A Bruxelles
2. C'est ainsi que, depuis l'hébraisant Ewald, on prononce le mot Jehovah..
allemand, Godefroi Eichhorn, publia à Leipzig une Introduction à V ancien Testament \ ouvrage en trois volumes assez gros, donc beaucoup plus étendu que celui d'Astruc, mais fondé sur la même distinction des deux noms de Dieu. En outre des deux documents Eloïste et Yahviste, il y a un certain nombre (( d'intercalations ». — Eichhorn a été tout spécialement appelé le « Père de la critique ». C'est lui qui a inventé le terme de Haute Critique (exactement « critique plus haute (hôhere Kritik) », pour désigner la critique telle qu'il la pratiquait, terme peu employé en français, mais courant en anglais (higher criticism). C'est Eichhorn aussi qui a inventé le terme de « critiques de profession » pour désigner les critiques de carrière comme lui.
3. Entre Astruc et Eichhorn il y a des différences sur des points de détail plus ou moins importants. Mais les affirmations générales sont semblables, et tout particulièrement celle qui revendique pour Moïse la rédaction de la Genèse.
C'est même pour démontrer la mosaïcité du Pentateuque qu 'Astruc a entrepris ses études, et il veut beaucoup de mal à ces philosophes impies, Spinoza et Hobbes, qui, dans leurs écrits contre la religion, ont essayé de discréditer l'œuvre de Moïse. (( Il semble, dit-il, que ç'ait été la maladie du dernier siècle ^ » — Voici la première phrase de la première page : (( Cet
I. Johann Gottfried Eichhorn, Einleitung in das alte Testament, 3« édit., i8o3.
^. Astruc, p. 45 1.
ouvrage était composé depuis quelque temps, mais j'hésitais à le publier dans la crainte que les prétendus esprits forts, qui cherchent à s'étayer de tout, ne puissent en abuser pour diminuer l'autorité du Pentateuque. » Et voici la dernière phrase de la dernière p£tge : (( Il n'y a rien qui doivent inspirer aux prétendus esprits forts les airs de triomphe qu'ils" se donnent. » — C'est entre ces deux phrases, que se développe la démonstration ainsi résumée :
(( Moïse doit être l'auteur de la Genèse, et il n'y a que lui qui puisse l'être. Il s'en faut qu'on ait d'aussi fortes raisons de croire que Tite-Live soit l'auteur de ses Décades, et César de ses Commentaires ; et cependant on se rendrait ridicule d'oser le révoquer en doute*. ))
Eichhorn est absolument dans les mêmes sentiments ; il s'exprime dans les mêmes termes, peut-être avec plus de vivacité encore : « Seul, dit-il, un homme comme Moïse peut être l'auteur de ces livres » Et : (( Bref, pour faire d'Esdras l'auteur de ces livres, d'une partie ou de tous, ou bien il faut être complètement ignorant de leur esprit, de leur contenu et de leur histoire ; ou bien il faut, comme Harduin, vouloir seulement se moquer du monde et de l'intelligence humaine ^ ))
!x. Après Astruc et Eichhorn, il faut spécialement noter un troisième nom, celui de Wellhausen. Ce pro-