‹ Moïse et la GenèseChapitre 3 sur 34 · M. LE PROFESSEUR EDOUARD N A VILLE AUX LECTEURS VII · texte numérisé non relu

M. LE PROFESSEUR EDOUARD N A VILLE AUX LECTEURS VII

Roland aussi bien qu'aux poèmes Homériques. C'est Thistoire d'Egypte qui m'a conduit à l'Ancien Testament ; comme les Israélites, j'ai passé des bords du Nil en Canaan.

Introduit par M. Doumergue auprès des lecteurs de langue française, j'ai confiance que je trouverai chez ceux qu'intéressent les questions qui touchent â l'Ecriture Sainte, un encouragement à redoubler d'efforts dans la lutte que j'ai engagée contre la Haute-Critique.

Edouard Naville.

PRÉFACE

I. Peu de temps avant la guerre, M. le professeur Ed. Naville, de Genève, a publié un volume intitulé Archéologie de l'Ancien Testament, 191 3 (d'abord en anglais et puis en français). — Cet ouvrage contredit à peu près toutes les affirmations qui aujourd'hui ont cours parmi les théologiens et les hébraïsants sur l'Ancien Testament, sa composition, et tout particulièrement sur Moïse et la Genèse.

Je ne sais si mon habitude des travaux historiques me donne quelque compétence en ce qui touche aux méthodes employées en histoire. Mais je ne me dissimule pas qu'en fait d'Ancien Testament je suis aussi peu que possible un spécialiste, un savant de carrière. Ici je ne suis qu'un simple laïque. Mais l'ouvrage de M. Ed. Naville m'a beaucoup intéressé; et, tout en me défendant d'approbations ou de critiques déplacées sous ma plume, il m'a paru qu'il y avait là une œuvre bonne à faire connaître. C'est tout mon désir. — Aussi bien y a-t-il dans cette œuvre bien des parties qui relèvent du simple bon sens.

X PRÉFACE

2. Né à Genève en i8/i4, M. Edouard Naville fît ses études universitaires d'abord à King's Collège, à Londres, puis à Bonn, sur le Rhin, puis à Paris, où il prit son grade de licencié ès lettres, 1867. — Dès l'année suivante, il s'adonna à l'égyptologie, sous la direction du célèbre Lepsius, à Berlin. En automne 1868, il fit son premier voyage en Egypte, et remonta le Nil jusqu' à la première cataracte. En automne 1869, dans son second voyage, il assista à l'ouverture du canal de Suez.

Entre 1869 et 1882, il exécuta un grand travail, dont il avait été chargé par le congrès des Orientalistes, de 187 4, et, avec une subvention de l'Académie de Berlin, il publia l'édition thébaine du Livre des morts.

Après quoi, avec l'appui de quelques amis anglais, il contribua à la fondation de VEgypt Exploration Fund, société destinée à faire faire des fouilles en Egypte. Et il entreprit lui-même les premières fouilles (i883), qui amenèrent la découverte de la ville de Pithom. Puis, toujours pour la même Société, il dirigea des fouilles dans le Delta, dans l'ancien pays de Gosen, et dans une série de localités. — Du Delta, il passa dans la Moyenne-Egypte, à Ahnas (l'ancienne Heracléopolis, puis dans la Haute-Egypte, à Thèbes, où il déblaya entièrement le grand temple de Deir-el- Bahari, et où il découvrit tout à côté le petit temple, d'une époque beaucoup plus ancienne.

Revenant dans la Moyenne-Egypte, il y découvrit, en 1914, l'un des plus anciens monuments qu'il y ait

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en Egypte, l'édifice souterrain en granit, dit « puits de Strabon ». La guerre interrompit les travaux.

Avec le travail des fouilles alternait le travail du cabinet, et une foule de Mémoires archéologiques et philologiques furent publiés dans les Revues de France, d'Allemagne, d'Angleterre, plus des traductions de papyrus, d'inscriptions, etc.

M. le professeur Naville est Correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1892, Associé étranger depuis 1908 : il est aussi membre correspondant des Académies de Vienne, de Budapest, etc.

