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Moïse, le Talmud et l'Evangile, rev. et augm. de plus de cent textes.... 1, Moïse

quement, normalement, Une seule loi régit tout. Une seule force anime tout et met tout en mouvement. Cette loi fut, est, sera toujours la même. Comment ? La raison ne pénètre pas jusqu'avant rexistenee des choses. Il lui suffit d'expliquer les choses qui sont, et rien n'échappe à ses investigations. La chose en soj fut toujours. La loi de même. Il n'y a pas de progrès en Dieu. Le progrès existe seulement dans l'humanité.

A mesure que cette humanité, pénétrant les eauses d'après les effets historiques, reconnaît les lois de Dieu, elle règle ses actions, conformément à ces mêmes lois, et arrive, pour ainsi dire, à se diviniser, à se cristalliser tout entière de vérité divine. Dans cette aspiration, dans ce procédé est la source de son bonheur intellectuel et matériel. Ces lois, pourtant, que l'humanité les reconnaisse ou non, existent et fonctionnent logiquement. La sohdarité des êtres, par exemple se manifeste dans toute l'histoire, que l'homme Tait niée ou reconnue. Mais dès que la raison humaine l'a aperçue, dès qu'elle l'a affirmée elle a prescrit, elle a ordonné au fort de remplir ses devoirs envers le faible, afin que les effets funestes de la solidarité ne rejaiUissent pas sur tous. Qu'une génération ignorante, c'eat-à-dirc, aveugle de raison et de cœur, nie la solidarité,' elle n'ea prépare pas moins une ère de mal-

LE TALMUD ET l' ÉVANGILE

heurs à ses propres enfants. Au lieu de progresser, elle recule !

En vertu de ce même principe^ l'homme est entièrement libre. Dans ses mains il tient son bonheur et son malheur.

Il fait lui-même son progrès, il est le créateur de son avenir, l'artisan de son destin. Comme tout ce qui est créé, comme tout ce qui émane de la substance en soi^ il est soumis à la loi immuahUy mais il l'est moins que toutes les autres existences, y compris les astres .

Il peut se créer de grandes félicités spirituelles et matérielles ; et pour peu qu'il suive la loi de Dieu, après une vie d'heureux travaux (car le travail même est un bonheur, s'il reste dans les limites de la nature, également une émanation de Dieu), il peut préparer une ère de paix et de prospérité à des génçrations à venir.

Si jusqu'à ce jour l'humanité n'a pas connu cette béatitude, c'est que depuis qu'elle existe, elle n'a fait qu'entrevoir à peine cette vérité à la fois divine et humaine ; c'est que jamais cette vérité ne fut la Religimi^ c'est-à-dire, le principe conducteur de la vie entré dans la conscience universelle .

Certains peuples, après avoir fait quelques pas dans cette voie de lumière, éblouis, efErayés chancelants comme des aveugles opérés par un

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grand jour de soleil, ont reculé épouvantés , préférant sinon les ténèbres, du moins une roie crépusculaire qui leur paraissait plus douce. De grands génies pourtant, au - regard d'aigle, voyant la loi de Dieu en face, ont tracé cette voie resplendissante de clarté et de pureté ; mais nul peuple, jusqu'à ce jour, n'a été assez fort pour y persévérer seulement un demi-siècle : car on n'est fort que par la science. Savoir, c'est pouvoir! Par la science seule, l'homme, pénétrant la loi universelle, apprend à se connaître, c'est-à-dire, acquiert de la conscience, l'équilibre de ses forces, la certitude, la plénitude de soi-même et des êtres qui l'environnent.

Il n'est pas d'exemple dans l'histoire, qu'une nation ait maintenu sa marche ascendante pendant un demi-siècle seulement. L'humanité ressemble à un aveugle, guidé par un boiteux chevauchant sur son dos. A peine une nation approehe-t-elle de la vérité, qu'elle retourne sur ses pas, pour entrer dans l'autre voie que nous allons décrire. La France intellectuelle et littéraire, sur la voie du progrès pendant le dix-huitième siècle, bien qu'elle n'ait fait qu'entrevoir une face de la vérité, est, depuis le commencement de ce siècle, lancée à grande vitesse dans la voie crépusculaire du recul !

