‹ Moïse et le TalmudChapitre 143 sur 178 · Traité Thanith, livre IIP · texte numérisé non relu

Traité Thanith, livre IIP

LE TALMUD. 2SS Je bien) » qui, aveugle , perclus de pieds et de mains, le corps couvert de lèpre, était couché dans une maison caduque, les pieds de son lit se Irouvaienl dans l'eau, afin que la vermine ne le dévorât pas. Un jour ses disciples a\;ml voulu déménager le lit, il leur dit : « Olez d'abord le reste, car je suis certain qu'aussi longtemps que je suis couché ici la maison ne s'écroulera pas'. » Les disciples lui ayant dit alors : « Comment se fait-il qu'un si parfait juste soit si parfaitement malheureux? » Il leur répondit : « Je vais vous le dire. Un jour, étant en voyage pour aller voir mes beaux parents, ayant avec moi trois mulets chargés, l'un de vivres, l'autre de vin, le troisième d'effets d'habillement, j'ai rencontré un pauvre qui me dit : « Donne-moi à manger, » et je lui disais : .< Attends que je sois descendu de ma monture, a Pendant ce temps il mourut; alors je suis tombé sur lui et j'ai dit : Que l'œil qui n'a pas eu pitié de toi s'éteigne, que la main qui ne t'a pas secouru se paralyse, que le pied qui n'est pas accouru pour

te sauver soit perclus, et je n'ai pus cru assez me punir jusqu'à ce que j'eusse ajouté : que mon corps entier ne soit plus qu'une lèpre. «

Ce Nahum est bien le père de saint François et de saint Dominique. Les juifs pourtant, après les esséuiens, n'ont plus fondé d'ordres monastiques.

Depuis la destruction de Jérusalem, nul chef spirituel n'a plus eu le pouvoir absolu, et pour fonder un ordre il faut trouver des hommes, faisant abnégation complète de volonté et de liberté.

Le judaïsme taimudique a eu de bienheureux Labre comme Nahum, mais ils n'ont jamais fait école; ils n'ont jamais fondé des ordres conventuels.

Il va de soi que le Talmud, préchant la grâce et la prédestination, se préoccupe de la contradiction qui existe entre la prescience de Dieu et le libre arbitre de l'homme, surtout entre le

LE TALMUD. 237 juste malheureux et le méchant heureux. Inutile d'ajouter que ses explications, forcément illogiques et arbitraires, ne reposant sur aucune base de certitude, si ingénieuses d'ailleurs qu'elles soient, n'expliquent absolument rien et ne résolvent pas le problème posé. Maïs il est bon en même temps de citer les différents avis du Talmud sur le juste, avant de rapporter sa conclusion. 11 dit d'abord' : a Dieu a marqué tout mortel du sceau d'Adam, mais nul ne ressemble à l'autre, afin que chacun se dise : le monde a été créé pour moi'. » C'est l'homme centre du monde, le microcosme. Il ajoute : « L'homme a été créé seul' et non par couples, afin que le juste ne dise pas : « Je suis le fils d'un juste, » et le méchant : « Moi, je suis le fils d'un médian!, » afin que l'humanité ne se scinde pas en familles et en castes. »

Voilà une grande et belle idée. L'unité du genre humain et la liberté de l'homme, liberté absolue. La justice ni la scélératesse ne sont hé-

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