Moïse, le Talmud et l'Evangile, rev. et augm. de plus de cent textes.... 4, Le Talmud et l'Evangile. (suite)
Il y a clans le Talmud même toutes sortes d'accommodements avec le ciel et l'enfer. Il répète à trois fois les paroles de Rabbi Haninali (traité Kiduschin, livre I") : « Il vaut mieux pour l'homme qu'il pèche en cachette, pourvu que son péché ne profane pas le nom de Dieu en public. Rabbi Elle ajoute : Si l'homme voit que sa passion l'emporte sur lui, qu'il aille à un endroit où on ne le connaît pas, qu'il s'habille en noir et qu'il fasse ce que bon lui semble, pourvu qu'il ne blasphème en public et qu'il ne profane pas le nom de Dieu publiquement. »
Toute morale contraire à la raison conduit àla plus odieuse immoralité, llyaencore aujourd'hui, dit-on, certains rabbins vêtus de noir quiprofessent les mêmes impiétés, tout en s'arrogeant le pouvoir sur tous les autres croyants, tout en déclarant qu'eux seuls
possèdent la faveur et l'oreille de Jéhovah et que Dieu, en son absence, leur a donné le pouvoir de lier et de délier. Heureusement cette doctrine, loin d'ôtre nationale est tout-à-fait talmudique. Ceux qui la j)roclament, aussi bien que ceux qui se la laissent imposer, sont ou des esclaves ou des fous.
Le Talmud a eu un vague sentiment de la solidarité universelle, mais seulement pour le peuple d'Israël. On lit (traité Scliabath livre V=) : « Rabbi Jéhudah a dit au nom de Rabbi Samuel. Au moment où Salomon a épousé la fille de Pharaon (princesse étrangère défendue par la loi), l'ange Gabriel est descendu et a planté un roseau dans la mer qui est devenu une île sur laquelle on a construit Rome. »
C'est-à-dire, dès ce moment, Salomon pour avoir violé la loi, a préparé la chute de son peuple. David y a certainement sa grande part. Ceci donc prouverait contre le pouvoir du repentir. Le mal fait ne peut pas n'être pas fait, ni être anéanti par des sacrifices et des prières. Mais cela se borne seulement aux crimes d'Israël dont le Talmud a fait le pivot de l'humanité ; idée qui se trouve chez Jésus et même chez saint
Paul. On lit : Saint Mathieu chap.xv, v. 23.
Une femme chananéenne ayant demandé le secours de Jésus pour sa fille possédée du démon, Jésus répond : « Je ne suis envoyé que pour les brebis perdues de la maison d'Israël. » Même parole, Saint Mathieu, chap. X, V. 5. Quant à Saint Paul, dans le chap. III, aux Romains, il dit : « L'avantage des Juifs est grand en toute manière, d'abord en ce que la parole de Dieu leur a été confiée, etc., etc., etc. »
Nous avons prouvé par des textes que d'après Moïse, Jéhovah n'a élu Israël que pour servir de modèle aux autres peuples, par ses lois fondées sur la raison; que si Israël manquait â ce devoir, il perdrait tous ses droits et deviendrait encore plus misérable que les autres nations.
Le prophète Malachi (chap. i, v. 11), va plus loin encore : il dit à Israël au nom de Jéhovah : « Je ne veux pas de vous, car do l'Orient au Couchant mon nom est grand parmi les peuples, partout on me brûle do l'encens et l'on me sacrifie. » Saint Paul cite souvent cette phrase.
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Selon le Talmud, c'est tout à fait le contraire. Tous les autres peuples n'existent plus que pour Israël. Outre le texte du traité Abodali Sara que nous avons déjà cité, où Dieu à la fin, la loi à la main, citant tous les peuples à sa barre, leur demande ce qu'ils ont fait pour son peuple élu, le Talmud en contient d'autres bien plus explicites. Il dit (traité Berachoth, livre Y") : Rescli Lakisch a dit : « La commune d'Israël se plaint à Dieu disant, un homme épousant une seconde femme se souvient toujours de sa première épouse ; pourquoi, toi, m'as-tu abandonnée ?
Dieu répond : « Comment! j'ai créé les planètes et le zodiaque et les sept cieux, tout cela je ne l'ai créé que pour toi et tu te dis abandonnée ! »
Il dit encore (traité Jébamoth, livre IV") :
« Tous les châtiments viennent à cause d'Israël. »
Naturellement Israël a sou rôle. Il doit porter sa loi et sa parole partout. Il doit convertir tous les peuples à la loi de Dieu.
C'est l'argumentation de saint Paul, talmudiste.(Voir cliap. ii, m et iv, aux Romains ). « Le péché est venu par un seul homme et le salut de même. Abraham, est, à juste titre, le père de tous les peuples. Dieu est
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aussi le Dieu des Gentils pai' la foi des Juifs mais les Juifs ont la mission de délivrer les peuples du péché, etc., etc. » Il dit encore, aux Romains (chap. xi, v. H) : « Les Juifs sont-ils tombés pour ne jamais plus se relever ? Non, sans doute ! Leur chute est devenue le salut des Gentils. Que si leur chute a été la richesse des Gentils, combien plus leur plénitude ! »
Israël a-t-il accepté librement ce rôle d'initiateur? Le Talmud, comme toujours, dit oui et non sur la même page.
