PRÉLIMINAIRES
Aben Esra et Spinoza les deux plus forts penseurs du Judaïsme ont prouvé d'une manière irréfragable que Moïse n'est pas l'auteur du Pentateuque tel qu'il est devant nous. Ce qu'Aben Esra ose à peine indiquer dans un langage énigmatique, Spinoza l'explique et cite les textes à l'appui. Les contradictions, en effet, eulre les textes de la Bible, souvent d'un seul et même cliapitre, sont trop flagrantes, trop palpables. L'on ne conçoit même pas qu'un seul
1 . Voir son Traité l/ièiilogku-polilii/ue qui est à la portée de tout lecteur.
homme raisonnable,, sachant l'hébreu ou lisant seulement le Pentateuque avec attention dans n'importe quelle langue, puisse essayer de concorder ces contradictions presque toutes principiellesqui s'excluent les unes les autres et dont les textes ont été visiblement intercalés, soit par l'intérêt de la caste sacerdotale, soit par ordre d'un roi, soit par Esra, qui imbu de la philosophie persane et assyrienne, la science pivoiale des Pharisiens, a cherché à neutraliser la doctrine de Moïse, diamétralement et radicalement opposée au Talmud et aux Eiabbins revenus de l'exil.
Cela résulte du Talmud même. Tout d'abord comme s'il voulait s'excuser : « II dit', Rabbi José a dit : Esra a été aussi digne que Moïse pour recevoir de Dieu la loi d'Israël. Il l'aurait reçue, s'il n'avait pas été devancé par Moïse, o C'est contraire à la parole du Pentateuque, qui, à l'avant dernière ligue, dit : a Et jamais plus il ne s'éleva dans Israël un prophète comme