D'après ce même principe, il n'y a pas, il ne

peut pas y avoir de progrès en Dieu. Dieu ne viole jamais sa loi! Jamais il ne la suspend pour faire un miracle. 11 ne se préoccupe pas des actions humaines. L'homme est libre. En vertu de la loi divine, les actions humaines produisent le bien si elles sont bonnes, et engendrent le mal si elles sont mauvaises. Dieu ne peut pas, ni pour des sacrifices, ni sur des prières, changer la logique de la loi ; s'il le pouvait, s'il le voulait, ï7 ne serait pas Dieu. Si Dieu faisait que ce qui est fait ne l'est plus , en annihilant les effets des mauvaises actions de l'homme, pendant qu'il aurait pu créer ce même homme parfait, ne faisant jamais le mal. Dieu serait un être monstrueux, capricieux, illogique, arbitraire et despotique. Si fort qu'il fût, il serait un hunme , moins qu'un homme, car r homme fait de son mieux.

Le progrès est donc dans l'homme, et il n'a pas de limites. A mesure que, par la science et l'expérience, l'homme pénètre les lois de Dieu et les suit, il marche vers la liberté complète, qui est la suprême béatitude, attendu que nul n'est libre qu'à condition de connaître toutes Bes lois organiques et de vivre conformément à ces mêmes lois. Il n'y a point d'autre liberté. C'est la liberté de Dieu, la loi qui suit ses lois. Ce progrès, hélas I n'est ni permanent ni con-

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tinu. C'est un triste spectacle que Fétat de la société humaine, après six mille ans d'existence. Pottr un pas en avant elle en a toujours fait trois en arrière !

Oui, il est des siècles de ténèbres et de barbarie, pendant lesquels la vérité ne reluit même pas dans la tête de cinquante êtres humains ; des vérités acquises restent, pendant des années, enfouies dans des livres que personne ne lit, que pas un ne comprend. Dès que l'humanité n'est plus guidée par ces vérités , elle trébuche, chancelle comme un homme ivre. Le premier venu alors la pousse sur la voie des ténèbres, conduisant vers la barbarie, qui fut et qui sera toujours le droit du plus f or t^ traînant à sa suite la misère, Tesclavage et la mort. Elle a beau jeter ses regards vers le ciel, Dieu ne change pas la logique de sa loi, et l'homme, qui, dans ce monde-ci, n'a pu s'élever à contempler la loi de Dieu, ne la contemplera certes pas mieux après sa mort, bien que nul être créé ne meure^ ni ne saurait mourir une minute.

L'histoire, étant la preuve palpable, temporelle de la loi spirituelle et éternelle, ou plutôt l'application matérielle des lois intellectuelles (la logique en actions), plus les grands penseurs ont pénétré les efEets et les causes, plus et mieux ils ont entrevu la vérité et la nature divine. Parmi

ces hommes, quelques-uns, de leur œil intérieur, ont vu Dieu, pour ainsi dire, de toutes les faces ; d'autres n'en ont vu qu'an côté; d'autres encore n'ont pas osé être conséquents, pour appliquer la logique de la loi à toutes les existences. (Égalité et solidarité des êtres.)

Chose curieuse ! les Juifs seuls, Moïse, le Talmud, l'Évangile, îSpînoza, 07it affirmé Dieu^ chacun à sa manière. Eux seuls ont immédiatement appliqué aux hommes et aux choses les lois de Dieu, telles qu'ils les ont entrevues.

Parmi les Grecs, Socrate, Platon, Aristote ont affirmé Dieu , bien que leurs principes ne fussent appliqués que par les chrétiens. Mais nul d'entre eux n'a osé, ou n'a pu résumer la loi de l'homme, d'après cette même loi de Dieu (la logique). Platon, qui l'a essayé, arrive à l'esclavage et à la promiscuité de la femme. Il n'a même pas entrevu V égalité des êti^es.