Il dit (traité Abodah Sara, livre 1") : « Il est écrit : Et ils (Israël) étaient debout sous la montagne de Sinaï. De là on peut conclure (c'est Rabbi Dima qui parle) que le Saint, béni soit-il, a renversé sur eux le mont comme une cuve, et leur a dit : Si vous acceptez la Thorah, c'est bien; sinon, ce sera là votre tombeau. (Ils appellent cela vm peuple élu.)
Par contre, on lit un peu plus loin : Il est écrit (Habakuk, chap. m) : Élohim vient du Midi, etc., etc. » De là on apprend que Jéhovah a proposé sa loi à tous les peuples, qui ne l'ont pas acceptée, jusqu'à ce qu'il l'ait proposée à Israël, qui l'a agréée. »
En ce cas, il n'y a pas de quoi s'enor-
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gueillir. Le peuple d'Israël n'eût été qu'un pis aller, à moins d'admettre que grâce à la prescience de Dieu, il eût su que tous lui refuseraient et que seul ce petit peuple accepterait. Cela ne cadre guère avec les lamentations, les douleurs et les larmes de Dieu que nous avons citées, depuis qu'il a laissé détruire Jérusalem. D'ailleurs, le Talmud n'admet pas de milieu pour Israël, pas même dans l'exil. Il dit (traité Mégilah, livre V) : « Ce peuple ou descend jusqu'à la poussière, ou s'élève jusqu'aux étoiles. » Et en cela l'histoire vient à son appui. Il oublie seulement que la poussière pour Israël, c'est le Talmud lui-même. C'est là où Israël a appris à ramper ; c'est là où il a oublié la loi divine de Moïse, pour mettre à la place un tas d'arguties, contraires à toute raison, à toute logique.
Le Talmud étend ses privilèges nationaux sur le pays promis même. Il dit (traité Tanith, livre P') : « Le pays d'Israël ( la Palestine), a été créé le premier, et l'univers entier après. Dieu lui-même irrigue le
pays d'Israël, les autres pays sont arrosés par ses messagers. »
Je ne cite plus les passages de l'Ecriture d'où le Taimud prouve ces choses ; autant citer au hasard et dire, car il est écrit quelque part : <c La pluie vient du ciel. » La X)lme, c'est Palestine ; le ciel, c'est Jéhovah lui-même.
Ne prétend-il pas que les morts décédés en dehors du pays d'Israël ne ressuscitent pas. La terre de Palestine est pour lui la terre sainte : « C'est, dit-il (Traité Kethuhoth, livre XIII), comme si l'on était enterré sous l'autel du sanctuaire. » Et dire que le Taimud n'est pas seul pour professer ces idées !
Je n'ai plus besoin de rappeler au lecteur les statuts de Moïse au sujet de l'esclavage, et que plus de vingt fois il dit à son peuple : « Rappelle-toi que tu as été esclave en Egypte. » Moïse a établi le sabath afin que l'esclave, l'étranger, la bête de somme, aient un jour de repos.
Si Moïse veut que l'on ménage la bête comme l'homme, on peut dire du Taimud qu'il traite l'esclave comme l'animal. II
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défend (Traité Beraclioth, livre IP), d'observer les cérémonies de deuil pour un esclave, disant : « On n'accepte pas de consolation pour des esclaves. De même que l'on souhaite à un homme, ajant perdu son bœuf et son âne, que Dieu les lui remplace, de même pour l'esclave. « Il ne fait exception que, pour l'esclave qui a été un homme parfait. C'est le cas dédire: « Aux vertus que vous exigez de vos serviteurs, combien de rabbins y avait-il dignes d'être esclaves?»
LeTalmud dit (Berachoth, livre V), d'un homme tué par un mulet : « Ce n'est pas le mulet qui l'a tué, mais le péché. » Ailleurs il dit « L'animal n'attaque que l'homme à face d'animal, m
Cela cadre parfaitement avec la doctrine du destin et de la grâce ; Dieu a créé l'un pour être esclave et l'autre pour être son maître. A leur tour, les descendants de ces doctrinaires ont été, durant des siècles, traités comme des bœufs et des ânes. LeTalmud ne dit-il pas lui-même : « Comme tu mesures aux autres, on te mesurera.
J'ai hâte d'arriver à la question de la femme, véritable pierre de touch.e de tout état de civilisation ou de barbarie, de lumière ou de ténèbres, de progrès ou de recul.
