‹ Moïse; tragédie. Avec noticeChapitre 29 sur 46 · D'ISRAËL · texte numérisé non relu

D'ISRAËL

MOÏSE

Terre, frémis d'horreur! Pleurez, portes du ciell

Sur la fleur de Juda l'enfer vomit son fiel.

La maison de Jacob, par Nadab corrompue,

Aux princes des démons ici se prostitue ;

Et déjà, consultant les devins et les sorts,

Rugit devant ses dieux comme au festin des morts.

AARON

Moïse, ma douleur à la vôtre est égale.

Sitôt que Josué, dans cette nuit fatale,

Est venu m 'annoncer votre étonnant retour,

J'ai rassemblé ces chefs, et par un long détour.

Choisissant avec eux les routes les plus sombres,

Je vous ai rencontré seul, errant dans les ombres.

Daignez me pardonner si, malgré mes efforts.

J'ose vous ramener à ces tranquilles bords,

Le conseil des vieillards comme moi vous conjure

D'éviter d'Amalec la faction impure.

Vos jours sont menacés ; à des hommes Jjngrats

La nuit qui règne encore a dérobé vos pas :

Que de périls divers pour mon fils et mon frère !

MOÏSE

Ne pleurez pas sur moi ; pleurez d'un cœur sincère Sur ce peuple infecté du poison de l'erreur, Et que Dieu va punir dans toute sa fureur. Profitez, ô vieillards, du moment qui vous reste. Et détournez Nadab de son projet funeste.

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