‹ Moïse, le Talmud et l'Evangile, rev. et augm. de plus de cent textes.... 1, MoïseChapitre 5 sur 9 · livre · texte numérisé non relu

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Moïse en effet n'accorde pas le pouvoir de pardon à la loi de Dieu. Seulement l'homme après avoir quitté le mal et revenant au bien trouvera sur cette terre même (Deutéronome, chap. iv, v. 29), les effets logiques de ses actions. Dieu ne s'en mêle que par la logique immuable de sa loi. Tel n'est pas le principe ni du psalmiste, ni des prophètes Daniel, Néhémie et Esra , ni surtout des Pharisiens. Dieu, d'après eux, est la volonté arbitraire pouvant changer d'avis et casser ses destins sur une simple prière de l'homme, bien que Moïse ait dit : ^< Jéhovah est juste et ne se laisse jamais corrompre, » Ces prêtres, ces Pharisiens, dans chaque chapitre traitant de la justice de Dieu, ont intercalé ]tar ci, par là, un mot, une ligne de leur façon. ^ Peu leur importait une contradiction, sauf à la torturer, à l'expliquer, à l'accorder tant bien que mai dans le Talmud. La vérité est qu'ils n'ont jamais rien expliqué. C'étaient des trompeurs trompés, de pieux imposteurs. Ils n'ont heureusement pas pu altérer l'essence

même de la doctrine de Moïse, car il eût fallu pour j atteindre détruire toutes ses lois.

Dans ce chapitre cité, on lit les trois mots : « Mon messager marchera devant toi. » Or , Moïse n'a jamais admis ni iTiédiateur, ni messager, ni ange entre lui et Dieu. Il dit (Deutéronome , cliap. xxxi, v. 3): « Jéhovah, ton Dieu, mm^chera lui-même {Hoit) devant toi, il exterminera ces peuples devant ta face. » Il répète à Josué (verset 8 du même chapitre.) : « Jéhovah , hùi-nmne, marchant devant toi, sera avec toi. » D'ange, d'envoyé, pas do trace. Moïse n'admet ni anges, ni démons, comme nous allons Je voir. Ce qu'il dit au peuple lui est toujours, sans aucune exception, inspiré par Jéhovah lui-même, qui lui a donné son génie et sa raison. Évidemment, Moïse n'a jamais pu faire dire à Dieu : « Mon messager marchera devant toi, » quand il répète à trois fois que Jéhovah lui-même marchera devant son peuple, en cas que ce peuple observe ses lois de justice et de pureté.

Le même mot malach a été ostensiblement ajouté au verset 2 du chapitre m de TExode. On y lit d'abord : « Il lui apparut un ange de Jéhovah dans une flamme de

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LE TALMUD ET l'ÉVAKGILTS

feu. » Puis verset 4 : « Et Jéhovah voyant ([vCil (Moïse) se détourna pour voir, l^appela du milieu du buisson et dit, » etc.

De deux choses Tune : ou celui qui a apparu à Moïse n'était pas un ange, ou celui qui lui a parlé n'était pas Jéhovah luimême. Car il n'est nullement dit que l'ange fut rappelé ou qu'il fut remplacé par Jéhovah, Evidemment le mot malach a été ajouté au premier verset. D'ailleurs, malgré ces falsifications, jamais ange n'a parlé à Moïse dans tout le Pentateuque,

Nous reviendrons sur ce point assez important.

Même procédé de surajoutation et de supposition pour le chapitre xxxiii de FExode.

Il s'agit d'une loi fondamentale de Moïse .

Jéhovah dit (verset 20 de ce chapitre):

« Tu ne 2^Guœ voir ma face , car nul homme ne peut me voir et vivre, » Puis (verset 23): « Tu verras mon dos, mais tu ne verras pas ma face. Saint- Jean, plus court, chap. iv, v. 12, dit : « Nul homme n'a jamais vu Dieu. » Deutéronome, (chap. iv, "^^ 12.)Moïse est encore plus explicite. Il dit: « Dieu vous a parlé au milieu du feu, vous ^vez entendu des paroles, mais votos n'avez ^^ nulle figure. Une voix seulement, »

