimés : Propier nimiam chariiatem* (Eph. 11, 4.) O Cor amoris victima! 0 Cœur victime d'amour, que demandez-vous de nos cœurs, lorsque vous vous immolez ainsi pour nous? si ce n'est que nous venions à cet auguste sacrifice, et que noui tâchions de nous unir à vous, de noua immoler avec vous. Vous voulez au moins que nous priions avec vous, par vous, comme vous, à la gloire de votre Père et pour le salut du monde, et surtout pour le pardon des pauvres pécheurs. 11 faudrait, en (in mot, assister à cette immolation de l'agneau, comme Madeleine et Jean, le bien-aimé disciple, qui mêlaient des larmes à votre sang.

III. L'Eucharistie, c'est un Dieu donné au cœur de l'homme... Un Dieu devenu le pain de notre vie, la nourriture de nos âmes. Vous savez que c'est là la fin même de ce sacrement auguste, et ie dernier triomphe de l'amour. Jésus l'a dit :

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