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Quand dans l'histoire la force brutale, la tyrannie où l'ignorance veulent exploiter une classe d'humains, elles préparent, pour ainsi dire, les victimes en les afFranchissant, en les excluant de leurs devoirs. Le devoir ôté, le droit tombe de soi. Tel le boucher ou le sacrificateur blanchit et lave la brebis avant de l'immoler.
Dès qu'un siècle plus humain accorde de nouveau aux exploités leurs devoirs naturels , devoirs qui les égalent aux maîtres, les droits suivent de près.
Le Talmud ou plutôt les Pharisiens en ont agi ainsi avec la femme. Ils ont commencé par les détacher de tous les devoirs que la loi de Moïse leur a imposés. Moïse prescrit que dans l'année, trois fois, hommes, femmes et enfants se rendent à Jérusalem assister à la lecture publique de la loi.
Le Talmud dit : « (Traité Erubin, livre IP):
Pour tout commandement attaché à une époque fixe, les femmes en sont « exemptes ! » Ne lui en demandez pas la raison, il en aura cinquante parallèles, quarante a fortiori, tous de la force que nous savons.
Des commentateurs plus intelligents vous diront : mais le Talmud, connaissant la faiblesse et l'état maladif de la femme, l'a exemptée d'un voyage pénible. Soit. Mais dans quel but Moïse a-t-il fait cette loi ? Dans le but d'enseigner à la femme la loi de Dieu. Or, le Talmud, violant lui-même sa prescription, dit : (Traité Kiduschin, livre I'"'): La femme est exclue (exempte) de l'étude de loi. L'étude de la loi est pourtant un commandement qui n'est pas attaché à une fête ni à une date fixe.
Moïse a défendu aux rois de prendre plusieurs femmes, le Talmud (Traité Sanhédrin, livre II), leur en permet dix-huit.
Je crois même que nul législateur n'a osé, comme le Talmud, déclarer la femme indigne de déposer en justice. (Traité Schebuoth, livre iv''). Il va encore bien loin.
Il dit (Traité Baba Bathra, livre viii") :
« L'homme hérite de sa femme , mais la femme n'hérite pas de son mari. »
^ Le Talmud énumère (Traité Kethuboth, livre vu), les vices rédhibitoires de la femme qu'on a épousée par tiers, à condition qu'elle n'ait pas de défaut. En ce cas, « si l'écartement des seins n'est pas réglé au compas, »
le mariage est nul. Il en est de même, si elle
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a la voix un peu forte. Une femme sortant et laissant voir ses cheveux, ou parlant à quelqu'un dans la rue, perd son douaire après la mort de son mari.
Saint Va.n\, aux Corinthiens (chapitre xi), maintient cette loi. « Pour l'homme, il ne doit point couvrir sa tête, etc., etc.; aussi l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. C'est pourquoi la femme doit porter sur sa tête le signe de sa dépendance. »
Le Talmud ne laisse que trois commandements particuliers à la femme. Le premier s'appelle Nidali. Cela veut dire, la séparation forcée de son mari pendant son impureté. Moïse la limite sur la loi de la nature, mais Rabbi Serré a étendu cette séparation à sept jours de plus qu'il appelle les sept purs. Cela fait que toute femme est forcément privée de son mari douze jours par mois. On a voulu voir dans cette mesure une admirable loi de pureté et de fidélité, de fécondité même. Moïse a accordé à toute femme des droits d'amour : le Talmud, au contraire, bien qu'il fasse du mariage le premier devoir de l'homme, comme nous allons le voir, n'a nullement condamné la polygamie. La monogamie forcée date chez les
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Juifs du onzième siècle, au nom du ban de Rabbi Gerson.
Il en est de même du bain dans une source vive, qu'il prescrit à la femme, après les douze et parfois les quinze jours de pureté; mesure hydrothérapique et de propreté, mais Moïse ne fait jamais une loi pour la femme seule.
Le second commandement que le Talmud prescrit à la femme s'appelle : Halah. C'est un souvenir d'offrande à Dieu avec du pain béni.
Le troisième, c'est la bénédiction des lumières, la veille du Sabath.
Ces commandements ont été consacrés par tous les rabbins venus après le Talmud.
Pour toute autre loi, la femme peut l'observer, mais on ne lui en tient aucun compte. Quelle est donc la gloire de la femme talmudique? On vous le dira (Traité Berachoth, livre II). « Avec quoi les femmes sont-elles glorifiées? En conduisant leurs fils à l'école, en laissant leurs maris à l'étude de la loi dans une autre ville et en les attendant sans impatience. » Un rabbi s'écrie (Traité Jebamoth, livre iv) : « H leur suffit d'élever nos enfants et de nous préserver du péché. »
Saint Paul , cet autre talmudiste, dit à
Thimothée (chap. xi, v. 12) : « Je ne permets point aux femmes d'enseigner, ni de prendre autorité sur leurs maris. Je leur ordonne de demeurer dans le silence, car Adam a été formé le premier et Eve ensuite. Ce n'est point Adam qui a été séduit, mais la femme, ayant été séduite, est tombée dans la prévarication. Elle se sauvera néanmoins par les enfants (encore faut-il que ce soient des fils !), si elle persévère dans la foi, dans la charité, dans la sainteté et dans une vie tempérante. »
Il dit encore, aux Corinthiens (chap. xi, V. 7) : « L'homme est l'image et la gloire de Dieu, au lieu que la femme est la gloire de l'homme. L'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme .»
