‹ Moïse et le TalmudChapitre 37 sur 178 · Exode, chap. m, v. 1k · texte numérisé non relu

Exode, chap. m, v. 1k

kk LES LIVRES DE DIEU.

sera toujours ce qiiil est et qui ne change jamais. « Tel est mon nom et mon souvenir pour l'éternité » ajoute Dieu. Ceci n'est plus un jeu de mois, c'est tout un système. Dieu n'est pas parce qu'il est le plus fort, il est parce qu'il est, il est l'Être qui fut toujours, il est l'Être Étant qui ne devient jamais! Il est l'Être qui sera ce qu'il est, c'est-à-dire, il n'y a pas en lui de progrès. Il ne change ni d'essence, ni de volonté, ni de principe. S'il n'était que YEkieh on aurait pu croire que dans le passé il a progressé et qu'il ne progresserait plus. Mais le Jëhovah dit tout à la fois : Dieu est l'Être qui ne fut, qui n'est, et qui ne sera jamais autre chose que ce qu'il est, que ce qu'il fut !

J'ai dit que tout le système de Moïse est résumé dans le mol Jé/ioua/i. Eu effet, si Dieu est la loi qui fut et qui sera toujours la même, cette loi est immuable. Elle suit sa propre loi et ne dévie jamais ni à droite, ni à gauche. Dieu ne peut donc pas décider une chose et ne plus la décider. // ne peut pus vouloir punir et pardonner après. Il ne peut même ni punir, ni pardonner. En vertu de sa Loi (Logique), telle cause doit

LOI FONDAMENTALE DE MOÏSE. 4S toujours produire tel effet, non pas dans uue vie future, mais sur notre planète. Si cette Loi de Dieu n'était pas inexorablement immuable , l'homme ne serait pas libre, son libre arbitre n'aurait ni raison, ni sens. Si le mal que l'homme fait pouvait être annihilé par Dieu, si le bien que t homme fait pouvait tourner contre lui enmal par la volonté de Dieu , Jéhovah ne serait pas Jéhovah, il serait Élohim et Adam ne serait pas Adam. Le premier ne serait qu'un maître volontaire, capricieux , un odieux et ridicule tyran ; le second ne serait qu'un vil et abject esclave, bien au-dessous de l'animal guidé par son instinct. Moïse qui croit à la liberté pleine et entière de l'homme, l'artisan de son bonheur et de son malheur', conclut logiquement à l'immutabilité de la loi divine et résout d'un mot tous les problèmes philosophiques rendus insolubles par les pharisiens et les chrétiens nazaréens au sujet de la prescience, du libre ar-

1. Deutéronome : chap. XI, v. 26. ■ Vois, j'ai donné devant vous la bénédiction et la malédiction, » etc., etc. Puis, chap. x\x, v. 1 H : ■ Vois, j'ai exposé devant toi la vie- et le bien, la mort et le mat, choisis. »

bitre, de lu grâce et de la [in'ifcsl itiutinn ; questions qui dispa laissent complètement dans le seul mot de Jéhovah, n'intervenant jamais entre la cause et l'effet, ne se préoccupant jamais du destin de l'homme et qui, certes, n'arrêtera pas plus le coquin courant après son châtiment qu'il n'arrête une pierre roulant sur un plan déclivé. L'un comme l'autre suit sa loi comme Jéhovah luimême.

Chose remarquable dans le Jéhovah de Moïse!

11 ne lui parle jamais par l'intermédiaire d'un messager (malach; «yyEÏJiî) comme Élohim le fait à l'égard d'Abraham , d'Isaac et de Jacob. C'est un point bien important et qui caractérise bien la doctrine de Moïse. L'homme, d'après l'idée de Moïse, créé à l'image de Dieu, est la création la plus parfaite. Si Moïse avait admis des génies et des anges il en aurait parlé. Tous ses commandements sont des inspirations directes. Depuis le mont au buisson ardent jusqu'à Gaï où il fut enterré , jamais être intermédiaire ne s'interposa personnellement entre le philosophe législateur et Jéhovah. Le Talmud qui prêche la révélation personnelle et surnaturelle,

LOI FONDAMENTALE DE MOÏSE. W pur cela même détruit le système de Moïse, eu admettant des démons et des anges. Moïse n'a pas eu comme Socrale un démon : Dieu immanent lui parle directement par son cœur et par sa raison, et il parle ainsi à tous les mortels, comme Moïse le dit en toutes lettres' : « Car ce verbe est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Vois, /ai pose' devant toi aujourd'hui la vie et le bien, la mort et le mal, » ctc Verset 1 1 du même chapitre il a déjà dit : « Car ce commandement n'est pas miraculeux, il h est pas au ciel ni au delà de la mer, a etc. Puis" : a Je prends à témoin le ciel et la terre, j'ai exposé devant loi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie', » etc.

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