‹ Moïse et le TalmudChapitre 89 sur 178 · Genèse, chap. xxit, v · texte numérisé non relu

Genèse, chap. xxit, v

grand coureur de plaisirs. Désobéissant à sa mère, Esaù avait épousé plusieurs filles idolâtres, avec lesquelles il gaspillait sa jeunesse quand il ne chassait pas; un demeurant, bon garçon lour à tour fantasque et faible à l'excès. Quoi d'étonnant que la pieuse et vertueuse Rébecca préférât son cadet, un modèle de piété et de tendresse filiale? Jacob avait promis à sa mère de n'épouser qu'une fi Lie de sa nation et de sa religion, et sa mère, à son tour, ne recula devant aucune ruse pour procurer à son bien-aimé préféré fils la bénédiction du père, qui appartenait de droit à l'ainé. A celle bénédiction était attachée une double part de l'héritage paternel auquel d'ailleurs Jacob renonça plus lard.

Il n'est pas de cœur maternel qui n'applaudisse aux ruses de Rébecca. Esaii s'était rendu indigue.de l'amour de sa mère. Il la raillait et cherchait à tromper son père, aveuglé par ses produits de chasse, probablement aussi par ses menteries, car qui dit chasseur dit menteur.

Cliez tout autre peuple de l'antiquité, l'action de Rébecca eût été la cause de plusieurs crimes domestiques. Mais Esaû, malgré son inconduite,

LOI FONDAMENTALE DE MOÏSE. 14a était, Hébreu. Il respecte sa mère même après le départ de Jacob, et, lors des funérailles de son père, il prend le premier rang, bien qu'il eût vendu son droit d'aînesse. C'est que la femme et la mère Juives ne ressemblent à aucune autre femme des nations idolâtres. Devant Jéhovah, fous les êtres humains étaient égaux. Devant son Dieu, la femme vertueuse valait l'homme courageux. Tous deux étaient égaux par le devoir accompli.

L'histoire de Jacob, roman si jamais il en fut, prouve par plusieurs crimes le danger de la polygamie, il est vrai qu'il y fut forcé par la ruse de Laban. Il n'aimait que Racliel. 11 résulte cependant de l'histoire de Léab et de Rachel, deux choses. D'abord que les filles Juives héritaient dans ce temps de leurs parents, puisqu'elles n'ont jamais pardonné à leur père de les avoir vendues. On lit' : a Rachel et Léah répondirent et dirent : a Avons-nous encore une part et un « héritage à la maison de notre père! Ne lui h étions-nous pas comme des étrangères! Ilnous

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