Quant à Eve, le Talmud dit (Traité Schahath, livre xxii) : « Le serpent a couché avec Eve et l'a empoisonnée. Israël au mont Sinaï s'est débarrassé de ce venin, mais les peuples rebelles à la loi l'ont gardé.
Saint Paul, aux Corinthiens (chap. xi,v.3), dit à son tour : « Comme Eve fut séduite -^sx les artifices du serpent. » C'est bien plus fort que le péché mortel, c'est bel et bien du venin, le venin du mal. Sinaï seul est le contrepoison contre cet empestement. C'est là tou-
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jours l'idée de saint Paul un peu gazée, avec la seule différence qu'à la jilace de Sinaï, l'apôtre met la Rédemption par Jésus.
Il existe dans leTalmnd plusieurs femmes admirables qui ont toujours protesté contre les sottes injustices des rabbins . L'histoire de ces Juives est aussi édifiante que romanesque. A toutes ces protestations les rabbins répondaient: Naschim deathon Kaloth, c'est-à-dire l'esprit des femmes est léger.
Et pourtant, ces mêmes femmes, par leur vie et par leurs actions, ont donné des preuves irréfragables de leur grandeur d'âme et de leur esprit divin.
Chose extrêmement curieuse ! Le Talmud, déniant tout droit d'égalité à la femme, la forçant, avec saint Paul, de cacher, comme signe d'infériorité, le plus bel ornement de la tête, sa chevelure, sous un épais voile, plus tard, sous un bonnet, contient en même temps des histoires, des légendes et des romans qui tous sont autant de témoignages, non-seulement de la vertu de la femme, mais encore de sa science et de sa raison supérieure. C'est que partout ofi régnent l'injus-
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tice et l'oppression, la vie donne des démentis continuels aux faux principes, qui ont été l'origine de ces violences et de ces tyranies. La femme a toujours protesté par ses vertus contre l'opinion vicieuse que l'homme, par égoïsme, se faisait sur son compte. Partout où l'on a nié le noble mouvement de son cœur, elle a répondu : Regardez-moi ! je marche, je pense, je sens, je sais. Cela a suffi pour confondre ses détracteurSj mais cela n'a pas désarmé ses exploiteurs I
Yaltha, dit le Talmud, était aussi belle que savante. Elle était versée dans la science théologique et tenait même dan§ sa maison une école talmudique. Le Talmud exclut la femme de toute fonction sacerdotale et rabbinique. Yaltha protesta contre cette injustice. Ses discussions à cet égard, son opposition contre son mari, étaient de notoriété publique. A toutes ces objections, le rabbi n'avait qu'une réponse :
« L'esprit de la femme est volage et capricieux.. » Yaltha, à la fin, opposa à cet argument sa propre personne, sa science et sa vertu. Le rabbi se tut; mais, peu de temps après, il fit entrer dans sa maison un jeune étudiant d'une grande beauté, et le mit sous
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la protection spirituelle de Yaltha. Le Talmiid ne dit pas si cet astucieux mari était vieux ou jeune, si lui-même remplissait ses devoirs de mari. En tout cas, il lui était permis d'avoir plusieurs femmes. Au bout de quelque temps, la professeuse devint amoureuse de son disciple ; elle lui fixa un rendezvous. Le mari, instruit par le jeune homme, s'y rendit à sa place, et, comme un vrai cuistre qu'il était, il ne lui adressa pour tout reproche que sa devise ordinaire : «.Naschim deaihonKaloth.\onsle\ojez, le Talmud a raison, les femmes sont légères d'idées.
Yaltha, soit honte, soit confusion, soit douleur d'avoir été trahie, attenta à ses jours !
Cette histoire, vraie ou fausse, est citée par le Talmud comme justification de ses principes sur la femme. Eh bien 1 en l'admettant telle quelle , elle est plutôt un témoignage en faveur de la femme.
D'abord, il n'est pas prouvé que Yaltha, même infidèle, n'eût pas rendu à la science et aux lettres plus de services que son indigne mari obscur. Nous verrons tout à l'heure de quelle grandeur d'âme , de quel courage Béruria a fait preuve. Et cette même histoire est attribuée à Béruria.
En second lieu, il eût fallu que son mari, résistant à C3tte même tentation , eût triomphé de ce même danger. J'en doute fortement; mais il ne se serait pas pendu, c'est certain.
En troisième lieu, nous ne savons pas si Yaltlia pouvait être fidèle à quelque chose.
Là où ]es devoirs sont égaux, il faut absolument que les droits le soient de même (1).