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Et V. 15 : « Car vous n'avez pas vu cVimage le jotiv où Dieu vous a parlé, » Évidemment ce texte veut dire qu'un mortel ne peut jamais saisir et pénétrer Dieu que par la voix de la raison, outrés imparfaitement, d'un côté seulement, du dos, (Achoraï). Mais cela ne faisait pas l'affaire des Pharisiens prêchant la révélation directe, personnelle^ surnaéiùrelle. Aussi ont-ils ajouté (verset 11): « Et Jéhovah parla à Moïse face à face comme un homme parle à son ami. »

Or^ un de ces textes est forcément faux et surajouté. Impossible de les réconcilier. Il faut absolument que l'un d'eux mente! Ce n'est pas celui de Moïse qui dit et répète dansle Deutéronome, (chap. xxx, v. 11 et 12): « Ma doctrine n'a rien de miracideuœ, elle ne descend pas du ciel{Lo haschamaïm Jii), ni ne vient d'au-delà do la mer, elle est tout près de toi, dans ton cœur et dans ta bouche, » etc.

Exode, (chapitre xx, verset 11), on fait dire à Moïse dans le Décalogue à propos du sabath: ^ Car six jours Dieu a travaillé le ciel et la terre, la mer et tout ce qu'il y a dedans, et il se reposa le septième jour. C'est pourquoi Jéhovah a sanctifié le sabath. »

Mais ailleurs Moïse dit par deux fois :

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LE TAiiMUD Et l'Évangile

(Exode, chap. xxni, v. 12, et Deutéronome, chap. V, V. 14) : « Six jours tu feras tes travaux, le septième jour est un jour de repos à Jéhovah ton Dieu. Ce jour-là, tune feras nul travail, ni toi, ni ton fiis, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton âne, ni tout ton bétail, ni l'étranger dans tes portes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. » 11 ajoute (Exode) « Afin que ton bœuf, ton âne se reposent, et que se reposent le fils de ta servante et l'étranger. » « Rappelle-toi, poursuit-il, que tu as été esclave dans le pays d'Egvpte, que Jélrovab t'en a fait sortir d'une main puissante et d'un bras tendu. C'est pourquoi Jehovah t'ordonne d'oUerver le joior de sabath.»

Le la création pas un mot. Jéhovah ordonne un jour de repos pour donner ce repo« aux serviteurs et aux bêtes. C'est bien là l'esprit de la loi mosaïque qui reconnaît largement la solidarité de tous les êtres :

liommes, animaux, végétaux et minéraux.

Moïse énonce les devoirs de Phomme envers les existences inférieures. Cela ne fait pas l'afî'aire des créateurs de la création et d'un Jéliovah fait à l'image de l'homme. Ils ont donc fait précéder leur explieationdu

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sabath àleur manière et tout à fait conforme à leurs principes superstitieux et anti-rationnels.

Dans le chapitre si remarquable du Lévitique (c'est le chapitre xxyi) où Moïse établit solidement la logique des causes et des effets, il dit au peuple d'Israël : « Si tu observes mes lois, tu auras toutes les bénédictions de la terre, tu vaincras les peuples que j'ai en abomination parce qu'ils violent toutes les lois de la justice,- de la raison et du droit ; mais si tu n'observes pas ces mêmes lois, toutes les malédictions de la terre t'atteindront, » Ce chapitre assez long est d'une grande éloqueiice. Le Talmud rappelle la Boclia, On le lit dans le temple à voix basse. Moïse entre dans des détails pour lesquels aucune langue n'a plus assez d'expressions . Il cite tous les malheurs, toutes les calamités de la guerre, de la peste, de la famine et de l'esclavage. Puis à la fin on lit dans un langage talmudique, (verset 44) : « Mais cela étant même quand ils seront dans le pays de leurs ennemis, je ne les mépriserai pas, je ne les laisserai pas tout à fait exterminer, je ne détruirai pas mon pacte avec eux, car je suis Jéhovah leur Dieu. Je me rappellerai pour eux la

première alliance quand je les ai fait sortir d'Egypte aux yeux des peuples pour être leur Dieu. Je suis Jéhovah. »

Moïse répète et ces bénédictions et ces malédictions dans un langage encore bien plus poétique. (Deutéronome, cliap. xxviii.)

Les malédictions en cas de non observance de la loi sont encore plus terribles, plus nombreuses, mais cette phrase ne s'y trouve ims. Elle eût été contraire à la logique de Moïse. Dieu ne joue pas avec les hommes, Dieu est juste, il ne fait jamais courber sa justice ni en deçà, ni au delà.