3. Tout naturellement ces longues recherches sur l'archéologie de l'Egypte ont conduit notre savant à ses études sur l'Ancien Testament. — Son premier travail : The Route of the Exodus (La route de l'Exode) parut en i88/i, à la suite des fouilles de Pithom. Il revint sur ce sujet en 1891. Puis se succédèrent : La découverte de la loi sous le roi Josias, une interprétation égyptienne d'un texte biblique (Extrait des Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, tome XXXVIIÏ, 2^ partie, MDCGGCX) ; — Archaelogie of the Old Testament, Was the Old Testament written in Hebrew ? Londres,

191 3 ; — Archéologie de r Ancien Testament (Traduction du volume précédent). Paris et Neuchâtel,

191 4 ; — The Unity of Genesis (l'unité de la Genèse),

1915 ; — The text of the old Testament (The Schweich

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Lectures), 191 6; — L'archéologie de l'Ancien Testament, réponse à M. le professeur Gressmann (Revue de théologie et de philosophie (n° 20, sept.-oct. 191 6) ; — Les deux noms de Dieu dans la Genèse (Revue de l'histoire des religions^ ^917)^ — composition et les sources de la Genèse (Revue de l'histoire des religions, 1918).

4. La partie la plus importante de l'œuvre de M. Ed. Naville a paru à un moment peu favorable ; la guerre accaparait l'attention.

Néanmoins, comme on pouvait s'y attendre, elle a provoqué dans le monde des théologiens hébraïsants une opposition bien vive et à peu près générale.

Mais en dehors de ce monde particulier elle a reçu en France deux approbations que nous croyons devoir indiquer.

La première est celle de M. Camille Julhan, professeur au Collège de France, membre de l'Institut et l'un des représentants les plus éminents de la science historique actuelle. Il a écrit : « La Revue des études anciennes di. été la première, sous la signature d'un de ses directeurs (191 4, p. io3-5), adonner son adhésion et à accorder son admiration àl'œuvie courageuse et savante de M. Ed. Naville. — Son livre m'a personnellement séduit, plus qu'aucun autre depuis 20 ans. Le premier, après l'école hypercritique, il a eu le ferme dessein de chercher dans le temps, les lieux, les circonstances, oii a pu être écrit le Pentateuque, d'y

PRÉFACE IlII

chercher l'explication des surprises qu'il a fait naître ; le premier, il a osé le critiquer, non par lui-même, mais par son milieu, substituant enfin à la méthode interne et philologique la méthode des ambiances historiques, géographiques et archéologiques. Et alors, comme tout s'explique !.... Et pourquoi pas? Est-ce que M. Bérard n'a pas de cette manière retrouvé les lieux visités par Ulysse, et rendu à V Odyssée sa vraie forme? Est-ce que M. Bréal n'a pas rétabli l'unité et l'harmonie de V Iliade? Est-ce que l'un après l'autre, tous les poèmes mystérieux des temps anciens ne reprennent point leur équilibre et leur auteur, depuis qu'on cherche à les expliquer parles sites de leur géographie et les habitudes de leur temps? Est-ce que, ici même, nous n'avons pas déclaré, il y a bien longtemps déjà, qu'on pouvait faire pareille chose pour la Chanson de Roland, et qu'à l'origine de cette chanson, il y avait un homme, et qui savait travailler ; et le succès d'un livre récent n'a-t-il pas sanctionné notre théorie? Il était vraiment temps d'en finir, comme le dit M. Edouard Na ville, avec ce travail de dépeçage, ces jeux de massacre et de construction, qui substituèrent à l'intelligence des belles-lettres les édicules artificiels de modernes philologues. Le temps des chorizontes est fini. Il faut réparer les ruines qu'ils ont accumulées » (Camille Jullian, Revue des Études anciennes, p. i/iS-i/ig). — - Le directeur de cette Revue s'était exprimé ainsi : « Voici un livre qui est appelé, je crois, à un grand retentissement. — On a

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