(l) Pareille histoire est arrivée à Voltaiie avec JImc Ducliatelet. Mais Voltaire était un homme sincère qui se rendait justice. Voici le fait : M"" Duchatelet, la femme la plus savante de son siècle, depuis vingt ans l'amie inséparable de Voltaire, eut, vers l'automne de sa vie, une faiblesse pour le jeune Saint-Lambert, oflicier et poëte, que Voltaire avait introduit dans sa maison. Elle fut bien vite punie, car elle mourut au château de Lunéville, des suites d'une couche, h l'âge de quarante-deux ans, étouffée par une crème à la glace qu'elle venait de prendre, et sans pouvoir adresser une parole ni à Voltaire, ni à Sanit-Lambert, ni au roi Stanislas, qui descendait dans sa chambre pour lui porter secours.
Voltaire fut inconsolable ; il savait qu'il était trompé. A la vue de la mort de cette femme chérie, il tomba dans les bras de son rival en s'éoriant : « Vous n'avez rien perdu ; moi je perds tout I » Lâ-dessus, le roi de Prusse, qui depuis longtemps était jaloux de l'attachement de Voltaire pour cette femme, parce que le poëte ne voulait jamais la quitter pour aller à Berlin, Frédéric se moqua de la douleur de son ami, et lui dit, dans une lettre, ce
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Mais où trouver un liomme égal en sagesse et grandeur d'âme à Béruria, la femme de Rabbi Meïr ? Elle avait trois fils plus beaux l'un que l'autre. Un jour, pendant que le mari s'était rendu à l'Académie où il professait, ses fils, dans une promenade autour de la ville, tombèrent dans une fosse ; tous
que Eabbi Meïr disait à Yaltha : « Après tout c'était une femme légère qui vous a été infidèle. » — C( Infidèle à quoi ? » répond Voltaire au roi. « Je ne suis pas un amoiircnx (il avait cinquantetrois ans) ; j'ai perdu un ami de vingt années, un grand homme qui n'avait de défaut que d'être femme, et que tout Paris regrette et honore. Une femme qui a été capable de traduire Newton et Virgile, et qui avait toutes les vertus d'un homme, aura sans doute part à vos regrets. Vous n'auriez peut-être pas jugé d'elle comme vous avez fait, si elle avait eu l'honneur d'être connue de vous. »
Et dans une autre lettre :
« Je me borne à regretter, dans la retraite, un grand homme qni portait des jupes, à respecter sa mémoire et à ne point me soucier de ses faiblesses de femme. »
Je no justifie pas M"'= Duchatelet qui, il faut le dire, se rendit justice à elle-même. Mais Voltaire, dans son rôle, est tout simplement admirable, tandis que le mari de Yaltha, exposant sa femme de gaieté de cœur, par vanité et amour-propre, est un pédant sans cœur et sans amour. 11 manquait envers elle à tous ses devoirs d'homme et do mari 1 Ainsi sont tous les ennemis des droits de la femme 1
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trois y trouvèrent la mort. On les rapportti asphyxiés à la mère. Elle, les étend sur une litière, le couvre d'un linceul et va au-devant de son mari : «Maître, lui dit-elle, j'allais te quérir; on t'attend chez nous pour juger une question très grave. Un homme est venu et m'a dit ceci : Il y a déjà des années, quelqu'un m'a confié un dépôt précieux ; je m'en suis fidèlement chargé ; ce dépôt, je l'ai conservé, cultivé, embelli, agrandi, au point que je ne puis plus m'en séparer, sans risquer de mourir de chagrin et de douleur.
Ce matin, soudain, le propriétaire du dépôt s'est présenté chez moi et m'a réclamé le bijou, que je considérais comme m'appartenant à moi. Promesses, prières, pleurs, menaces, rien ne l'ébranlé ; il lui faut son dépôt aujourd'hui même. Maître, faut-il le lui rendre? Je ne le lui rendrai que sur l'ordre du grand juge le rabbi. Cet homme t'attend chez nous; je suis allée au-devant de toi, pour te donner le temps de réfléchir avant de prononcer. »
— « Il n'y a pas de quoi réfléchir une minute, s'écria le rabbi ; il faut rendre le dépôt! »
Ils étaient arrivés à la maison ; la mère retira le linceul et dit au père : « Voilà le
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dépôt sacré que Dieu, qui nous l'avait confié, est venu ce matin nous redemander.
Nous le lui rendrons, d'après ton jugement, sans murmurer. » Et le pieux rabbi s'écria :
« Jéhovah l'a donné, Jéhovah l'a ôté ; béni soit le nom de Jéhovah ! »
Comment, après un récit pareil, le Talmud ose-t-il encore dire : NascMni Leathon Kaloth ! Où, dans l'histoire, y a-t-il un exemple d'une âme plus mâle, plus forte que celle de cette mère, de cette épouse ? Qu'il y ait des femmes légères, que la femme soit moins limitée pour le mal que l'homme, qui en doute?