Et de fait, toutes les prédictions de Moïse se sont accomplies à la lettre. Justice a été faite sans miséricorde, et il en sera ainsi de tous les peuples violant a^vee persévérance les lois de Dieu, qui sont celles delà raison ; de tous ces peuples qui se flattent d'être sauvés, grâce à une ancienne alliance avec les puissances célestes. Ce fut là aussi Torgueil des Grecs et des Romains. Aujourd'hui c'est encore l'orgueil de certains catholiques qui se croient les bien-aimés de Dieu. Les Pharisiens étant eux-mêmes les violateurs de cette nager une prédictioi poir. Cela ne leurj

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Après le récit de la pusillanimité des messagers explorateurs de la Palestine (Nombres, chap. xiv) : Jéhovah, furieux de la lâcheté incrédule de son peuple, veut Texterminer. Moïse intervient par une prière devenue classique (verset 13 jusqu'à verset 19). Voici cette prière : « Jéhovah longanime, plein de grâces, remettant le péché et la félonie, ne laissant f^ïen impuni et se ^ressouvenant des péchés des pières pour leurs fils, jusqu'à la troisième et à la quatrième génération, pardonne au péché de ce peuple selon la grandeur de ta grâce , comme tu lui as pardonné depuis TEgypte îusqu'à ce jour. »

La contradiction do cette prière est flagrante. Comment demander à un pouvoir de pardonner, ^ en énonçant comme une de ses qualités àWmen, qu'Une laisse rien impuni et qu'il venge les crimes et les fau^tes jusqu^'à la quatrième génération ? Evidemment ces mots ont été mis à la marge par un pur Mosaïste comme protestation, et cette note est entrée plus tard dans le texte. Jéhovah répond enfin : « Je pardonnerai d'après ta parole. » On croit peut-être qu'il a pardonné 1 Du tout I Voici ce qui suit : « Pourtant, par ma vie et aussi

vrai que la gloire de Jéhovali remplit toute la terre, tous ces hommes qui ont vu ma gloire, les signes que j'ai faits en Egypte et dans le désert, et qui plus de dix fois m'ont mis à l'épreuve sans écouter ma voix, pas un d'eux ne verra le pays que j'ai promis à leurs pères. Nul qui m'a indisposé ne le verra ! » Et, en effet, pas un d'eux n'est entré dans le pays promis.

Si ce fut là le pardon de Jéliovali, il n'est pas d'une grande conséquence.

La vérité est que le Dieu de Moïse est la justice, et non le pardon. Il ne laisse rien impuni. Ce combat entre l'homme qui demande à être pardonné et la loi de Dieu qui en vérité ne pardonne pas, est un des principaux éléments philosophiques du Pentateuque. De là les nombreuses contradictions entre les paroles et les faits de la Bible.

Dieu dit : « Eh bien, je pardonnerai. » Seulement ce n*est pas Moïse qui le lui fait dire. Lui, raconte le fait et ce fait témoigne toujours de la stricte justice.

Aaron même ne fut pas pardonné, malgré l'intervention de Moïse. Jéhovah dit :

(Nombres, chap, xx, v. 24) : « Aaron retournera vers ses pères, car il n'entrera pas dans le pays promis, parce que vous avez

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contredit à ma parole aux eaux de rébellion. » Moïse lui-même solidaire envers son peuple ne verra pas le pays promis !

Il en est de même des révoltés de la famille de Korah. Jéhovah dit à Moïse :

(Nombres, chap. xvii, v. 10) : « Otez-vous de cette réunion, je les dévorerai en un clin d'œil. » Moïse alors engagea Aaron à offrir de Tencens expiatoire. Ce qu'il fit. Mais déjà (verset 14) il y avait quatorze mille morts. L'encens est venu un peu tard. Il en est absolument de même de l'épisode des filles de Moab. Elles avaient appelé les Israélites àleursfêtes religieuses et s'étaient prostituées d'après les conseils de Bileam.

La colère de Dieu éclata. Il dit à Moïse :

(Nombres, chap. xxv, v. 4) : « Embroche les têtes des chefs du peuple et suspendsles en face du soleil, afin que la colère de Jéhovah s'apaise. » Une peste se déclara.

