‹ Moïse, le Talmud et l'Evangile, rev. et augm. de plus de cent textes.... 1, MoïseChapitre 4 sur 9 · livre · texte numérisé non relu

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se contredisent. Mais tout bien considéré, ils ne Font pas fait parce que le commencement et la fin sont des paroles de la Thorali. Ils ont voulu aussi écarter pour toujours les proverbes de Salomon. » Il n'est pas dit pourquoi ils ne Tont pas fait. Probablement le même rabbi Hanania, plus éclairé que les autres , qui a empêché la destruction d'Ézéchiel, a conservé aussi le chef-d'œuvre de Salomon.

On lit en effet (Traité Hagigah, livre ii') : « Sans Hanania, fils de Jéheskiahu, le livre d'Ézéchiel eût été supprimé (détruit) parce qu'il s'y trouve des paroles qui sont contraires à celles de la Thorah. »

Bien d'autres récits des guerres d'Israël et des faits et gestes de leurs rois nous manquent. Entre autres, le livre du Droit (Sepher Hajaschar). Les Machabées écrits en hébreu pourraient bien encore avoir été écartés par ces mêmes docteurs.

Quoi qu'il en soit, il est certain que le Pentateuque n'est pas l'œuvre de Moïse, que non-seulement Esra l'a rédigé à sa volonté sur des documents et des textes antérieurs, mais que les Pharisiens, copistes de la loi, y ont fait des intercalations, dans le but de trouver dans Moïse même un texte

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représentant leurs doctrines, fussent-elles Textrême opposé des principes fondamentaux de Moïse.

Je ne citerai pas à part les contradictions relevées par Spinoza. J'en ai tant à relever après lui, que mes propres preuves suffisent et au delà (1).

Tout d'abord Moïse, dont le vrai nom est' Mosché , n'aurait pas écrit les quatre premiers livres en troisième personne, tandis que dans le Deutéronome il parle toujours en première personne, sauf une ou deux fois pour le récit, qui n'est pas de lui, de l'approche de sa mort. Partout, dans les quatre livres du Pentateuque, il est dit : « Et Jehovah parla à Moïse. » Dans le 5^ livre, au contraire, il est toujous dit : « Jéhovah me

(1) Je n*ai pas besoin d'ajouter que l'hébreu est presque ma langue maternelle, que j*ai publié à l'âge de dix-huit ans un traité en langue rabbinique et que rien de la science allemande exégétique ne m'est inconnu.

Je traduis moi-même les textes hébraïques et chaldéens à mesure qu'ils se présentent. Peu m'importe que ma traduction s'accorde ayec celle des autres. Je traduis presque littéralement. Je défie n'importe quel hébraïsaut de me prouver un faux ou une intercalation.

Dans la première édition, j'ai cité les textes en hébreu.

ma

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dit (Elaï). » « Et j'implorai Jéhovah » Jéhovali m'appela. »

Si Moïse avait écrit lui-même les cinq livres , ou il aurait continué de se nommer en troisième personne, ou bien il aurait toujours parlé par j^ et par moi, (Cette contradiction a été citée par Spinoza, c'est la seule que je répète d'après lui).

Moïse n'a certainement pas dit de luiniême (Nombres, chap. xii, v. 3) : « Et riiomme Moscbé était le plus humble des humains. »

S'il avait donné cette preuve d'immodestie," il n'eût pas, dans le même chapitre , ténioigné de son orgueil pour se donner un démenti. Car, versets 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10 de ce même chapitre, il fait punir sa sœur Miliam pour une médisance au sujet de la lemme Kouschite qu'il venait d'épouser, et parce que, d'accord avec son frère Aaron, ^liriam prétendait posséder aussi bien que son fz^ère l'esprit de Dieu.

De deux choses Tune : ou Moïse n'a pas dit qu'il était humble, ou bien il ne s'est pas préoccupé de sa sœur au point de faire intervenir Dieu lui-même qui, à la voix de Moïse , fit un miracle et frappa Miriam de èpre.