Mais, précisément parce que sa nature lui permet de pousser le vice jusqu'à l'excès, il lui faut trois fois plus de force morale pour aspirer, pour atteindre à l'idéal de la vertu. Et elle y aspire naturellement, grâce à sa nature spirituelle, à moins d'être corrompue, exploitée par l'homme, dont l'intérêt, le vice et l'égoïsme trouvent leur compte dans cette chute et dans cette abjection.
Il est encore une autre histoire dans le Talmud, une légende romanesque exquise de sentiments, mais seulement ébauchée, car elle est sans conclusion.
Il y avait, près de Pumbeditha, un riche avaricieux, nommé Kaleh Sehua; il moXi
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plus de 400 esclaves, une fille unique et un grand nombre de serviteurs. Parmi ces derniers, se trouvait le jeune pâtre Ekiba, distingué par son intelligence, son esprit et sa conduite. La jeune fille de l'harpagon juif aimait à s'entretenir avec ce jeune homme et l'encourageait à quitter le travail manuel pour étudier la loi, afin de jeter quelques rayons de gloire sur Israël. Ekiba ne demanda pas mieux que de partir pour Pumbeditha, oi\ se trouvait une académie talmudique. Plus grande fut encore sa joie quand la jeune fille lui dit, qu'elle espérait partager sa gloire future, et qu'elle l'autorisait à demander d'ores et déjà sa main à son père.
Pour toute réponse, le père chassa son valet, et la jeune fille ayant déclaré, à son tour, qu'Ékiba serait un jour la gloire d'Israël, et qu'elle n'épouserait jamais un autre homme, le père la maudit et l'expulsa sans miséricorde de sa maison. Ekiba et sa bienaimée se marièrent pourtant. — D'après la loi juive, deux témoins suffisent pour accomplir le mariage. — Pauvres et abandonnés de tous, ils ne trouvèrent d'autre habitation qu'une misérable chaumière, en face du palais de Kaleb, où, pour tout meuble, ils n'avaient qu'une litière de paille. Dans cette
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chaumière, la femme donna à son mari des leçons rudimentaires de la langue, afin de le préparer à la grande étude de la doctrine.
Elle était à la veille d'accoucher, privée de tout et honnie par les esclaves de son père.
Un Jour un ange se présente à la chaumière et dit : « Mes amis, ma femme est prête d'accoucher, et je n'ai pas un brin de paille à ma disposition. » Ekiba partagea avec lui sa botte de paille, et dit à sa femme : « Tu le vois, il y a encore de plus pauvres que nous. » Triste consolation, mais les malheureux se consolent de peu.
Ici la légende fait un saut de plusieurs années. Ekiba était devenu la gloire d'Israël. Chef et recteur de l'académie de Pumbeditha, il allait se rendre à l'endroit où il avait vécu pauvre, ignorant et ignoré, suivi d'un cortège de plusieurs milliers d'élèves. La légende ne dit pas ce que, pendant cet intervalle, était devenu son ange tutélaire. Autant pourtant que je me le rappelle, le Talmud dit que cette femme, humble et modeste, se trouvait parmis la foule qui acclamait et proclamait la gloire de son mari. Le Talmud n'avait en vue que le triomphe d'Ekiba, et c'est vraiment dommage. Quelle belle scène ! Cette noble femme, confondue dans la foule,
versant des larmes de joie, en se disant:
«Voilà mon œuvre; je ne me suis pas sacrifiée pour rien. » Puis, Ekiba, l'apercevant, accourant vers elle, la saisissant par la main, et disant au peuple et à ses disciples enivi'és : « Voici l'âme, voici la créature de mon œuvre 1 » Quel beau spectacle de voir ces milliers de jeunes gens fléchir le genou devant cette céleste vertu, devant cette divine femme ; puis la conduire en triomphe auprès de son cruel père qui vivait encore, et qui, reconnaissant son erreur, demande pardon à sa fille d'avoir méconnu sa grandeur et sa splendeur d'âme. Il y a là tout un drame divin en l'honneur et pour la glorification de la femme. Mais le Talmud n'en a pas connu la portée; il n'en a même pas conscience; il ne raconte cette légende que pour glorifier Ekiba, son savoir, pa pauvreté, sa l'ésignation et son élévation. Il a omis jusqu'au nom de cette admirable femme, de cette sublime Juive !
Après avoir ôté à la femme ses devoirs et ses droits, le Talmud s'en préoccupe plus que jamais. Il y revient atout propos et même hors de propos. Il en dit autant de bien que de mal. Il en fait une étude constante, même sous le rapport anatomique et hygiénique. Citons-en quelques exemples.
Rabbi José (Traité Jouma, livre n') narguant un peu la Genèse, s'écrie: « Il a maudit la femme et tout le monde court après elle, il a maudit la terre et tout le monde se nourrit d'elle ! » On le voit, les Talmudistes avaient leur liberté de discussion. Ce Rabbi José blasphème quelque peu. Il raille la malédiction de Dieu ou l'auteur de la légende.
