Traité Beracholh, livre V
les malades, il disait, celui-ci guérira et celui-là mourra. Lui ayant demandé d'où lui venait cette certitude, il répondit : Si ma prière coule de source', elle est exaucée, si elle est trouble, elle ne produit rien. »
Les formules de prières sont très-nombreuses dans le Talmutl; on les Irouve dans le second livre du Traité Berachoth et dans le Traité Tbanith. Presque chaque rabbin avait sa prière particulière, avant tle commencer son enseignement et après l'avoir terminé. Bon nombre de ces prières ressemblent presque littéralement à celles des premiers chrétiens; elles commencent toutes par les paroles : « Âhinu Shéhbaschamaim, » — « Notre Père au ciel, que ta volonté soit faite : donne à chacun sou pain nourricier et à chaque peuple assez pour combler ce
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LE TALMUD. 2S3 qui lui manque 1 ; » ou bien : « Fais, ô mon père, que je ne pèche pas, et si j'ai péché efface-le par (a grande miséricorde. »
Il est impossible de ciler toutes ces oraisons, dont quelques-unes sont assez longues, et qui étaient toujours une espèce d'exorde à l'étude de la loi , comme aujourd'hui elles le sont encore pour les méditations et les sermons. Il en est pourtant une que je ne puis omettre et qu'il faut citer en entier, car elle témoigne de l'idée déjà dominante de la macération du corps jointe à la prière, pour fléchir la volonté de Dieu. Elle révèle toute la doctrine du jeûne et de l'abstinence conventuelle ; doctrine qui fut assez longtemps et qui est encore la reine du monde religieux. Elle se trouve également dans le deuxième livre du Traité Rérachoth.
Rabbi Schischa a dit la prière que voici :
« Maître des mondes, il est connu de loi que du temps de l'existence de la sainte maison (le temple) un homme avant péché était pardonné, après avoir présenté un sacrifice dont il n'offrait
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que ia graisse et le sang. Moi, qui passe mon temps à jeûner, ma graisse et mon sang dimii nuant tous les jours, accueille ce sacrifice comme si je l'avais offert sur l'autel 1 . »
1-e jeûne, la macérai ion, la flagellation, furenl donc déjà, du temps du Talmud, considérés comme un sacrifice expiatoire et faits pour gagner le ciel. Peut-être la prière elle-même, que le'falmud met au-dessus des sacrifices 1 , est-elle, en effet, un plus grand effort individuel qu'un bouc ou qu'un veau acheté à beaux deniers et offert au prêtre, surtout la prière improvisée, non répétée d'après une formule généralement admise. Il y a plus. I,e Talmud cite déjà des exemples d'ermites faisant des miracles et vivant dans la plus grande abjection, le tout pour l'amour et la gloire de Dieu. On lit* : « Ils ont raconté de NacIium-isch-Gamsu (ou l'appelait Gamsu, parce qu'à tout événement il avait l'habitude de dire : « Cela aussi (Gamsu) est pour