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Puisque nous venons de prononcer le mot miracle , établissons tout de suite que tous les récits miraculeux de la Bible , non-seulement ne sont pas de Moïse , mais encore qu'ils sont contraires à sa loi fondamentale. Car en vertu de cette loi, tout faiseur de miracles doit être puni de mort. En voici la preuve :

Il est dit (Exode, chap. vu, v. 11), après que le bâton d'Aaron se fut transformé en serpent : « Pharaon fit appeler ses sages et ses sorciers (Mekasclipbim), et ils en firent autant, grâce à leur science occulte, mais le bâton d'Aaron dévora les leurs. » Or, Moïse dit expressément (Exode, chap. xxii, v. 17) : « Tu ne laisseras pas vivre une sorcière »

mékashèpha (le même mot féminin).

Il dit encore (Deutéronome , chap, xviii, V. 10) : « Qu'on ne trouve jamais chez toi un homme qui fasse passer son garçon ou sa fille à travers le feu (sacrifice humain), ni devin, ni augure, ni consul teur de nuages , ni conjureur de serpents, ni sorcier, mekaschepli (touj ours le même substantif), ni pjthonisse, ni faiseur de miracles , ni évocateur, ni résurrecteur de morts, car Jéhovah abomine quiconque fait cela, et c'est parce que tous ces peuples ont fait tout cela qu'il les

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chasse devant toi. Sois sans tache avec Jéhovah ton Dieu, car les peuples que tu expulses et dont tu hérites obéissent à des augures et à des devins, »

Et tout de suite après, Moïse ordonne de ne jamais écouter un prophète prêchant contre la loi de Jéhovah au nom d'autres dieux. Que ce prophète meure! Et pour signe de vérité, Moïse ajoute ; « Ce qu*il a dit au nom de Dieu ne sera, ni n'arrivera pas.

C'est une parole que Dieu n'a pas dite , le prophète l'a dite présomptueusement. Ne le crains pas ! » Moïse n'admet d'autre prophétie que la logique , les effets bons ou mauvais d'une action bonne ou mauvaise, .en vertu de la loi immuable de Dieu. Nous prouverons cela, textes à l'appui. Toujours est-il qu'Aaron a fait acte de sorcier, de Mèkascheph au nom de Jéhovah pour démontrer son existence, puisque le Mèkascheph égyptien a fait la même chose, acte qui, d'après la loi formelle de Moïse, est puni de ïnort et considéré comme la dernière des abominations. Il dit encore (Lévitique, chap. xiv, V. 26) : «N'augurez pas sur les mouvements du serpent et des nues. » Et v. 31 : « N'ayez aucune foi aux évocateurs de morts et de leurs indices. > Si Jéhovah avait envoyé cas

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faiseurs de miracles pour le glorifier, comment et de quel droit hait-il les sept peuples delà Palestine, qui font dans leur pays ce que Moïse et Aaron ont fait en Egypte devant Pharaon ? Il en résulte que tous les l'écits miraculeux de la sortie d'Egypte, sauf les faits historiques , sont faux , archi-faux et intercalés.

Il en est de même de tous les miracles de la Bible, tous contraires à la loi formelle de Moïse qui dit (Deutéronome, chap. xxix, V. 11) : « Car le commandement (la doctrine) que je te commande n'est pas chose miraculeuse fLo NiphlethJ du substmlif phéla, miracle) ni trop loin de toi. »

La devise de Moïse est (Beutéronome, chap. XXIX, V. 28) : « Les mystères sont àDieu {Mystère s'appelle en hébreu Mystère), mais les choses ouvertes appartiennent à nous, à nos fils et à Téternité. » Moïse d'ailleurs n'invoque jamais le miracle comme preuve de la supériorité de sa loi. Il dit au contraire (Deutéronome, chap. iv. v. 5) : « Voyez ! je vous ai enseigné des lois et des ordonnances que Jéhovah m*a ordonné de faire introduire dans le pays que vous aurez en héritage.

