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on des fantaisies pieuses de l'imagination. Ils sont les résultais de la science expérimentale. Quiconque a vécu, quiconque a observé les vicissitudes de la vjc acquerra la conviction, que la juslice divine s'exerce sur cette terre par la main de l'homme. Le premier homme qui a atteint seulement un âge de soixante ans, a dû faire l'observation, dans sa propre famille, que le travail, l'ordre, le respect des parents, la charité, le devoir accompli, ont toujours été la source de bénédictions de la famille; et que le vice, le désordre, l'âpre lé du gain, la violation du droit d'aulrui, bien que victorieux un instant, conduisent au malheur, à la guerre, à la misère, à toutes les calamités. L'histoire, qui date du commencement, n'a pas d'autre but. Elle est, comme dit Schiller, le tribunal de Dieu. À chaque homme qui l'étudié sans préjugés, elle prolonge, pour ainsi dire, la vie de trois mille ans. En lisant les faits de l'histoire l'homme recule sa vie, car en voyant les causes, les actions humaines et es effets qui les ont suivis, il devient à la lettre le contemporain des unes et des autres, il se divinise, car il pénètre par celte étude, la loi pri-
LOI FONDAMENTALE DE MOÏSE. 81 uiitive, la loi de Dieu en vertu de laquelle tout existe. Celte loi n'est autre que la justice de Dieu. Au nom de celte justice, de petits peuples s'élèvent par leurs vertus, et de grandes nations disparaissent par leurs vices. Il en est de même des familles et des individus. Quelques années de plus ou de moins, qu'est-ce que cela pour l'histoire qui est éternelle? Parfois des bonheurs apparents ne servent que pour faire mieux voir le châtiment. Les criminels ne montent si haut que pour tomber plus bas et pour être foudroyés par la chute. Il esl des potences dorées. Pour peu que l'on veuille pénétrer plus avant dans l'histoire, on y trouvera la solidarité la plus universelle. Tous ceux qui ne se sont pas opposés à l'injustice des forts envers les faibles, si forts qu'ils fussent eux-mêmes, ont largement payé leur égoïste inaction. De là vient que l'histoire n'est qu'une longue nomenclature de la justice divine, n'engendrant que les effets logiques de la prévarication des hommes. Le progrès dans l'histoire n'est nullement continu. Bien au contraire ! Il s'y trouve de longs siècles de ténèbres, de barbarie, de crimes et de misères. 11 y a plus
encore. Dès qu'un peuple sert un faux principe divin ou philosophique, ce peuple, loin de progresser, recule toujours et finit par devenir un sujet d'abjection et de risée. Il n'inspire même plus un sentiment de pitié à l'homme de raison, qu'il ait vécu au milieu de ce peuple ou quelques siècles plus tard.
La justice de Dieu, d'après Moïse, s'exerce toujours par des hommes, dès qu'il y aura des hommes pénétrant la loi divine et agissant en son nom. Jéhovalt a condamné les sept peuples de la Palestine à cause de leurs abominations. Pour les exécuter, il choisit le peuple d'Israël, bien moins nombreux, moins robuste et moins connu, à condition pourtantqne ce peuple, libre par son choix, opte toujours pour le bien dicté par la raison contre le mal inspiré par l'intérêt égoïste.
Voici un maître dur qui viole les droits des veuves et des orphelins. Dieu exaucera leurs cris. Comment? Par des hommes! Des hommes animés du feu sacré de la justice viendront, tueront les maîtres prévaricateurs et feront de leurs femmes et de leurs enfants des veuves et des orphelins.
LOI FONDAMENTALE DE MOÏSE. 83 Il en est de même do toutes les menaces de Jéhovah. Que si ces crimes s'accumulent pendant des années, sans qu'un juge quelconque s'érige pour rendre justice, alors Jéhovah suscitera des peuples étrangers non connus qui viendront assaillir celte nation prévaricatrice, la rendront esclave en hloc et la pousseront devant eus comme des animaux immondes. En effet, il ne peut pas y avoir des justes au milieu d'un peuple corrompu, où le faible ne trouve plus de justice contre le fort, le pauvre contre le riche, l'étranger contre l'indigène. S'il y avait un juste, il s'élèverait comme Isaïe au risque d'être scié en deux, ou bien il mourrait comme Caton, Brutus et Cicéron.
La justice divine de Moïse et la liberté de l'homme sont donc corrélatives. L'une ne saurait être sans l'autre Dès que l'homme, digne de sa liberté et sachant I apprécier, s'élève au nom de la justice, l'humanité est en progrès et la prospérité matérielle suit de près. Là au contraire où l'homme, soit égoïsme, soit couardise, ne veille pas à ce que celte justice divine gouverne, la société, l'État s'affaisse; le juste lui-même
8d LES LIVRES DF. DIEU,
se corrompt, ou bien, englobé dans une exécution de jusiiee nationale certaine, bien que tardive, il tombe avec son pays sans laisser une trace lumineuse pour l'avenir.
Pourtant — et c'est encore une idée de Moïse, — pour peu qoe le principe reste sauf, même après lotîtes les calamités antenées par l'injustice et les vices des hommes, ■ dès que le peuple recoDoaJlra de nouveau la vérité, — Moïse appelle cela « revenir à J<fkovnh\ » — .léliovali reviendra à lut, c'est-à-dire, la cause produira son effet naturel, le bien enfantera le bien et la loi observée sera féconde de prospérités. 11 n'en est pas de même si le principe divin est nié ou remplacé par l'erreur, car ait rs pas de rémission possible !
En effet, les Israélites mêmes, après la destruction de Jérusalem par les Assyriens, étant revenus au principe fondamental de Moïse, ont retrouvé une patrie. Mais sous le second temple, ce principe s'étant corrompu par les erreurs des Pharisiens sur la loi de Dieu, erreurs maintenues par le Taluiud et le dogmatisme ebrétien,