Rabbi Jéhoschuah se lève et s'écrie :
(Traité Baba Kama, où il est question d'une voix du ciel) : « Que m'importe votre voix du ciel. Moïse n'a-t-il pas dit : a Ma doctrine n'est pas au ciel. » Et puis d'ailleurs il est écrit: « D'après la majorité tu dois pencher.» C'est-à-dire, en termes vulgaires, la loi divine est humaine et se fait par la majorité des votants. Mais ces boutades sont isolées. Elles
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n'ont point eu l'influence qu'elles eussent mérité d'avoir. Ailleurs, le Talmud moins galant, dit: (Traité Sabatli, livre xxui°) :
« La femme est un vase plein d'ordures, sa bouche est pleine de sang- et pourtant tout le monde court après elle. » Cela n'empêche pas un autre rabbi de féliciter Adam d'avoir trouvé la femme à la place d'une côte.
« C'est, dit-il, comme quelqu'un ayant troqué un pot de terre contre un précieux bijou.» « Une belle femme, dit-il encore, agrandit les idées. »
Resch Lakisch prétend même (Jouma) :
« C'est un plus grand bonheur de regarder une belle femme que la chose même. « Deux lignes plus loin, Rabbi Élieser dit : « La femme n'a d'esprit que pour des travaux de main (filer, broder et tisser), car il est écrit:
(Exode, chap. xxxv) : « Et toute femme sage « de cœur ( la Bible appelle un artiste, un « homme saffe de cœur) tissait de sa main.»
Il s'agit des tapis et des portières de la tente sacrée que Moïse fit faire. Rabbi Éliéser en conclut que la femme n'est artiste que pour filer, tisser et broder.
On lit (Traité Kelhuboth, livre V) : Un verre de vin va très-bien à la femme, deux l'enlaidissent ; avec le troisième elle deman-
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de de sa bouche. A-t-elle bu le quatrième, elle ne dédaignera pas un âne du marché qui passe. » Raba ajoute naïvement: « A condition que son mari ne soit pas avec elle ! »
Le Talmud (Traité Nedarim, livre ii"), prescrit au mari des règlements de pudeur et de bienséance, en énumérant les aberrations et les mœurs vicieuses des païens.
Alors plusieurs s'écrient : « Ah bah ! tout ce que l'homme veut faire avec sa femme il le fera. Il la mangera à la croque en sel, rôtie, bouillie ou crue. »
Une question au sujet de laquelle on ne 1, ^ i; trouve pas de contradiction dans le Talmud,
c'est le mariage. Le mariage est un commandement de Dieu. Dieu a dit: «Soyez féconds et multipliez -vous. » Le Talmud dit (Traité Jebamoth, livre yv") : Quiconque n'abserve pas cette loi c'est comme s'il versait du sang humain.» Il dit (Traité Kiduschin, livre !■=''): Quiconque à vingt ans n'a pas pris femme (toujours dans le but divin de propagation) restera toute sa vie dans le péché. » Samuel dit (Jebamoth, déjà cité): « Quand l'homme même aurait plusieurs en-
LE TALMDD ET l'ÉVANSILE
fants, il ne lui est pas permis de rester sans femme. » Inutile d'ajouter que toute tentative faite pour éviter l'enfant est un crime; c'est comme un assassinat. Rabbi Hanilai dit: » Tout liomme sans femme demeure sans joie, sans bénédiction, sans bien, sans science, tans abri et sans paix. » Rabbi Éliéser ajoute: « Un homme sans femme n'est pas un homme. » On lit (Traité Kiduschin, livre !'='■) : « L'homme doit d'abord apprendre la loi et prendre femme après, mais si cela hiiestimposible, qu'il prenne femme d'abord et qu'il étudie après. » Mais Rabbi Jochanan ajoute: « Est-ce possible? Quand on aune meule au cou peut-on s"adonner à l'étude? »
Ce Rabbi Jochanan est plutôt de l'avis de saint Paul disant : « Se marier c'est bien, ttaîs ne pas se marier est mieux encore. »
Saint Paul dit même, Epître aux Corinthiens, chap. VII, V. 38) : « Et ainsi celui qui marie sa fille fait bien, mais celui qui ne ïa marie pas fait encore mieux. »
Puis il dit à propos d'une veuve (verset 39):
« Mais elle sera plus heureuse si elle demeure veuve. C'est ce que je lui conseille st c'est l'esprit de Dieu qui me conduit. »
Le mariage, d'ailleurs rudement attaqué par les Esséniens, défendu seulement par
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les Pharisiens, n'estpas l'idéal de l'Évangile Jésus dit (saint Luc, cliap. xx v 34) • << Les enfants de ce siècle épousent des temmes et des femmes des maris. Mais ceux qui sont dignes du siècle d venir et de la résurrection des morts ne se marieront ï>as. » Neque nuhent, nequeducent uxores Le Talmud dit (traité Jebamoth et Sanhédrin) : Quiconque aime sa femme comme son propre corps, qui l'honore plus que soimême, qui conduit ses lils et ses filles dans le droit chemin, sur lui l'Écriture a dit • «Tu sauras que ta tente est en paix. » Saint I^aul, se servant du même mot, dit, aux hphésiens (chap. v, v. 28) : « C'est ainsi que les maris doivent aimer leur femmes comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme aime soi-même. Jamais personne n a liai sa propre chair. Au contraire, il la nourrit et en a soin comme Jésus-Christ a soin de son Eglise. »
Mais il ajoute : « Et vous maris, aimez
vos femmes comme Jésus-Christ a aimé son
Eglise, jusqu'à se livrer pour elle, afin de la
sanctifier en la purifiant dans le baptême
. de 1 eau par le parole de vie. »
Même Traité (Sanhédrin, livre JIM, le Talmud dit : « Jamais mari ne meurt qu'à
finffii
LU ÏAUIUD liT L'ÉVAXOILIS 33
«a femme, et jamais femme ne meurt au'à son mari. » En d'autres termes, nul enfant ne remplace à l'époux la perle de l'épouse, u à 1 épouse la mort de l'époux. Cela ne empêche pas d'admettre avee Salomon que Ja lemme est méchante.