Observez-les, et exécutez-les , car ce sera votre sagesse et votre raison aux yeux des

peuples qui entendront parler de ces lois, et qui diront : Quel peuple sage et raisonnable que ce grand peuple ! Où est un autre grand peuple auquel Dieu s oit si proche qulà celui-ci? Où est un autre peuple aussi grand, dont les Lois et les Droits sont si justes comme toute cette doctrine que je viens exposer devant vous ce jour-ci? »

VoiJà le seul miracle que Moïse appelle à son secours. La sagesse, la raison et la justice. Ce sont là les seules qualités, selon lui, qui approchent l'homme de Dieu !

Moïse demande à Dieu son nom. Dieu lui dit (Exode, chap. m, v. 13 et 14) : «Je serai qui je serai. Ehieh ascher ehieh, » Le verbe être ïm futur, F° personne. « Tu diras aux enfants d'Israèl : Ehieh m'a envoyé vers vous. » Puis, verset 15, Jéhovah dit à Moïse : « Tu diras ainsi aux iîls d'Israël : Jéhovali (ce qui est le futur du verbe être^ 3*" personne singulier), le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, d'Isaac, de Jacob m'a envoyé vers vous. Tel est mon nom pour V éternité et tel est mon souvenir de gêné* ration en générations »

Dieu donc qui s'appelait Ehieh dans le verset 14, s'appelle Jéhovah dans le verset 15, et cela pour toujours.

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La diiférence entre ces deux dénominations est très sensible. Pas autant pourtant qu'entre Elohim ou Schadai qui veut dire le Puissant et Jehovah se traduisant par Qui Sera, c'est-à-dire VÊti^e cpii sera to'iù jours ce qu'il est, ou bien, la loi qui ne changera jamais. A moins que dans la première version, le second futur Ehieh n'ait la signification du passé haïthi, ce qui est très commun en hébreu. Cela se traduirait alors : «Je serai qui je fus. »

La Bible d'ailleurs établit elle-même la distinction entre le Dieu antimosaïque et mosaïque. Elle dit: (Exode, cliap. vi, v. 3) : « Et j'apparus à Isaac et à Jacob au nom de El Schadai (le fort puissant) mais mon nom de Jehovah (il sera toujours ce qu'il est) ne le%f;r était 'pas connu, »

Ce nom-là, en effet, est le pivot du système philosophique de Moïse. D'après ce système, Bieu^ toujours le même, ne change pas, ne peiU j^as changer. C'est la loi qui suit toujours ses lois (logique). Tout ce qui se trouve dans le Pentateuque, contredisant ce principe, est faux, intercalé, supposé et surajouté ! Voyons :

On lit (Exode, chap. xxxii, v. 14) : « Et Jehovah se repentit (Vainachem), c'est-à-

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dire, revint du mal qu'il comptait faire à sou peuple. » On lit encore : (Genèse, chap. vi, V. 6) : « Jéliovah se repentit (touj ours le même verbe Nacîiem) d'avoir fait l'homme. » Mais dans la bouche du prophète Bileam (et non Balam) Moïse met les paroles qui suivent :

(Nombres , chap. xxiii, v, 19) : « Dieu n'est pas un homme pour qu'il mente, ni un fils d'Adam pour qu'il se repente^ » (le même verbe dans sa forme réciproque).

Il ne faut pas oublier que Bileam est forcé malgré lui de proclamer des vérités divines qui lui sont inspirées par Jéhovah ; en d'autres termes, par Moïse.

Alors de deux choses l'une : . ou Dieu revient et peut revenir sur ses résolutions, il se repenti ou bien il ne revient jamais quand une fois il a prononcé, comme le répète d'ailleurs Samuel, en toutes lettres : (Samuel, I, chap. XV, V. 29) : « Dieu ne ment ni ne se ^^epeni. Il n'est pas un homme pour qu'il ^e repente, »

D'après le Talmud et les Pharisiens, Dieu casse ses jugements. Le Talmud dit : (Traité Rosch Haschana, livre V): «La charité, la prière, le changement de nom, et le changeiïient de façon d'agir casse le destin. » Un ^i^ivQ rabbi ajoute : « Et aussi le change-

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ment de place. » Mais Moïse n'admet pas ces erreurs liberticides. Le mot de Jéhovah seul est une protestation contre ce système. Cela même ne lui suffit pas, comme nous allons le voir.