Il n'a pas vu que la différence des êtres n'est pas dans la substance même, dans la qualité^ mais dans la quantité de cette même substance divine et autonome ; qu'une femme, par conséquent, est aussi libre qu'un homme, attendu qu'elle est de la même substance. Bien plus, l'animal, la plante, le minéral, sont essentiellement les égaux de l'homme. Il n'y a, entre ces existences, que la différence du plus au mohu de l'essence, et non

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du quoi au quL (Toute la ecolastique aristotélique roule sur cette quidité et cette quocUté.) De même un homme lent n'est pas, pour le mouvementj l'égal d'un homme vif, bien qu'il le soit comme homme pour tous les autres devoirs et droits. Entre l'homme et Dieu même il n'y a pas d'autre différence essentielle. Il s'agit toujours du plus au moins; seulement du premier moins au dernier ^7ws. En Dieu la mesure est pleine. Il n'y a rien ni au-dessus ni à côté I II est ce qu'il est et ce qu'il sera.

Il n'est pas étonnant que les G-recs n'aient pas entrevu l'égalité. Ils n'ont pas vu la substance mie de la création entiers sortant de VEtre qui seul sera toujours ce qu'il fut: la Loi qui ne change jamais^ et, sans la substance une, pas d'égalité possible ni de solidarité. Ni Socrate, ni Platon, ni Boudha, ni Conf ucius, n'ont entrevu cette loi. Aussi, dans la société qu'ils ont modelée sur leurs principes, n'y a-t-il jamais eu une ombre d'égalité. C'était logiquement impossible. Ils croyaient que la nature était divisée en forces autonomes, supérieures et inférieures. Tout progrès social jaillit toujours delà loi de Dieu, telle que la raison humaine la voit. Ce qui fait que nul mortel n'est grand, s'il n'est pas grand philosophe, eût-il gagné mille batailles, construit mille cités, composé mille poëmes, taillé mille statues î

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Voici maintenant l'autre voie :

Dans cette voie, la raison insuffisante, doutant d'elle-même, proclame un Dieu fort, toutpuissant, mais progressif, changeant d'avis ; un Dieu qui n'est pas toujours ce qu'il est, qui devient : tantôt gracieux, tantôt en colèrç, et conduisant le monde d'après son bon plaisir, comme un bon père de famille. D'après ce principe, le Tout-Puissant, c'est-à-dire l'Etre pouvant changer ses lois et les lois du monde, mène les hommes fatalement, d'après sa grâce ou sa volonté. L'homme n'est pas libre. S'il opte entre le bien et le mal, c'est grâce à la grâce qui lui vient d'en haut. Tout est prévu, présu. Tout est écrit. Pour bien se mettre avec ce Seigneur omnipotent, capricieux et teiTible, l'homme n'a qu'à le flatter, qu'à le circonvenir par des prières ; ou bien, si Dieu est en colère, qu'à l'apaiser par des sacrifices. Le progrès étant en Dieu même, est permanent, il est toujours quelque part. Point n'est besoin de travailler en sa faveur, il existe par la volonté et la grâce de Dieu.

Si, .par exemple, les chemins de fer n'ont été inventés que dans notre siècle, c'est que, quoi que les hommes eussent fait, qu'ils eussent été justes ou injustes, qu'ils eussent professé la vérité ou l'erreur, cette invention n'eût jamais pu être faite avant l'époque voulue, où elle fut

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réellement faite. L'histoire pourtant prouve jusqu'à l'évidence, que les grandes inventions ont toujours suivi la proclamation et la reconnaissance des vérités philosophiques ; vérités bien des fois entrevues, acceptées parfois par quelques chefs de pouvoir mieux éclairés que leurs peuples. Dès que ces peuples rentrent dans la voie du recul, Fesprit inventif de l'homme s'émousse, se rouille, se meurt pendant des siècles de paresse crapuleuse, ou de violence sanguinaire !

