‹ Moïse; tragédie. Avec noticeChapitre 7 sur 46 · NADAB, AARON, MARIE, CALEB · texte numérisé non relu

NADAB, AARON, MARIE, CALEB

NADAB, à Aaron.

Dathan, qui m'a rejoint au mont de la Gazelle M'a dit que dans ce lieu votre voix me rappelle, Aaron.

AARON

Oui, je voulais vous parler sans témoins Mais ce moment, Nadab, réclame d'autres soins.

NADAB

Ma volonté toujours à la vôtre est soumise ; Commandez,

AARON

L'Éternel nous a ravi Moïse.

NADAB, à part.

Moïse? Est-ce, ô Seigneur, ou grâce ou châtiment?

AARON

Que de maux produira ce triste événement!

NADAB

Il change nos devoirs avec nos destinées

Aux sables d'Ismaël désormais confinées,

Nos tribus, qui n'ont plus les doux regards du ciel,

Ne verront point la terre et de lait et de miel.

De cent peuples voisins calmant la défiance,

Élevons avec eux la pierre d'alliance.

Et fixons de Jacob l'avenir incertain.

Sans regretter le Nil, sans chercher le Jourdain.

CALEB

Eh quoi ! le fils d'Aaron tient un pareil langage ! A rester dans ces lieux c'est lui qui nous engage !

Ami, si nous perdons notre libérateur.

Toi, sorti de son sang, sois notre conducteur : Atteins, perce et détruis cette race proscrite. Dont au livre éternel la ruine est écrite.

NADAB

Je laisse à ta valeur ces sanglants embarras.

CALEB

Ah ! Je sais quelle main a désarmé ton bras. , Le conseil de nos chefs, par qui tout se décide, Dira s'il faut sauver une race homicide. Qui jusque dans ce camp, avec un art fatal, Introduit et répand le culte de Baal.

NADAB

Charitable Caleb, sont-ce là les cantiques Que du temple promis rediront les portiques? Sur un autel de paix, au Dieu que tu défends, Tu veux donc immoler des femmes, des enfants?

CALEB

Quand on est criminel, on subit sa sentence.

NADAB

Quand on est sans pitié, croit-on à l'innocence?

CALEB

A de trop doux penchants crains de t'abandonner.

Toi. sache quelquefois pleurer et pardonner.

CALEB

La rigueur est utilç.

NADAB

Et la clémence auguste.

CALEB

Le faible est méprisable.

NADAB

Et le fort est injsute.

CALEB

Retourne à tes devoirs, au Jourdain viens mourir.

NADAB

Un peu de sable ici suffit pour me couvrir.

AARON

Jeunes hommes, cessez : n'augmentez pas nos larmes ; Confondez vos regrets et mariez vos armes. Vous. Caleb, de ma sœur adoucissez l'ennui : La. publique douleur mr réclame auiourd'bui. Oue D'eu de ses desseins dissire les ténèbres ! Vous, Nadab. ordonnez aux trompettes funèbre*? De convoquer trois fois, dans une morne a^oareil, Les princes des tribus aux tentes du conseil,

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