‹ Moïse et la GenèseChapitre 2 sur 34 · VI M. LE PROFESSEUR EDOUARD NAVILLE AUX LECTEURS · texte numérisé non relu

VI M. LE PROFESSEUR EDOUARD NAVILLE AUX LECTEURS

liste des langues sémitiques, et que par cela même je n'avais pas qualité pour contester les résultats que la critique étale avec une assurance qui proscrit toute discussion.

Il va sans dire que je ne saurais m'incliner devant cet arrêt, puisque ce sont ces spécialistes même que j'attaque. C'est leur méthode que je traduis à la barre des vrais principes qui ont été établis par les maîtres de l'histoire et qui, à mon sens, doivent faire loi dans toute recherche historique impartiale et sans parti pris.

Car c'est la méthode qui me sépare absolument de la Haute-Critique. Avec Fustel de Coulanges et ses successeurs je crois « qu'il faut prendre les textes tels qu'ils ont été écrits, au sens propre et littéral, les interpréter le plus simplement qu'il est possible, et les admettre naïvement sans rien y mêler du nôtre ». A ce précepte qui me paraît la voix de la sagesse et de la raison, j'ajouterais qu'il faut replacer les textes dans le temps oii vivait l'auteur, dans le milieu qui l'entourait avec ses mœurs et ses habitudes ; il faut rechercher le but d'un écrit, sa raison d'être, l'esprit qui l'a inspiré et celui de ceux auxquels il s'adresse. Pour y arriver, l'ethnologie, la vue de ce qui existe encore aujourd'hui, apporte parfois à l'archéologie un secours des plus efficaces. '

Cette méthode s'applique également à toutes les recherches sur l'antiquité ; aussi bien à l'histoire Romaine qu'à celle de la Gaule la Chanson de

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