MARIE, CALEB, CHŒUR DES LÉVITES, CHŒUR DES JEUNES FILLES ISRAÉLITES
(Le jour commence à paraître .■ les lévites, ceints de leurs épées, tiennent dans la main droite un bâton blanc, et dans la gauche, une trompette. Quatre lévites portent le tabernacle qu'ils ont enlevé du camp. Les jeunes filles Israélites portent des harpes et des tambours.)
CALEB. '^i
Moïse nous ordonne, au matin renaissant
D'aller le retrouver près du puits d'Élissant,
Tandis qu'à nos autels les vierges retirées.
Rediront au Seigneur les plaintes consacrées.
Partons. Que de l'enfer soit confondu l'orgueil !
MARIE
Mais de Joseph ici laissons-nous le cercueil !
Verra-t-il des faux dieux les infâmes emblèmes?
Non : les morts ont horreur de ces dieux morts eux-mêmes.
Dérobons ce cercueil, et courons le cacher
Auprès du tabernacle, à l'abri d'un rocher :
C'est .Jacob tout entier qui fuit l'idolâtrie
Les enfants, les tombeaux, font toute la patrie.
(Caleb à la tête des lévites, Marie à la tête des jeunes filles Israélites gravissent le Sina. Six lévites enlèvent le cercueil de Joseph ; quatre autres lévites por-
tent le tabernacle. L'aurore paraît, les lévites sonnent de temps en temps de la trompette, les deux chœurs se groupent diversement sur les rochers, ou déclament, en marchant, ce qui suit) :
CHŒUR DES LÉVITES
Emportons les os de nos pères ; De nos trésors c'est le plus beau.
Joseph vivant fut trahi par ses frères Ne trahissons point son tombeau.