‹ Mois du Sacre-CœurChapitre 66 sur 108 · JOAN. XV · texte numérisé non relu

JOAN. XV

C'est donc une vérité de foi, révélée par Jésus- Christ Notre-Seigneur : la plus grande, la plus sûre marque d'amour, la plus belle preuve de dévouement, c'est de donner sa vie, de mourir pour ceux qu'on aime ; et ce Dieu, quelques heures seulement après avoir prononcé cette parole sublime, devait mourir pour nous, mourir sur une croix ; et son Cœur, après qu'il eut rendu le dernier soupir, devait encore être blessé parle fer d'une lance cruelle, comme pour nous dire qu'il nous aimait au-delà même de la mort. C'est ainsi, dit saint Paul, que la charité du Christ nous presse : il est mort pour tous les hommes, afin que ceux qui vivent encore et qu'il

a sauvés en mourant, apprennent à ne plus vivre pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. Charitas Chris ti urget nos : quoniam.. . pro omnibus mortuus est, ut et qui vivunt, jam non sibi vivant, sed ei, qui pro ipsis mortuus est et resurrexit. (II Cor. v, 14-45.) Le Cœur de Jésus va se révéler à nous, au Calvaire. Mais nous nous attacherons plus particulièrement à trois circonstances de cette révélation d'amour : I. Le supplice de la croix. II. Le testament qui a précédé la mort, et III. La blessure du Cœur qui Ta suivie.

I. Pour que la mort soit une preuve d'amour, il faut d'abord qu'elle ait été subie volontairement et pour celui qu'on aime, par dévouement ; en un mot, il faut que l'on se soit immolé, sacriûé librement pour lui et avec joie; et, ces deux conditions posées, plus la mort aura été cruelle, plus l'amour sera grand et vraimenr héroïque.

Or il suffit d'avoir exposé simplement ces principes, pour en tirer immédiatement les conséquences les plus importantes dans ce sujet, et toucher nos cœurs. D'abord, n'est-ce pas bien librement et par le choix de sa volonté que Jésus s'est livré à la mort pour nous? Il lui eût été si

m, VINGT-SEJ'TIÈMK JOUR.

faeiie de prévenir ses ennemie, comme il l'avait fait jusqu'à ce jour, et il a été au-devant (Veux !

En ce moment même de la puissance de.- té Qèbres, quand, d'un mot dit avec majesté, il le.renversa tous la face contre terre, et qu'ainsi prosternés et tremblants devant lui, ils n'attendaient plus que la mort, pourquoi les a-t-il relevés? Pourquoi s'est-il remis entre leurs mains, en leur défendant toutefois de toucher à ses apôtres? Pourquoi? si ce n'est parce qu'il l'a voulu, parce qu'il était résolu à nous donner cette preuve d'amour, parce qu'il voulait mourir pour nous? Oblatus est, quia ipse voluit.

Et c'est noû-stolement avec cette volonté ferme et déterminée, mais c'est avec bonheur qu'il a fait le sacrifice de sa vie, et pour ainsi dire avec des transports de joie. Il s'est jeté sur la croix avec un sentiment profond d'allégresse inspiré à son Cœur par un amour immense... Propositn sibi gaudio, sustinuit crucem. (Hebr. xii, 2.) Il était si heureux de mourir pour nous sur ce bois infâme, qu'il faisait des efforts inouïs pour arriver au Calcaire ; et, malgré son extrême faiblesse, qui le fit tomber trois fois dans la route, il parvint enfin jusqu'au sommet de la montagne. Au premier signe des bourreaux, il se coucha sur l'instrument de son

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