PARAPHRASE
Depuis ma première jeunesse, dès que j'ai commencé à étudier le Pentateuque, chaque fois que j'ai lu un livre chrétien parlant de Moïse, je me suis demandé d'où vient que pas un chrétien, — Michaélis excepté, — n*a pu ou n*a voulu comprendre Moïse ? d'où vient que tous l'ont calomnié ?
Plus tard, j'appris que pendant des siècles, tout chrétien qui aurait dit la vérité sur Moïse eût été brûlé par l'Inquisition, du nioins dénoncé comme un dangereux révolutionnaire.
Plus tard encore, j'ai vu que le Talmud luimême est l'adversaire le plus violent de Moïse. 11 défigure la moitié de ses lois, et quant à l'autre moitié, il met à la place ses propres erreurs. L'homme le plus injuste envers Moïse, c'est Voltaire. Il a cru que le christianisme sortait du Mosaïsme. Hélas non ! Le christianisme est fils et frère du Talmud. Le dogme chrétien, sauf la Trinité qui est platonique, sort tout entier avec tous ses détails du Talmud. C'est ce que nous allons prouver, textes à l'appui.
La loi de Moïse n'a été abordée et étudiée que du temps de la Renaissance, au quinzième et au seizième siècle.
Les Juifs eux-mêmes, livrés par l'autorité chrétienne à l'autorité rabbinique, n'osaient pas
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approfondir la doctrine de Moïse, et Topposer au Talmud. •
Aben-Esra a hasardé quelques vérités, mais dans un langage obscur. -^ ♦
Quelques Juifs pourtant, en Italie et en AUe-
:. magne, ont initié des savants chrétiens dans Ifes
s^lliiets de ki langue hébraïque. De là est sortie
la Reforme, non sans de nombreuses victimes
avànt-courrières de Luther et de Calvin.
Enfin Spinoza ^e premier, dans son Traité théologique, poursuivi ptc ses propres coreli- : gionnaires, a ea^tf^garder en face le texte du Pentateuque. • *
Depuis ce temps, plusieurs savants olirétierfs ont étudié Thébreu avec succès, mais pas un d'eux' n'a pénétré l^ génie** philosophique de Moïse. L^s philosoDhes d'ordinaires ne savent pas l'hébreu, et lefTiébraïsanfi ne sont guère philosophes.
Mais, que dans l'histoire des humains on ait expliqué ou non la loi de Moïse, il est un fait patent, palpable, uTéfragabie, qui parle plus haut que tous les commentaires.
Ce fait, le voici:
. Ôepuis que les mots : Solidarité, Liberté, Égalité, retenUssenl dans l'histoire, nul homme n'a pu articuler un de ces mots sans logiquement s'appuyer sur la loi fondamentale de Moïse, qu'il Tait connue ou ignorée.
^ù donc a-t-on vu un homme, depuis Savonarole jusqu'à Robespierre, attaquer la tyrannie et proclamer la lil^erté au nom de Platon ou de Plutarque ?
C'eût été impossible. Non seulement les dieux de cette société vivent en concubinage perpétuel
LE TALMUD ET l'ÉVANGlLE 1S3
avec leurs différentes femmes, sans devoirs ni droits ; non seulement toutes les déesses des Grecs et des Romains sont des Hétaïres, mais 4p.ns la société politique de ces peuples, il y avait qifgrtre- vingt -dix esclaves contre dix citoyens, libres et ces dix citoyens libres .mêmes avaient des droits différents. Ils ne^tràvaillaient pas. Le travail était dévolu à r*sclave saiwune heure de repos. Le soi-disant citoyen libre grec ou romain ne s'exerçait qu'à U guerre pour faire du butin et des esclaves. Tout étranger, même parlant la même lanj^ue,* parfois^d'une ville voi^ • sine, était considéré comnîe^n^ennemi hors la ' loi. En latin le mot-Aosfis, étranger, est synonyme du mot* ennemi.
Mais k Bible, mais TÉvangile, là ou U s'accorde avec la loi de Molke, a toujours servi de charte impnssciiptible, so%aux théolbgiens, soit aux grands hommes politiques progressistes.
On peut même hardiment prétendre que les révolutions théologiques seules ont abouti et que toute agitation purement politique a toujours versé de Fornière de* l'anarchie dans rornière du despotisme.
C'est que, seule, la loi de Moïse est basée
SUR LE devoir. SaNS LE DEVOIR PRÉALABLE, SEULE ORIGINE DU DROIT, PAS DE LIBERTÉ, V\S d'ÉGALITB POSSIBLES I
Ce fut là, et c'est encore l'erreur des révolutionnaires modernes. Tous leurs travaux sont stériles, tous leurs efforts convulsionnaires.*
En bâtissant sur le droit absolu, ils bâtissent sur le sable, sur le droit du plus fort.
Du devoir accompli seul jaillit tout droit. C'est là l'idée mère de Moïse, et c'est pourquoi
LïO^gle
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la loi de Moïse est et restera la charte de Thumanité, le principe fondamental de toute justice, de toute liberté, de toute égalité, de toute solidarité.
Les détails locaux ont vieilli, les falsifications ont blanchi, mais le principe philosophique de Moïse restera éternellement jeune, car il restera éternellement vrai. Nul ne fondera jamais un édiflce solide, à moins de bâtir sur ce sol divin.
Celui qui a dit à la fin du Pentateuque: «Et jamais il ne s'éleva plus un Nabi comme Moïse, » a dit une grande vérité. Là sont les assises de rhumanité !
Dieu lui-même descendrait en personne sur la terre pour fonder une société, on pourrait lui dire : pour réussir il faudrait créer non des hommes, mais des anges, des demi-dieux. Mais Moïse a découvert la loi faite pour les humains. Nul Dieu ne V abolira, à moins d'abolir l'huma-nité.
ET