Salomon dit : «Maza isclmhmaza toh »
celui qui a trouvé une femme a trouvé 'le bien. Puis il dit : « Vemozé eni eth haïschah 'nar nnmaveth, » et je trouve la femme plus amère que la mort. «Le premier verbe est ,«a^a, l'autre .^ozé. Quand donc un rahhm se mariait, on lui demandait brièvement : Est-ce maza ou mozé? « Le Til miKl dit encore (Traité Sanhédrin, livTe VllI) : Quiconque donne sa fille à un vieux Ja livre à la prostitution. » Puis (Traité Kiduschm, livre IV") :« QuiconqueSS emme pour l'argent aura des enfants mal ^enus. Quiconque prend femme et ne de nieure pas avec elle ne doit pas enseigner des jeunes gens. » C'est un crime, d'après Je Talmud, que de regarder le talon d'une temme autre que la sienne, de lui toucher la main de causer avec elle. D'après Jésus, il la ts arracher 1 œil quia convoité une femme
même 1"' ' '?""'• ^' ^^'^^'""'' défend même de causer trop avec la sienne propre.
Il dit d'ailleurs (Traité Baba Mezia, livre IV) : « Quiconque se laisse dominer par sa femme criera, mais on ne lui répondra pas. »
S'il est prouvé que la femme mourrait d'amour, qu'elle meure plutôt que de se livrer à l'amant (Traité Sanhédrin, livre VHP).
Quant à l'homme, le Talmud ne se prononce pas. à ce sujet.
Il raconte seulement l'histoire d'un rabbin qui, après avoir résisté à une noble Romaine, la convertit et devint son mari.
Dans une autre histoire, la fille de l'empereur demanda à Rabbi Jehoschuah pourquoi les hommes d'esprit sont en général si laids. Il lui répondit de demander à son père pourquoi il mettait son vin le plus précieux dans un tonneau de bois, au lieu de le recueillir dans un vase de marbre et de porphyre. Le vin, le lait et l'eau sont meilleurs dans des vases de peu de valeur extérieure.
Ainsi la pai'ole de Dieu. Elle ne coule ni de l'orgueil, ni de la beauté, ni de la grandeur.
Il est pourtant permis à la femme de se livrer pour la gloire de Dieu. Ainsi le Talmud (Traité Nasir), prétend que le général Sisrah, tué par la Joël, l'a reconnue sept fois.
Dans chaque verl)e du chant de Dcborah (il y en a sept, décrivant la chute de cet ennemi), le Talmud met un acte d'amour. Il ne recule d'ailleurs jamais devant un cynisme. Comme tous les hommes d'une époque primitive et de mœurs pures, il nomme chaque chose par son nom. Une de ses grandes préoccupations pour le ménage, c'est d'avoir des fils. Il prétend que l'homme contient en soi le germe de la fille et la femme celui du fils. Il indique donc le moyen, à plusieurs reprises, pour avoir des fils. H dit : Semen mulieris prùnum, mascula, hominis, fœmina. Il croit donc pouvoir donner des conseils certains pour obtenir des garçons. Rahbi Katina dit (Traité Nidha, livre Iir) : « Moi, si je veux, tous mes enfants seront garçons. » C'est en elTet l'enfant, et l'enfant mâle qui préoccupe le Talmud et saint Paul dans le mariage.
« Depuis la destruction du temple, dit-il (Traité Sanhédrin, livre VHP), le parfum de la volupté nous a été ôté et fut donné à ceux qui aiment dans le péché. »
En d'autres termes, le plaisir de l'amour même est un péché. L'homme et la femme n'existent plus que pour l'enfant, et leur pre-
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