Tout ce qu'il j a dans le Pentateuque au sujet du pardon de Dieu et de son repentir est intercalé, supposé. Et ces falsifications sont très-nombreuses.

Il est dit (Exode, cliap. xxxiv,v. 6) : « Jéiiovah, Jéhovali est fort, compatissant, gracieux, longanime, plein de charité, de vertu et de vérité, conservant la grâce à la millième génération, pardonnant iniquité, péché et manquement, » (Noséh Avon) et dans le même verset on ajoute: « Mais il ne laisse rien impuni. Il punit l'iniquité (même mot- Avon) des pères sur les enfants, jusqu'à la troisième et à la quatrième génération. »

Cette contradiction dans le même verset est trop flagrante. Si Dieu pardonne l'iniquité, il ne peut pas, à moins d'être un tyran capricieux, la punir jusqu'à la quatrième génération. Évidemment les quatre mots de pardon ont été intercalés. Moïse répète cette formule plus de trois fois, mais nulle part il dit que Dieu pardonne riniq^uité.

Ce seul mot ferait crouler tout son sys-

LE TALMUD ET l'ÉVANGIT.E

tèiiie philosophique. Il dit dans le Décalogue deux fois répété : (Exode, chap. xx, v. 5 ; Deutéronome, chap. v, v. 9) : « Je suis JéhoYoh ton Dieu, un Dieu jaloux, comptant l'iniquité des pères aux enfants jusqu'à la troisième et même à la quatrième génération quand ils sont mes ennemis, (c'est-à-dire , quand ils persévèrent dans le mai), mais comptant la récompense à la millième génération quand ils sont mes amis, observant mes commandements.» Pas un mot de pardon.

Il dit : (Deutéronome, chap. vu, v. 9) :

« Tu sauras que Jéhovah est ton Dieu, le Dieu de la vérité, observant son pacte (sa parole) et sa récompense à ses amis, à ceux qui observent ses commandements, jusqu'à la millième génération, mais %iayant son ennemi à la facepou^r le perdre. Il ne restera pas en retard avec son ennemi, il le payera sur la face, » Est-ce clair? Il dit encore (Deutéronome, chap. x, v. 17) : « Le Dieu fort, terrible, n'a point d'égards aux personnes. Une se laisse pas corrompre.-^ «Il dit en toutes lettres : (Exode, chap^. xxiii, V. 7) : « Jamais je n'innocenterai le méchant. Ki la azdih Raseha. »

Qui donc a intercalé les quatre mots de pardon ?

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Les prêtres de Josias, qui les premiers ont rédige la loi de Moïse sur de vieux documents. Ils avaient grandement besoin de pardon ou bien Néhémie et Esra prêchant au peuple les principes que l'on retrouve sous le second temple et dans le Talmud mais qui ne sont pas ceux de Moïse.

13ans le chapitre xxxii de l'Exode oue nous venons de citer, où il est dit: « D Lu

d' ""t-I'* ^^'''''' 3^^ -■ <>^ Moïse retourna vers Jehovah disant : Oh ! ce peuple a grandement manqué; ils se sont fait des dieux d or. Maintenantpardonne leurs péchés sinon efface-moi de ton livre que tu al ^n^>> (verset 32). Mais Jéhovah répond à Mosche : .Celui-là qui a péchéLntre Z'\lr~"^' y. l'efTacerai de mon livZ Va, conduis ce peuple où je t'ai dit. Mon

messager (Malachi)marcheradevant toi A S r r "'^^'f'J^ «ompteraileurspéchés "

li'Z ''^P'^""' '=°'^Pter et p„„ir. En effet, verset 35, on lit: « Et Jéhovah

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Voilà donc Dieupardonnantd'abord, après uneprière magnifique de Moïse, da veket 11

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au verset 14, puis Jéhovah qui, dans le même chapitre, ne pardonne plus, disant : « Celuilà seul qui a péché, je l'effacerai de mon

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