D'après ce système, Fhomme n'est jamais le maître de son sort. Il ne peut rien ou presque rien, ni pour son bonheur, ni pour son malheur. * Tout se fait par la grâce de Dieu, par la f ataHté. A quoi, en effet, sert la liberté de l'homme, si Dieu peut annihiler les efEets de ses actions, si, par une prière. Dieu tourne le mal en bien, ou retire de l'homme sa grâce pour l'accabler de malheurs, si bonnes que soient ses œuvres ? En naissant, longtemps même avant la naissance, l'un est destiné à devenir maître, l'autre esclave. Et puisque, pour devenir heureux, il faut avant tout gagner les bonnes grâces du maître suprême, à quoi bon travailler ? Le travail est un châtiment infligé aux disgraciés, aux déshérités, aux serfs. La suprême félicité, c'est de contempler le Seigneur et de rester éternellement dans

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cette stérile contemplation, aussi bien dans ce monde-ci que dans l'autre !

Naturellement ces principes d'erreur, d'injustice, de fainéantise et de fatalité conduisent droit à r esclavage, à la barbarie, à toutes les calamités, à toutes les misères de la guerre, de la famine et de la peste.

Ces nations, prenant leurs malheurs comme une nécessité fatale, céleste, inévitable, n'ayant pas même la possibilité de la liberté et du bonheur sur cette terre, se sont créé une félicité factice, paradisiaque, pour une vie qu'ils appellent future et qui n'est à leurs yeux qu'une autre vie tout à fait mondaine, plus parfaite, plus heureuse, qu'ils élèvent en dogme, contrairement à toute raison, à toutes les lois de la nature et de Dieu. Ils ressemblent en cela à de malheureux prisonniers, charmant leurs ennuis à peinturlurer les mure de la prison avec des scènes de licence et de bombance.

Et pour se venger de leurs oppresseurs, ces mêmes nations inventent pour eux des enfers, des purgatoires et autres engins de supplice éternel.

La résurrection des morts, les miracles, les saints, etc., etc., tout cela est forcé dans ce système, tout cela se trouve chez tous les peuples, qui, au lieu d'attribuer leurs malheurs à leurs

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propres erreurs, à leurs propres injustices, les imputent à Dieu, en s'écriant, que Dieu n'est plus avec eux, qu'ils les a abandonnés • oubliant, comme dit Moïse, que Dieu n'abandonne que ceux qui ont abandonné ses lois que tout être qui perd ses droits a toujours manque a ses devoirs, lui, ses pères et ses aïeux !

Inutile d'ajouter que les chefs spirituels Je ces nations, se disant les élus, les bien-aimés de Dieu, ses représentants sur la terre, tiennent dans leurs mains les clés de ce paradis et de cet enfer. Eux seuls pardonnent au nom de Dieu t Eux seuls aussi ont le droit de maudire et de damner !

Le premier principe est celui de Moïse !

Le second celui du Talmud et de V Évangile

Seulement les rabbins, les pharisiens, ayant voulu coller, pour ainsi dire, leurs principes sur ceux de Moïse, ont rédigé un Pentateuque sur de vieux documents qu'ils ont falsifiés visiblement, ostensiblement, audacieusement !

Malheureusement peureux, le Deutéronome qm est en grande partie de Moïse lui-même' s est maintenu malgré eux; et bien qu'ils aient a aussi coupe, tronqué, ajouté des phrases entières, le principe du Maître n'en reluit pas moins avec splendeur, pour ceux surtout qui savent l'hébreu, qui aiment la vérité pour elle-

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' même, sans arrière-pensée de dogme ou de tra-

dition (1).

A travers cette marclie perpétuelle de l'hu-

manité en avant et en arrière, toujours trois pas

en arrière pour un pas en avant, deux vérités se

font jour et s'imposent à la conscience des peu-

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ples.

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La solidarité des générations, étant une loi

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identique avec Dieu, les peuples dans l'histoire

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ont presque toujours payé les erreurs et les cri-

mes de leurs pères. Quand une génération re-

connaissant ses erreurs, est revenue vers la vé-

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rité, cas extrêmement rare, elle a de nouveau

semé et ses enfants ont récolté. Ceux-là, bien

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des fois sont retombés ; et, alors tout en jouis-

sant des fruits de leurs pères, ils ont préparé à

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leur postérité une ère néfaste de guerres, de vio- '

îences et de misères. De nos jours, nous récol-

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