‹ Mois du Sacre-CœurChapitre 67 sur 108 · LE CŒUR DE JÉSUS. — SA MORT · texte numérisé non relu

LE CŒUR DE JÉSUS. — SA MORT

supplice, sans se plaindre, comme un doui agneau; et il présenta les mains et les pied-, pour y être cloués... Oui, il est mort volontairement, u* s'est offert librement pour nous à la mort : Obi a tus est quia ipse voluit.

Et à quelle mort, ô mon Dieu ! La mort de la croix, Mortem autem crucis Philip, h, 8), c'està-dire la plus cruelle à la fois et la plus ignominieuse. Jésus ne reposait que sur des plaies, et il n'entendait autour de lui que des blasphèmes ou des éclats de rire... Vous méditerez facilement sur ce sujet, et vous n'oublierez pas de faire toujours la réflexion déjà si souvent indiquée, mais qui finira par. toucher un jour votre cœur, je veux dire que la douleur est ici la mesure de l'amour; et, comme on ne peut rien concevoir de plus affreux que les souffrances de sa mort, vous comprendrez que son amour est infini.

Mais il y aencore ici une autre considération, plus puissante peut-être, et qui du moins nous révèle d'une manière plus frappante l'amour du Cœur de Jésus dans ce mystère ; c'est que toutes es souffrances n'étaient pas nécessaires pour nous racheter, et, par conséquent, ce n'est que par un excès de bonté qu'il a pu se jeter dans ces abîmes d'humiliations et de douleurs. Une

VJ.v.i SEPTIÈME JOUH.

seule goutte de bob sang aurait suffi pour sauver le monde, et il a voulu nous le donner jusque la dernière goutte! Notre cœur pourrait-il rester encore insensible? necominmcera-t-ilpas enfin à comprendre et à aimer un Cœur si tendre, si généreux?... Sic nos amantem guis non redamaret? ... Ut sciant !

II. Le testament du Cœur de Jésus. — A proprement parler, ce testament d'amour nous a été laissé dans le discours sublime de la Cène, que nous avons déjà médité dans le texte de l'apôtre de la charité, saint Jean. Mais, au moment de mourir, Jésus n'a pu s'empêcher de nous adresser encore quelques paroles, et ce sont ces paroles d'un Dieu mourant, que nous regardons comme l'expression touchante de ses dernières volontés, et le testament de son Cœur.

Nous ne prendrons toutefois qu'une seule de ces paroles saintes, celle que les Pères et Docteurs ont interprétée avec plus de soin, parce qu'ils la regardaient aussi plus particulièrement comme le vrai testament de Jésus à la mort ; celle par laquelle il nous laissait sa mère. . . Ecce mater tua, Ecce filius tuus... (Joan. xix, 21.)

Il est certain que la mort a quelque chose de solennel pour tous les hommes, et que partout, les dernières paroles d'un père mourant sont

LE COEUR DE JÉSUS. — SA MOrtT. 289

sacrées. On les écoute avec respect, ou les garde avec fidélité; c'est le souvenir suprême d'un cœur qui s'éteint, mais qui veut revivre dans un autre cœur bien-aimé.

C'était donc au moment de son agonie sur la croix ; Jésus allait mourir; il abaissa son regard et vit sa mère... sa mère, debout près de lui, ef, dans les larmes; et aussitôt il détourna les yeux... Mais, de l'autre côté, il aperçut son disciple bienaimé, saint Jean, et à cette vue, encore touché d'amour, il laissa tomber de ses lèvres, ou plutôt de son Cœur, ces trois mots recueillis avec soin et rapportés avec fidélité par l'apôtre qui les a entendus. . . Millier, ecce filius taus. . . Ecce mater tua (Joan. xxi, 27), femme, voilà votre enfant; et, voilà votre mère. Testament sublime, parole sainte, qui seule pourrait suffire pour nous révéler toutes les tendresses du divin Cœur.

Vous les méditerez, avec cette pensée, et vous comprendrez tout ce que ces mots renferment de bonté, de compassion, d'amour. Il n'osait déjà plus appeler Marie de ce doux nom de mère, au moment de la quitter : Mulicr, ecce filins tuus... femme, voilà votre fils... je meurs, adieu ; mais je vous laisse un enfant, je vous le donne; il vous aimera, il vous consolera, il vous protégera; il va nie remplacer : Ecce filius tuus. — Et vous,

290 VINGT-SEPTIÈME JOUH.

disciple chéri, je ne veux pas vous Laisser orphe* i fi j Je meurs, adieu, mais je vous Laisse ma

•mère... Ayez-en bien soin; elle vous aimera

comme une mère, aimez-la comme un enfant, comme je l'aimais moi-môme... Ecce mater tua.

C'est un testament d'amour, la dernière volonté du Cœur de Jésus pour nous, disent U les docteurs, car c'est à nous que Jésus-Christ l'a donnée, cette mère, et c'est nous qu'il lui laisse comme enfants. L'apôtre nous représentait au pied de la croix, et, dans ce moment même, la Vierge de douleurs nous adoptait, que dis-je! elle nous enfantait dans les larmes.

Mais gardons bien ce testament; n'oublions jamais les dernières paroles de Jésus. Aimons Marie; et, quelle que puisse être notre misère, quels que soient même nos péchés, ayons confiance en elle. Est-ce qu'une mère peut oublier l'enfant de sa tendresse? non, sans doute... Eh bien! dit le Seigneur, quand même elle pourrait l'oublier un jour; moi, jamais! Quel amour et quel cœur! Il nous donne sa mère, et il nous assure qu'il nous aime encore plus qu'elle ne pourra jamais nous aimer! Sic nos amantem quis non redamaret?

Page 1