Alors Pinhas saisissant un javelot, perça du même coup un chef Israélite avec sa maîtresse Medianite. Dieu alors dit : « Pinhas a apaisé ma colère. » On croit peut-être que la mort de ce chef a servi de peine expiatoire ? Nullement. Verset 9, on lit : « Il en tomba vingt-quatre mille, » Pinhas aussi est venu trop tard.

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Nous verrons ce que la Bible entend sous la fête du jour de Kijpoimm (jour de pardon), et pourquoi il n'y a pas dans le Deutéronome, ni dans toute l'histoire du premier temple, un seul mot de cette fête et de ce pardon.

Il est dit (Deutéronome, cliap. xvii, v. 14) : « Quand tu seras entré dans le pays et tu diras, je vais me mettre un roi comme tous les peuples qui m'entourent, mets-toi un roi, » etc.

Notoirement tout ce chapitre a été ajouté longtemps après Samuel qui l'a totalement ignoré. Car il dit formellement (Samuel I, chap. vin) : « Que demander un roi, c'est renier Jéhovah qui seul doit être le roi d'Israël. » Il y a plus. Celui qui a ajouté ce chapitre au nom d'un i^oi quelconque a totalement ignoré les lois de Moïse. Il défend entre autres au roi de prendre beaucoup de femmes.

Or, Moïse (Exode, chap. xi, du v. 7 à 11), défend de vendre une esclave juive à un étranger et en cas que le maître en ajoute une autre, il faut qu'il lui assure la nourriture, l'habillement et le droit à Vayiiom- (Anathah); faute de ce faire, la fille est libre, affranchie et sort sans rançon. » Cette loi a été instituée par Moïse contre la polygamie

et le harem. Les rois d'Israël , il est vrai, Font toujours enfreinte, mais quelle est la loi de Moïse qu'ils ont observée ? C'étaient presque tous de misérables, de cruels tyranneaux, mais la loi n'en existait pas moins et point n'eût été besoin de défendre au roi de se créer un sérail. Il n'avait qu'à se conformer au commandement indiqué et assurer à ses femmes le droit à l'amour, sinon, toute femme esclave ou non pouvait s'en aller où bon lui semblait. Il est vrai que cette loi ne s'étend pas aux filles étrangères ; mais où Moïse at-il permis aux Israélites d'épouser des étrangères ? Il a d'ailleurs fait une loi de grande délicatesse en faveur de la prisonnière de guerre (Deutéronome, chap. xxi, V. 10, etc.). Il prescrit de laisser à toute prisonnière de guerre un mois pour pleurer sa patrie et ses parents sans s'approcher d'elle ; après ces trente jours, le vainqueur pouvait l'épouser, mais il ne pouvait pas la vendre.

Dès qu'il refusait de la prendre pour femme, elle était libre !

Une autre phrase dans les malédictions du Deutéronome, ( chap. xxviii, v. 36) est également intercalée. Il y est dit : « Jéhovah te conduira toi et tes rois que tu auras élevés sur toi auprès des peuples que tu n'as jamais

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connus.» La royauté seule eût été pour Moïse une violation de laloi nationale. C'est une phrase intercalée du temps des rois.

Pour la Schémitah (septième année) il est dit (Deutéronome, cliap. xv, v. 4) : « Car il n'y aura plus de pauvres dans ton sein.

Dieu te bénira dans le pays qu'il t'a donné en héritage. » Ceci est conforme à la doctrine de Moïse établissant partout qu'un règne de parfaite justice humaine amènex'ait une prospérité matérielle accomplie. Mais cela ne faisait pas l'affaire des Pharisiens prêchant, enseignant la prédestination, la grâce et remettant la récompense du bien au ciel après la mort. Aussi lit-on dans le même chap. V, XI : « Car le pauvre ne disparaîtra pas diif sein de ton pays. C'est pourquoi, je te commande, ouvre ta main à ton frère, à l'opprimé et au pauvre au milieu de toi.^ »

Cette contradiction a été souvent relevée.

Elle est flagrante, mais elle ne mérite pas plus d'attention que les autres. Il est évident que les deux phrases sont l'expression de deux principes sociaux diamétralement opposés l'un à l'autre et que l'homme qui a écrit la première, n'a pas écrit la seconde.

La loi sur l'usure se trouve trois fois dans le Pentateuque et toujours changée. Il est

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